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African Business Industrie

Les chantiers économiques à suivre en 2023

Les chantiers économiques à suivre en 2023
  • Publiéjanvier 11, 2023

L’Afrique se modernise et l’année qui débute marque la concrétisation de nombreux chantiers qui changeront la vie des Africains. Pour autant, les dirigeants réunis à Davos ne manqueront pas de relever l’importante, si ce n’est inquiétante, poussée de l’endettement public.

  

Dette et viabilité de la dette

La dette a été sous les feux de la rampe au cours des 18 derniers mois. Tandis que les taux d’endettement dépassent parfois 60% du PIB, le récent défaut de paiement du Ghana a fait trembler les marchés. Ce 10 janvier 2023, on apprend d’ailleurs que le pays demande la restructuration de sa dette, en appelant au Cadre défini par le G20. 

Ailleurs, les niveaux sont « soutenables », cependant, le service de la dette est un problème majeur, notamment en raison de la faiblesse du recouvrement des impôts. En conséquence, le service de la dette accapare une grande partie des dépenses publiques, parfois plus que les dépenses d’éducation ou de santé, et réduit ce que le gouvernement peut consacrer aux investissements en capital.

Le Nigeria est un cas d’école intéressant. La charge budgétaire que représentent les paiements d’intérêts totaux, intérieurs et extérieurs confondus, est particulièrement élevée. Dans le même temps, le pays a enregistré la troisième plus forte dépense en capital par rapport au total des recettes et des subventions en 2020. Cette combinaison inhabituelle pourrait suggérer que le Nigeria a des paramètres d’endettement insoutenables. Les dix pays couverts par notre étude ont tous affiché des déficits budgétaires en 2020, bien que cette année-là ait été marquée par le choc de la pandémie : les recettes ont naturellement chuté et les gouvernements du monde entier ont été mis sous pression pour atténuer son impact.

Le gouvernement nigérian a dépensé au total (dépenses courantes et en capital, et paiements d’intérêts) plus de trois fois ses entrées de recettes en 2020, ce qui montre qu’il privilégie une position budgétaire expansionniste (et que sa collecte de recettes est très insuffisante). Le pays peut emprunter à l’échelle nationale à des taux d’intérêt raisonnables, car il peut exploiter la demande d’une vaste base d’investisseurs institutionnels nationaux, notamment les fonds de pension et les mutuelles. C’est un avantage que partagent à des degrés divers l’Afrique du Sud, la Côte d’Ivoire, l’Égypte et le Kenya. L’année dernière, pas moins de 90 % de la dette publique sud-africaine était d’origine nationale.

 

Commerce, tourisme et fret

Le nombre de touristes et de passagers semble se redresser depuis 2020-2021, mais reste bien inférieur aux niveaux d’avant la pandémie. Le nombre de fret a également rebondi la pandémie, même si, étonnamment, celui du Nigeria a baissé.

À la suite du sommet États-Unis-Afrique, au cours duquel le gouvernement américain a annoncé des accords d’une valeur de 55 milliards de dollars, on constate que les échanges commerciaux entre le continent et les États-Unis restent inférieurs aux niveaux de 2011, à une époque où les États-Unis étaient beaucoup plus dépendants de l’Afrique (et surtout du Nigeria) pour leur approvisionnement en pétrole. L’avènement du fracking (fracturation hydraulique) en Amérique a fait de ce pays un des trois premiers producteurs de pétrole et de gaz. Les États-Unis ont récemment dépassé le Qatar en tant que premier exportateur de GNL, après avoir modifié leurs lois pour leur permettre d’exporter ces combustibles fossiles.

