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African Business

Les champions d’Afrique du Nord et de l’Ouest

En Afrique du Nord, les entreprises marocaines se distinguent, à la faveur de la bonne tenue de la Bourse de Casablanca. L’Afrique de l’Ouest compte sur ses grands champions, le groupe Dangote en tête.

Par Tom Minney

 

Afrique du Nord :

Le Maroc progresse alors que l’Égypte recule. La Bourse de Casablanca, au Maroc, est la deuxième composante du classement des 250 premières entreprises, avec 31 sociétés représentant une capitalisation boursière combinée de 64,8 milliards $, soit 9,3 % du total. L’Egyptian Exchange (EGX) a reculé, avec seulement 30 entreprises dans le classement et une capitalisation boursière totale de 28,6 milliards $, contre 44 en 2021 (capitalisation boursière de 37,8 milliards $). L’indice boursier EGX30 a progressé de 13,4 % sur la période, plus que l’indice MASI Free Float de Casablanca qui a augmenté de 11,5 %, mais la livre égyptienne s’est davantage repliée face au dollar américain que face au dirham.

Les entreprises de la BRVM qui ont rejoint le classement sont la Société de Limonaderies et Brasseries d’Afrique (SOLIBRA), qui fait partie du groupe français BGI (Brasseries et Glacières Internationales) détenu par Castel.

Le FMI souligne les perspectives de croissance de l’Égypte et les dernières années ont vu une vague d’investissements étrangers. Toutefois, en tant que premier importateur mondial de blé, le pays a été durement touché par la hausse des prix des matières premières consécutive à l’invasion de l’Ukraine par la Russie. L’inflation, en glissement annuel, a atteint plus de 12 % en mars et les réserves de change du pays ont chuté de près de 10 %.

En avril, ADQ Holding, l’un des fonds souverains d’Abou Dhabi, a pris des participations dans cinq sociétés cotées à l’EGX et figurant dans notre classement : la Commercial International Bank (CIB), Fawry, Alexandria Container & Cargo Handling Company, Misr Fertilizers Production Co. (MOPCO) et Abou Qir Fertilizers & Chemicals, dans le cadre de transactions d’une valeur d’environ 1,8 milliard $. L’opération a été décrite par Bloomberg comme un effort visant à soutenir l’économie égyptienne.

La plus grande entreprise nord-africaine de la liste est Maroc Telecom, qui sort désormais du top 10 après que sa valeur a reculé de 13,5 milliards $ à 11,8 milliards $ et que son classement a reculé de la 8e à la 13e place. Attijariwafa Bank a également reculé, passant de la 15e place en 2021 à la 19e, alors même que sa capitalisation boursière est passée de 9,9 milliards $ à 10,3 milliards $, ce qui témoigne du climat de croissance concurrentiel qui règne au sein des plus grandes entreprises africaines.

De nombreuses autres entreprises marocaines sont restées stables dans le classement. Une nouvelle venue dans la liste est la société de construction Travaux Généraux de Construction de Casablanca au 172e rang, avec une capitalisation boursière de 522 millions $. La société a été fondée en 1991 et construit des propriétés résidentielles, hôtelières, commerciales et industrielles. Elle a levé 600 millions de dirhams (61 millions $) supplémentaires en émettant et en vendant 4,4 millions d’actions en décembre 2021.

La plus grande société cotée en Égypte, CIB, avec une capitalisation boursière de 5 milliards $ (contre 5,4 milliards $ auparavant), est passée de la 30e à la 37e place. La plus haute entrée sur la liste, à la 91e place, avec une capitalisation boursière de 1,6 milliard $, est la société égyptienne e-finance for Digital and Financial Investments, cotée en octobre 2021. Levant 372 millions $ et 61 fois sursouscrite, elle a été la plus grande introduction en bourse sur l’EGX depuis 2015 et ouvre la voie à d’autres privatisations.

L’entreprise de biens de consommation Société de Fabrication des Boissons de Tunisie (SFBT) est la plus grande entreprise cotée à la Bourse de Tunis, bien qu’elle ait reculé dans la liste de la 67e à la 95e place. La capitalisation boursière est tombée à 1,4 milliard $, contre 1,8 milliard $ un an plus tôt, reflétant à la fois une baisse du dinar tunisien par rapport au dollar américain et un marché dont le principal indice, TUNINDEX, est resté pratiquement inchangé sur l’année.

 

L’Afrique de l’Ouest augmente la part des grandes entreprises

Le FMI a revu à la hausse ses dernières prévisions de perspectives économiques pour le Nigeria, avec une croissance désormais prévue à 3,4 % pour 2022 et 3,1 % pour 2023. Certains membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) sont des stars de la croissance africaine, notamment la Côte d’Ivoire (dont la croissance devrait atteindre 6,5 % en 2022, 6 % en 2023 et plus de 6 % par an jusqu’en 2027) et le Sénégal (dont la croissance devrait atteindre 5 % cette année, 9,2 % en 2023 et 10 % en 2024). Ces perspectives se traduisent par une hausse des cours des actions du Nigerian Stock Exchange (NGX) – l’indice principal a progressé de près de 20 % – et de la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM), dont l’indice principal a augmenté de près de 55 %. La BRVM a son siège à Abidjan mais couvre les huit membres de l’UEMOA.

La part des entreprises ouest-africaines dans notre liste a augmenté – il y a maintenant 31 entreprises dans le Top 250, soit trois de plus qu’en 2021, avec 8,6% de la capitalisation boursière totale (contre 7,7% l’année dernière). La NGX compte 20 entreprises cotées dans le classement de tête, contre 19 en 2021, bien qu’elle ne soit toujours que la troisième bourse en termes de capitalisation boursière (50,6 milliards $) de la liste.

