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Les chantiers du Congo

Les chantiers du Congo
  • Publiémai 21, 2024

Une visite de la vice-présidente de la BAD a permis de faire le point sur divers chantiers d’infrastructure menés à terme ou en projets au Congo.

 

Le ministre congolais de l’Aménagement du territoire, des Infrastructures et de l’Entretien routier, Jean-Jacques Bouya, s’est réjoui de la « très bonne coopération avec la Banque africaine de développement dans le domaine des infrastructures », et a déclaré en attendre encore plus au regard de son avantage comparatif dans le financement des infrastructures sur le continent. Le ministre s’exprimait à l’occasion d’une visite de la vice-présidente de la BAD, Marie-Laure Akin-Olugbade, au début du mois, selon un compte rendu de la BAD.

Le Congo accueillera, en 2026, les Assemblées annuelles du Groupe de la Banque africaine de développement.

Au-delà du plaidoyer pro domo, ce document enseigne que la BAD a financé notamment la route Ketta-Djoum sur le corridor Yaoundé-Brazzaville portant sur l’aménagement d’une route bitumée d’environ 505 kilomètres entre Ketta, au Congo, et Djoum, au Cameroun (189 km au Cameroun, 316 km au Congo) et la première section de la route Ndende-Dolisie pour relier le Congo au Gabon.

La BAD a également financé la construction de réseaux à fibre optique qui relient le Congo au Cameroun et à la République centrafricaine. Elle finance aussi les études pour la réalisation des voies d’accès du pont route-rail qui doit relier les deux Congo. « Avec Africa50, la Banque assure le leadership dans la mobilisation des ressources. »

Le ministre Bouya a présenté à la vice-présidente des études de projets routiers et a sollicité son appui pour la réalisation d’études de barrages hydroélectriques sur le fleuve Congo. La BAD s’est engagée à étudier cette requête afin d’aider le pays à faire face au déficit énergétique qui pèse sur son développement économique et social. Le ministre a également indiqué que le Congo présentera deux ou trois projets « bancables » au Forum pour l’investissement en Afrique prévu à Rabat en décembre.

La ministre du Plan, de la statistique et de l’intégration régionale, Olga Ghislaine Ebouka-Babackas, également gouverneure de la Banque pour le Congo, a insisté sur la nécessité d’un renforcement de capacités afin que le Congo tire davantage parti de l’aide au développement. « Nous voulons absolument tout faire pour que les cellules de gestion et les ministères sectoriels s’approprient les différentes procédures des partenaires financiers et pour cela, l’appui de la BADest nécessaire. »

 

Le difficile financement des projets climatiques

Le ministre de l’Agriculture, de l’élevage et de la pêche, Paul Valentin Ngobo et la vice-présidente, ont partagé l’idée d’une évaluation à mi-parcours du Projet de développement intégré des chaînes de valeur agricoles du Congo, afin de permettre à ce projet de répondre à ses objectifs de développement de la filière maïs – manioc et de renforcer les capacités des producteurs semenciers afin de développer une véritable chaîne de valeur agricole au Congo. Le ministre a également exposé à la vice-présidente l’Agenda pour la transformation agricole du Congo (ATAC), un programme gouvernemental visant à développer le secteur agricole du Congo.

Au cours d’une réunion de travail, la ministre de l’Environnement, du développement durable et du Bassin du Congo, Arlette Soudan-Nonault, a insisté sur les difficultés à mobiliser les financements climatiques, plaidant pour que le Congo ait accès à tous les outils de financement de la Banque. « Certains instruments de financement sont régionaux et d’autres sont arrivés à expiration », a précisé la vice-présidente Akin-Olugbade. Laquelle a indiqué que la BAD soutenait techniquement le Projet readiness du Fonds bleu du bassin du Congo et mène des réflexions sur la création d’une bourse de carbone ainsi que l’évaluation des ressources naturelles pour leur prise en compte dans le calcul du PIB des pays africains.

Le ministre de l’Économie et des finances Jean-Baptiste Ondaye, s’est félicité de l’appui de la BAD au Congo dans le cadre de son programme de réformes avec le Fonds monétaire international. En fin 2023, la Banque a fourni au Congo un appui budgétaire de 92 millions de dollars, qui a permis au pays de faire face à certains défis pressants. Jean-Baptiste Ondaye a indiqué que le Congo respecterait ses engagements vis-à-vis de ses partenaires.

 

Un bureau de la BAD au Congo

La vice-présidente a profité de ses échanges pour présenter à ses interlocuteurs, la nouvelle stratégie décennale de la Banque (2024-2033) qui met l’accent sur l’accélération de la mise en œuvre des « High 5 » dans le cadre des Objectifs de développement durable et de l’Agenda 2063 de l’Union africaine et dans un contexte de réforme de l’architecture financière internationale. La stratégie met aussi l’accent sur l’égalité de genre, l’appui aux jeunes, les changements climatiques notamment la mobilisation des financements climatiques.

De gauche à droite : Serge N’Guessan, directeur général de la BAD pour l’Afrique centrale ; Olga Ghislaine Ebouka-Babackas, ministre congolaise du Plan ; Jean-Jacques Bouya, ministre d’État ; Marie-Laure Akin-Olugbade, vice-présidente de la BAD chargée du Développement régional, de l’intégration et de la prestation de services.
De gauche à droite : Serge N’Guessan, directeur général de la BAD pour l’Afrique centrale ; Olga Ghislaine Ebouka-Babackas, ministre congolaise du Plan ; Jean-Jacques Bouya, ministre d’État ; Marie-Laure Akin-Olugbade, vice-présidente de la BAD chargée du Développement régional, de l’intégration et de la prestation de services.

 

Elle a aussi informé ses interlocuteurs des discussions en cours pour l’ouverture d’un bureau pays de la BAD au Congo et s’est assurée du plein engagement du gouvernement pour accueillir en 2026, dans des conditions optimales, les Assemblées annuelles du Groupe de la BAD. Elle a également informé ses interlocuteurs de la prochaine réunion de reconstitution des ressources du Fonds africain de développement, l’un des principaux instruments de développement pour les 37 pays à faible revenu du continent. Le ministre de l’Économie a déjà indiqué que le Congo plaiderait pour une reconstitution conséquente des ressources du Fonds.

@AB

Écrit par
Paule Fax

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