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African Business

Les défis des femmes entrepreneures

L’indicateur MIWE de la Fondation Mastercard indique que les femmes entrepreneures, partout dans le monde, montrent une forte capacité d’adaptation. Elles sont souvent surreprésentées dans les pays qui offrent peu de soutien à l’entrepreneuriat.

Par Kimberly Adams   

Chaque année, la fondation Mastercard publie son indicateur annuel relatif à l’entrepreneuriat des femmes (MIWE). Le tableau 2020 témoigne d’une place honorable des pays africains, mais laisse l’espace francophone à la traîne. Onze pays africains figurent parmi les 58 pays étudiés par le baromètre, qui représentent 80% de la population active féminine.

Le MIWE est un indice composite qui analyse les capacités à faire des affaires pour les femmes. Chaque pays est étudié en fonction des progrès réalisés dans ce domaine ; cette année, les auteurs ont été particulièrement attentifs aux décisions prises face à la crise de la Covid-19.

Les pays en pointe sont ceux qui offrent un cadre institutionnel favorable aux femmes dirigeantes d’entreprises, qui favorisent au sein de leur système éducatif, l’esprit d’entreprise, et qui offre une bonne visibilité aux femmes entrepreneures.

« Lépidémie du nouveau coronavirus a mis en lumière le rôle vital que jouent les femmes dans le contexte mondial et la capacité des femmes à diriger dans des circonstances extraordinaires. »

La crise sanitaire a conduit les créatrices de projet à rechercher de nouvelles méthodes de travail, notamment à exploiter de nouvelles opportunités commerciales et à réaligner les modèles existants. Selon le rapport, 42% des entreprises gérées par des femmes ont migré vers un modèle commercial en ligne et 37% ont développé un domaine d’activité qui répond aux nouveaux besoins locaux ou mondiaux. Un tiers d’entre elles ont identifié de nouvelles opportunités commerciales en raison de la crise sanitaire.

Sur le continent, c’est l’Afrique du Sud (23e mondial) qui prend la tête régionale. Suivie par le Bostwana (31e), le Ghana (37e), l’Ouganda – salué pour ses progrès –, le Nigeria et l’Angola. La Tunisie, l’Égypte et l’Algérie ferment la marche sur le continent et affichent des performances modestes à l’échelle mondiale, avec des scores inférieurs à la moyenne.

Le rapport reconnaît lui-même un biais de perception : certains pays moins avancés au plan économique (Ouganda, Angola, Ghana et Botswana, par ex.) peuvent comporter une proportion plus importante de femmes dirigeantes d’entreprise, de 30% à 40%. 

Les disparités persistent

Dans ces pays, les femmes continuent de défier les barrières socioculturelles et les obstacles structurels tels que le manque d’opportunités en matière d’éducation, de richesse personnelle et l’accès au capital.

En 2020, les femmes ont été plus vulnérables aux perturbations générales causées par la Covid-19. Il est vrai qu’elles sont davantage représentées dans les secteurs les plus touchés (tourisme, transports, commerce, restauration, etc.). Ce, tandis que demeurent les disparités de genre au sein des entreprises (compétences numériques inférieures, marginalisation financière, faible accès à l’éducation, etc.).

Sur le plan mondial, c’est Israël qui se distingue, à la faveur du soutien de l’État aux PME. Sans surprise, les États-Unis, où la culture d’entreprise est reine et où le leadership des femmes est apprécié, occupent la deuxième place. La Suisse, troisième est distinguée pour ses progrès dans le soutien aux PME.

Dans la région Moyen-Orient et Afrique, la capacité des femmes à prospérer dans le monde des affaires varie considérablement. L’Ouganda compte 39,1 % de femmes propriétaires d’entreprise ; le Botswana (38,5%) et l’Angola (30,6%) se distinguent malgré un faible soutien aux PME.

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