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African Business

Les ambitions intactes de Dangote Industries

Ciment, sucres, carburants, le groupe d’Aliko Dangote redresse la tête. Les résultats semestriels des principales filiales marquent une forte hausse de l’activité et de la rentabilité. Tandis que le projet de raffinerie géante de pétrole prend corps.

Par Aude Darc

L’année se présente plutôt favorablement pour les principales branches de l’empire Dangote Industries. Dans le ciment, les ventes ont atteint 15,3 milliards de tonnes, au cours du premier semestre 2021.

Les opérations au Nigeria ont totalisé un volume de 9,87 milliards de tonnes, tandis que les opérations panafricaines ont contribué au solde de 5,5 milliards. L’augmentation du volume des ventes a été soutenue par une augmentation des infrastructures de logement et de la construction commerciale.

La participation à un projet privé de la compagnie nationale du Nigeria, donc de l’État, se conçoit aisément : le pays, bien que premier exportateur de pétrole brut d’Afrique, doit importer la quasi-totalité de son carburant.

Au cours de la période, le géant du ciment a dégagé un bénéfice après de 191,6 milliards de nairas (393 millions d’euros ; +52%) après une charge fiscale de 89,6 milliards.

Les opérations hors du Nigeria sont demeurées déficitaires, mais la perte est passée de 52,3 milliards de nairas à 28 milliards (57,6 millions d’euros). Selon le groupe cimentier, le Cameroun, le Sénégal et l’Éthiopie ont tiré les marges, tandis que le Congo Brazzaville et la Tanzanie ont tiré les volumes de ventes.

Le directeur général de Dangote Cement, Michel Puchercos voit là « un ensemble solide de bons résultats ». Il constate des augmentations du chiffre d’affaires et de la rentabilité, par rapport à la même période l’année dernière. Il est vrai que le deuxième trimestre 2020 avait été particulièrement affecté par les répercussions de la Covid-19.

« La tendance à la croissance se poursuit et nous nous efforçons de répondre à la forte demande du marché dans tous nos pays d’implantation. » Ainsi, l’usine de production d’Okpella, dans l’État d’Edo, devrait entrer en service prochainement.

De plus, Dangote Cement prépare le long terme. Les relais de croissance de l’entreprise se portent sur l’exploitation de solutions de gestion des déchets, la réduction des émissions de CO2 et l’approvisionnement local en matériaux.

Ces relais sont « à un stade avancé », tandis que l’achat et l’installation des équipements nécessaires dans toutes les usines sont en cours, précise Michel Puchercos. Dangote Cement est présent au Cameroun (broyage de clinker), au Congo, au Ghana, en Éthiopie, au Sénégal, en Sierra Leone, en Afrique du Sud, en Tanzanie, en Zambie…

La raffinerie de pétrole trouve des financements

Dangote Industries, c’est aussi du sucre. Dans cette branche, le chiffre d’affaires semestriel a augmenté de 28% au premier semestre, à 132 milliards de nairas (271,4 millions d’euros). Le bénéfice brut a bondi de 37,3%, à 28,59 milliards de nairas (58,8 millions d’euros), à la faveur de meilleures performances en matière de rentabilité.

La période a été marquée par le lancement de nouveaux designs d’emballage pour les sacs de sucre fortifié et non fortifié de 50 kg, sous le thème « Le sucre Dangote a un nouveau look, pour la même qualité supérieure ».

Et Dangote Industries, c’est, ou plus précisément ce sera, du pétrole raffiné. Aliko Dangote a révélé que son projet de raffinerie, en voie d’achèvement, venait de recevoir le soutien financier de la Compagnie nationale des hydrocarbures. NNPC apporterait 2,76 milliards de dollars. Selon l’homme d’affaires, trois autres entreprises seraient intéressées par une prise de participation.

Selon le ministre nigérian du Pétrole, Timipre Sylva, NNPC deviendrait un important actionnaire minoritaire de la raffinerie, avec 20% du capital. La raffinerie pourrait atteindre une production de 650 000 barils par jour, devenant le premier site d’Afrique.

Au début de l’été, Aliko Dangote a précisé que la construction était achevée à 80%, ce qui rend possible sa mise en service dès janvier 2022. Le coût de sa construction, qui a été repoussée deux fois, atteindrait 15 milliards $, croit savoir l’agence Reuters.

La participation à un projet privé de la compagnie nationale, donc de l’État, se conçoit aisément : le Nigeria, bien que premier exportateur de pétrole brut d’Afrique, doit importer la quasi-totalité de son carburant.

Une raffinerie neuve participerait au rééquilibrage de la balance commerciale, soutenant la monnaie, le naira, souvent mise à rude épreuve. Le Nigeria dispose de trois autres raffineries, vétustes. Divers projets de modernisation sont en cours, financés par l’État fédéral et un prêt de l’Afreximbank.

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Photo : Aliko Dangote (au centre) lors d’une visite de chantier de la future raffinerie (Reuters).

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