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Les dangers du net

Les dangers du net
  • Publiéfévrier 2, 2024

Si les nouvelles technologies permettent de grandes avancées, elles ne sont pas sans danger. Les arnaqueurs utilisent les outils de pointe, tandis que les alertes aux virus se multiplient.

 

Les éditeurs de solutions de sécurité nous alertent : ne faites confiance à personne ! La plateforme KnowBe4 précise les nouveaux stratagèmes des fraudeurs, tandis que Kaspersky prévient de la recrudescence des attaques virales en Afrique.  

En effet, les nouveaux outils comme l’Intelligence artificielle sont parfois au service du mal. Ainsi, l’escroquerie au virement, baptisée parfois l’arnaque à la secrétaire, utilise désormais le « deepfake », c’est-à-dire la contrefaçon de la voix ou de l’image.

Plus de 4 millions de tentatives d’attaques ciblant les joueurs, particulièrement sur des plateformes populaires comme Minecraft et Roblox, ont été recensées en 2023.

Imaginez recevoir une note vocale de votre PDG vous ordonnant de transférer de l’argent vers un compte bancaire. Vous suivez les instructions sans vous rendre compte que la note vocale est un deepfake. Et voilà, vous êtes tombé dans une arnaque.

« La technologie de l’intelligence artificielle facilite la tâche aux fraudeurs pour créer ces faux messages convaincants à partir de personnes que vous connaissez et en qui vous avez confiance », explique Anna Collard, « évangéliste » chez KnowBe4 Africa. « Cela permet aux escrocs de produire des vidéos et des enregistrements audio si convaincants que beaucoup les croient réels. »

Les fraudeurs utilisent également des notes vocales ou des vidéos générées par l’IA pour se faire passer pour un membre de la famille, comme un petit-enfant, prétendant être en détresse et avoir besoin d’argent. On appelle cela une arnaque aux grands-parents. Sans oublier, alors que de nombreux citoyens africains vont voter en 2024, que l’IA est utilisée en matière de désinformation, en faisant dire à un politicien ce qu’il n’a pas dit.

D’autres fraudes se répandent sur le continent, comme celles consistant à présenter un placement financier aux rendements juteux. Rares sont ces produits à être validés par les autorités boursières. Le pendant existe aussi, désormais : certaines officines proposent des prêts à des taux très faibles, mais exigent par la suite des remboursements de frais exorbitants, ou des données personnelles des souscripteurs. Bref, méfions-nous des propositions « trop belles pour être vraies » et à ne pas agir sous le coup de l’enthousiasme ou de l’émotion.

 

Le même objectif : le compte en banque !

Il en est de même pour les « arnaques sentimentales » ; en dépit des mises en garde, les « brouteurs » ont encore pignon sur web. Ce, d’autant plus que les victimes répugnent à déposer plainte.

Kaspersky et KnowBe4 Africa préviennent d’une sophistication des vols et usurpation d’identité, souvent permis par un « hameçonnage » des courriels ou des appels téléphoniques. Qui conduisent généralement à une visite des comptes bancaires.

Le tremblement de terre vécu par le Maroc, comme la plupart des catastrophes naturelles, a été l’occasion pour les fraudeurs aux dons caritatifs de s’exprimer. Là aussi, la méfiance s’impose : jamais des ONG réputées ne vous proposeront un don par un virement électronique : elles sont toutes sur une plateforme sécurisée. Vérifiez sur leur site.

D’autres arnaques anciennes ont la vie dure, comme celles consistant à bloquer votre ordinateur et vous proposer ensuite de le réparer. Certains escrocs, se faisant passer pour des techniciens du support informatique, réussissent même à convaincre d’un problème alors qu’il n’y en a pas ! Ne pas confier des codes d’accès à des inconnus reste la meilleure parade.

Enfin, KnowBe4 Africa signale l’apparition d’une « arnaque au chiot ». Des organisations criminelles internationales, opérant en Afrique du Sud, proposent des chiots à prix réduit. Anna Collard rappelle que les éleveurs honnêtes établissent des listes d’attente, et n’ont pas des dizaines de variétés de chiot à vendre. Se méfier donc, d’une transaction trop rapide et d’un choix trop beau.

À la mi-janvier, la conférence Knext Dakar 2024, organisée par Kaspersky, a réuni des acteurs majeurs de la cybersécurité. L’occasion de dévoiler quelques chiffres édifiants.

Lors des échanges, Bertrand Trastour, directeur général de Kaspersky en Afrique de l’Ouest, a ainsi notifié que 411 000 fichiers ont été diffusés chaque jour par les cybercriminels en 2023, soit 3% de plus qu’en 2022. Kaspersky a détecté près de 125 millions de fichiers malveillants en 2023.

De son côté, Redda Ben Geloune, prenant exemple sur les récentes cyberattaques ayant touché les sites web des gouvernements sénégalais et camerounais, ainsi que la BCEAO, a mis en garde contre le fait que les cybercriminels semblent désormais « choisir délibérément les entreprises ou les institutions ». Il a également souligné que les nouveaux défis ne se manifestent plus nécessairement par des affrontements armés, mais plutôt par des batailles de cybersécurité.

Selon l’éditeur russe de logiciels, les « chevaux de Troie » demeurent le type de logiciel malveillant le plus répandu, suivis par les portes dérobées (accès à des endroits confidentiels de l’ordinateur), avec 40 000 fichiers détectés quotidiennement en 2023. Plus de 4 millions de tentatives d’attaques ciblant les joueurs, particulièrement sur des plateformes populaires comme Minecraft et Roblox, ont été recensées en 2023.

@AB

 

 

Écrit par
Aude Darc

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