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Les atouts du Bénin dans l’économie circulaire

Les atouts du Bénin dans l’économie circulaire
  • Publiémai 24, 2024

Les déchets, l’eau, les résidus agricoles, le textile, les plastiques… sont autant de secteurs où l’économie circulaire peut durablement réduire les coûts et créer des emplois.

 

À son tour, le Bénin met en œuvre son « Plan d’action pour l’économie circulaire », voulant ainsi tirer parti de ses atouts dans ce domaine. Cette initiative stratégique, conçue en partenariat avec l’Alliance africaine pour l’économie circulaire (ACEA), vise à permettre au pays d’honorer ses Contributions déterminées au niveau national (CDN), intégrant une approche plus durable et responsable de l’utilisation de ses ressources naturelles.

« L’économie circulaire, sur le continent africain, équivaut au choix prometteur d’un avenir où la croissance économique et l’équilibre de la nature sont alignées, œuvrant pour le bien-être de chaque habitant. La feuille de route pour l’économie circulaire est le premier pas vers cet objectif », commente Anthony Nyong, de Banque africaine de développement. La BAD soutient financièrement cette initiative du Bénin.

Selon une étude, le Bénin n’est pas encore bien placé pour s’attaquer aux applications plus complexes de la bioraffinerie, mais avant d’y parvenir, il pourrait se tourner vers certaines des solutions plus simples autour de la production d’énergie et d’engrais bio-organique.

Le plan d’action élaboré avec l’ensemble des parties prenantes, engage le gouvernement béninois, les entreprises et les acteurs de la société civile dans une démarche collaborative en faveur d’une économie prônant l’utilisation éthique et optimisée des ressources, tout en promouvant une croissance durable et inclusive.

Le projet de plan d’action gouvernemental, jugent ses promoteurs, permettra ainsi de créer un cadre favorable pour déployer pleinement les avantages de l’économie circulaire en élaborant une feuille de route dédiée. En se dotant d’un tel plan, le Bénin rejoint le Cameroun, le Tchad, l’Éthiopie et l’Ouganda dans cette dynamique.

Le pays renforce ainsi ses engagements en matière de CDN – la marche vers les Objectifs de développement durable –, qui portent notamment sur une réduction de 7,8 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2045 et à un développement accéléré des énergies renouvelables qui devraient représenter entre 20 % et 30 % du mix énergétique national.

« Le plan d’action pour l’économie circulaire apportera d’importants avantages au Bénin à travers, entre autres, la création d’opportunités d’emploi et la valorisation du potentiel des jeunes Béninois, tout en ouvrant des perspectives favorables dans des secteurs clés », insiste Pépin Aïna, du ministère béninois du Cadre de vie et du développement durable.

 

Des « résidus » prometteurs

La feuille de route du Bénin sera élaborée à partir de onze secteurs déjà identifiés. Ils portent notamment sur les déchets, l’eau, l’agroalimentaire, le bâtiment, le textile, le transport et la mobilité ainsi que les technologies de l’information et de la communication, l’électronique, les plastiques et les produits chimiques (liés aux plastiques). Le tourisme, les mines et les matières premières figurent également parmi les secteurs concernés

Une étude financée par l’Agence néerlandaise pour l’entreprise (RVO) s’est attachée à comprendre la disponibilité potentielle des résidus agricoles dans certaines régions du Bénin. Elle conclut que plus d’un million de tonnes par an de résidus disponibles identifiés pourraient débloquer de multiples investissements et opportunités de projets de différents types et potentiellement résoudre des problèmes clés. L’accès à l’électricité est un problème majeur dans le pays tandis que les engrais synthétiques importés représentent une dépense importante.  « Ces deux problèmes pourraient être résolus dans une large mesure en utilisant les résidus agricoles déjà disponibles au Bénin ».

Les céréales, les tubercules, les légumineuses, les légumes, l’anacarde, l’huile de palme et l’ananas peuvent offrir ces fameux « résidus ». Ces zones d’intervention peuvent être considérées comme le grenier du pays pour plusieurs cultures comme les céréales, les tubercules et les légumineuses. 

Les résidus présents au Bénin offrent des possibilités substantielles d’applications dans le cadre de l’économie circulaire. Il reste des possibilités viables, du point de vue des exploitants agricoles, pour aborder les pratiques circulaires et régénératives localisées (compostage, biogaz, lombriculture, agroprotéines, etc.), et le Bénin suit « quelques initiatives intéressantes » dans le secteur lié à l’agriculture.

« Le pays doit encore saisir tout le potentiel de l’économie circulaire. Les principes de l’économie circulaire sont également à l’origine de la nature collaborative de l’élaboration des projets, mais nombre de ces exemples montrent qu’il existe un lien disparate et déconnecté entre eux », soulignait cette étude, publiée durant l’été 2023.

Cette étude voyait applications technologiques à plus grande échelle, susceptibles d’avoir un impact, des résultats et des avantages économiques plus importants pour un plus grand nombre de bénéficiaires. Notamment la gazéification de la biomasse, la production de granulés, les engrais organiques microbiens, le craquage thermique, le biocarburant et le biochar, ainsi que les liens potentiels entre eux.

Lancement du plan d’actions national pour l’économie circulaire au Bénin.
Lancement du plan d’actions pour l’économie circulaire au Bénin, le 15 mai 2024.

Certes, explique l’étude, le Bénin n’est sans doute pas encore bien placé pour s’attaquer aux applications plus complexes de la bioraffinerie, mais avant d’y parvenir, « il devrait se tourner vers certaines des solutions plus simples autour de la production d’énergie et d’engrais bio-organiques ». Ces solutions ne nécessitent pas d’énormes dépenses d’investissement et indiquent des retours sur investissement rentables dans un délai de 1,8 à 4,5 ans.

@AB

Écrit par
Aude Darc

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