 

Quelques chantiers en cours

Autoroute du corridor Abidjan-Lagos

Cette autoroute de 15,6 milliards $, qui devrait être achevée fin 2024, est longue de 1052 km et va d’Abidjan à Lagos en passant par Accra, Lomé et Cotonou, desservant 70 millions d’habitants et reliant d’importants ports commerciaux qui bénéficieront aux pays enclavés que sont le Burkina Faso, le Mali et le Niger. (Photo sous le titre : © republicoftogo.com)

 

Le barrage hydroélectrique de Sambangalou

Un réservoir de 108 m de haut d’une capacité de 4 milliards de m3 et une puissance installée de 128 MW : ce sont les chiffres phares du futur barrage édifié par le groupe Vinci, qui permettra la production d’énergie renouvelable et l’irrigation de 90 000 ha de terres agricoles en aval, près de Kédougou, dans le sud du Sénégal.

Fin septembre 2022, les travaux préparatoires étaient lancés, ouvrant la voie à quatre années de construction. Sur ce chantier, la préservation de la biodiversité, érigée en priorité absolue, inclut des mesures pour préserver l’habitat des chimpanzés ainsi que le parc national du NiokoloKoba, l’un des derniers sanctuaires d’animaux sauvages en Afrique de l’Ouest. Par ailleurs, des matériaux locaux bas carbone seront utilisés pour des bâtiments en dur de la base vie. Ce chantier mobilisera près de 1 200 personnes au pic de l’activité.

Les travaux du barrage de Sambangalou ont débuté en janvier 2023. Photo : Vinci
Les travaux du barrage de Sambangalou ont débuté en janvier 2023. Photo : Vinci

 

Projet GNL au Mozambique

Le projet Mozambique LNG, d’un montant de 24 milliards $, lancé en 2010 et dirigé par la compagnie française TotalEnergies, devrait produire 12,88 millions de tonnes de GNL par an. Il a toutefois été arrêté en mars dernier à la suite d’une attaque terroriste dans la province septentrionale de Cabo Delgado. Grâce à l’amélioration de la sécurité, le projet pourrait reprendre dans la première moitié de 2023, ce qui positionnera le Mozambique comme un exportateur majeur de gaz naturel vers l’Europe.

 

Le gazoduc Nigeria-Maroc

Le gazoduc Nigeria-Maroc, proposé pour la première fois en décembre 2016 avec un coût estimé à 25 milliards de dollars, sera une extension du gazoduc ouest-africain existant entre le Nigeria et le Ghana. Il reliera le Nigeria à Tanger, en longeant la côte ouest-africaine, avec une extension possible vers l’Europe via Cadix en Espagne. Une fois achevé, le gazoduc sera le plus long gazoduc offshore du monde.

 

Investissements dans les énergies renouvelables

 

Le plus grand parc éolien terrestre du monde en Égypte

En marge de la COP27, les Émirats arabes unis et l’Égypte ont signé un protocole d’accord pour développer l’un des plus grands parcs éoliens terrestres du monde en Égypte, une centrale de 10 GW d’une valeur d’environ 11 milliards $. La construction sera assurée par Masdar, la plus grande entreprise d’énergie renouvelable des EAU, et Infinity Power, une coentreprise entre Masdar et l’entreprise égyptienne Infinity.

 

Câble sous-marin entre le Royaume-Uni et le Maroc

En mars 2022, la société britannique Xlinks a annoncé qu’elle allait construire une centrale solaire et éolienne de 10,5 GW dans la région de Guelmim-Oued Noun au Maroc. L’électricité produite sera transitée vers le Royaume-Uni par un câble sous-marin de 3 800 km. Alors que le bouclage financier devrait avoir lieu cette année, Xlinks prévoit d’installer le câble en 2025.

 

Première livraison d’ammoniac vert en Namibie

Hyphen, un fournisseur d’énergie verte basé à Windhoek, a été désigné comme soumissionnaire privilégié par le gouvernement namibien pour développer le premier projet d’hydrogène vert en Namibie destiné à l’exportation. D’ici 2027, le projet vise à produire annuellement 1 million de tonnes d’ammoniac vert, un dérivé de l’hydrogène particulièrement adapté au transport par bateau. En décembre dernier, la multinationale allemande RWE a signé avec Hyphen un protocole d’accord qui pourrait permettre à RWE d’absorber jusqu’à 300 000 tonnes de cet ammoniac vert par an.

 

@AB

Écrit par
laurent

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