Dangote Cement, qui figure en tête de liste, est n° 15, contre n° 20 l’année dernière, après que la capitalisation boursière soit passée de 8,9 milliards $ en 2021 à 11,2 milliards $. Vient ensuite MTN Nigeria, qui passe de la 23e à la 18e place cette année, avec une capitalisation boursière en hausse de 31 %, à 10,5 milliards $. Son homologue Airtel Africa, a reculé à la 25e place.

La société nigériane BUA Foods est la plus importante nouvelle entrée, à la 50e place, avec une capitalisation boursière de 2,6 milliards $, après avoir consolidé ses cinq unités commerciales et introduit 18 milliards d’actions à la NGX en décembre 2021. Les actions ont commencé l’année à 40 nairas (0,10 $) chacune et ont atteint 66 nairas le 12 janvier – dépassant brièvement Nestlé Nigeria (n° 56 avec une capitalisation boursière de 2,7 milliards $) avant de retomber à 59,50 nairas chacune.

Les autres nouvelles entrées sur la liste, qui sont négociées sur le NGX, sont Guinness Nigeria (210e rang avec une capitalisation boursière de 375 millions $ après que le prix de son action a plus que doublé en douze mois). Okomu Oil Palm Co (un propriétaire de plantations d’huile de palme et de caoutchouc en Afrique et en Indonésie, qui a atteint le 219e rang avec une capitalisation boursière de 343 millions $) et Presco (#231 avec une valeur boursière de 320 millions $, un autre producteur d’huile de palme (y compris les produits raffinés).

Les entreprises de la BRVM qui ont rejoint le classement sont la Société de Limonaderies et Brasseries d’Afrique (SOLIBRA), qui fait partie du groupe français BGI (Brasseries et Glacières Internationales) détenu par Castel. Elle se classe au 189e rang et sa capitalisation boursière est de 458 millions $, le cours de l’action étant passé de 56 000 CFA (92 dollars) à 155 000 F.CFA. Les autres nouveaux entrants sont la Société Ivoirienne de Banque (213e, évaluée à 370 millions $) et CFAO Motors Côte d’Ivoire (217e, avec une capitalisation boursière de 354 millions $).

Pour le classement complet, cliquez ICI

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Méthodologie : Comment nous choisissons les entreprises à inclure dans le classement ?

L’étude African Business Top 250 Companies se concentre sur les plus grandes entreprises cotées sur une bourse africaine, le classement étant déterminé par la capitalisation boursière (valeur totale des actions cotées) au 31 mars 2022. La capitalisation boursière est convertie en dollars américains à la même date.

Certains des géants africains qui ne figurent pas dans le Top 250 sont des entreprises publiques, notamment la Commercial Bank of Ethiopia et la Sonangol en Angola. L’année dernière, l’Égypte et la Namibie ont ouvert la voie avec des privatisations qui ont permis de lever des fonds. La société namibienne Mobile Telecommunications Ltd (mieux connue localement sous le nom de MTC Namibia) a rejoint le classement à la 204e place, avec une capitalisation boursière de 411 millions $, après que le gouvernement a vendu 49 % de ses actions et introduit la société à la Bourse de Namibie en novembre 2021.

L’enquête sur les 250 premières entreprises exclut les sociétés qui ont un héritage et des racines africaines mais qui ne réalisent plus au moins 50 % de leurs revenus en Afrique. Le meilleur exemple est Prosus, la plus grande société européenne cotée dans le domaine de l’internet grand public, qui est devenue une entité indépendante de sa société mère, la société sud-africaine Naspers. Elle est entrée en Bourse sur Euronext Amsterdam et le JSE en septembre 2019. Le minier Anglo American, précédemment n°2, a été retiré cette année. South32 et Mediclinic International ont également été retirés de la cote.

Les entreprises dont plus de 50 % des revenus proviennent d’Afrique sont exclues si elles ne sont pas cotées sur une bourse africaine. La plus importante d’entre elles est Shenzhen Transsion Holding Co, cotée à Shanghai, qui fabrique des téléphones mobiles sous les marques TECNO, itel et Infinix, ainsi que des accessoires intelligents et des appareils ménagers, et fournit des services d’internet mobile. Elle opère au Nigeria, au Kenya, en Tanzanie, en Éthiopie et en Égypte, ainsi qu’à l’international. Sa capitalisation boursière totale s’élève à 12,1 milliards $ (contre 25,6 milliards $ un an plus tôt). Si Transsion était cotée en Afrique, elle figurerait au douzième rang du classement – et peut-être même plus haut, car le cours de son action n’aurait pas été aussi durement touché par le sentiment négatif des investisseurs mondiaux à l’égard des entreprises technologiques chinoises.

Les grandes sociétés minières sont également exclues, comme la canadienne Ivanhoe Mines (avec une capitalisation boursière de 11,3 milliards $) et Endeavour Mining (6,2 milliards $). Le projet phare d’Ivanhoe, Kamoa-Kakula, en République démocratique du Congo, pourrait devenir la plus grande mine de cuivre du monde, et la société a également des projets concernant le zinc et le platine. Endeavour est un mineur d’or au Sénégal, en Côte d’Ivoire et au Burkina Faso. En revanche, B2Gold est classée (n° 38) parce qu’elle est cotée à la Bourse de Namibie, conformément à la politique du gouvernement namibien visant à mettre les mineurs actifs localement à la disposition des investisseurs locaux.

Le classement exclut également les sociétés d’investissement immobilier (REIT) et autres sociétés d’investissement et de financement immobilier. Toutefois, si la société développe des propriétés, elle peut rester dans le classement, comme les Travaux Généraux de Construction de Casablanca.

@AB

 

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