x
Close
African Business

L’énergie propre est possible sur les routes africaines

L’énergie propre est possible sur les routes africaines
  • Publiéfévrier 2, 2024

Malgré les avantages évidents du passage aux motos électriques, la phase d’abandon du moteur à combustion est lente, dans toute l’Afrique. Moins de 1% des 27 millions de véhicules à deux ou trois roues sont électriques.

 

Dans les rues animées de la capitale du Togo, Lomé, un changement se prépare parmi les conducteurs de motos-taxis de la ville : Ils se mettent à l’électricité. Dans une station d’échange de batteries, les conducteurs partagent rapidement leur enthousiasme pour leurs nouvelles motos électriques, qui remplacent les modèles à essence qu’ils conduisaient auparavant.

Aounon Yao a récemment abandonné sa moto à combustion. Cité dans une note du PNUE (Programme des Nations unies pour l’environnement), le jeune homme relate les « quatre avantages » qu’il distingue dans l’utilisation d’une moto électrique. « Premièrement, elle coûte deux fois moins cher à l’usage. Deuxièmement, elle n’explose pas en cas d’accident. Troisièmement, elle réduit le bruit et la pollution de l’air. Et quatrièmement, elle est saine à conduire. »

Parallèlement aux travaux visant à accélérer l’adoption des véhicules électriques, il semble utile de redoubler d’efforts pour développer une économie circulaire pour les batteries de véhicules électriques.

Cependant, malgré les avantages évidents du passage aux motos électriques, la transition vers l’abandon du moteur à combustion est lente, dans toute l’Afrique. On estime à 27 millions le nombre de véhicules à deux ou trois roues en circulation sur le continent, ce qui correspond à une valeur de marché annuelle estimée à 4,8 milliards de dollars. Moins de 1 % de ces véhicules sont électriques.

La plupart des véhicules à deux ou trois roues utilisent encore des moteurs à combustion interne et des combustibles fossiles. Lorsqu’ils sont brûlés, les combustibles fossiles polluent l’air et réchauffent la planète.

Pour leur part, le PNU et le Fonds pour l’environnement mondial (FEM) aident les gouvernements de 41 pays à accélérer l’adoption de l’e-mobilité dans le cadre du Programme mondial pour l’e-mobilité.

Ainsi, le programme a-t-il aidé le Togo à se rapprocher des objectifs de l’accord de Paris en soutenant le développement d’une politique nationale d’e-mobilité. Cette politique vise à mettre en place des mécanismes réglementaires et fiscaux pour généraliser les véhicules électriques.

 

Rattraper le retard

Mery Yaou (photo ci-contre), du ministère togolais de l’Environnement et des ressources forestières, explique que l’un des objectifs du gouvernement est de faire du pays un leader régional en matière d’e-mobilité. « Nous comptons déjà près de 3 000 motos électriques sur les routes du Togo, et je pense qu’à partir du Togo, le marché s’étendra à toute la région. »

Selon le PNUE, le passage des véhicules à deux ou trois roues à l’électrique pourrait permettre de réduire les émissions de dioxyde de carbone de 500 à 600 tonnes par an.

Cependant, en Afrique, seulement 20 000 motos électriques environ ont été déployées sur le continent, soit moins de 0,5 % de l’ensemble du parc de motocyclettes. La raison de cette lenteur est multiple, juge le PNUE.

Depuis les années 1990, la popularité des deux et trois roues a explosé, principalement en raison de l’incapacité des services de transport public à desservir la population dans les zones urbaines et rurales. L’absence de financement pour les importateurs de motos électriques a freiné le développement, tout comme l’insuffisance des infrastructures de recharge et d’échange des batteries.

Dès lors, il semble nécessaire d’élaborer et de mettre en œuvre des stratégies nationales claires pour promouvoir, financer et développer la mobilité électrique à faible émission de carbone.

Le monde doit réduire les émissions de gaz à effet de serre de plus de 40 % d’ici à 2030 pour maintenir le réchauffement en dessous de 1,5 °C et éviter les pires conséquences du changement climatique. Les combustibles fossiles, notamment le pétrole, le charbon et le gaz, sont responsables de près de 90 % des émissions de dioxyde de carbone. Les experts estiment qu’il est urgent de passer à des sources d’énergie alternatives.

La directrice de la division Industrie et économie du PNUE, Sheila Aggarwal-Khan, rappelle combien il est essentiel que les pays à revenu faible et intermédiaire fassent partie d’une transition mondiale vers une mobilité électrique à zéro émission : « Les véhicules à deux et trois roues jouant un rôle important dans les économies locales, l’Afrique a le potentiel de sauter le pas de la mobilité conventionnelle en passant directement aux véhicules électriques. »

 

Encourager les batteries innovantes

Dans ce schéma, poursuit-elle, « le Togo montre comment une combinaison d’initiatives du secteur privé et de soutien gouvernemental peut accélérer l’introduction de l’e-mobilité qui répond aux besoins du marché local, à partir de la base. »

Les transports alimentés par des batteries sont plus propres que les transports en commun alimentés par des combustibles fossiles, mais ils ont leurs propres coûts. Les batteries lithium-ion nécessitent l’extraction de minéraux, en particulier le lithium et le cobalt, tandis qu’une élimination inadéquate des batteries peut nuire à l’environnement.

Photos : PNUE/Artan Jama
Photos : PNUE/Artan Jama.

 

Parallèlement aux travaux visant à accélérer l’adoption des véhicules électriques au Togo et dans le monde entier, il semble utile de redoubler d’efforts pour développer une économie circulaire pour les batteries de véhicules électriques. En encourageant la conception de batteries innovantes et en augmentant le recyclage dans l’industrie des batteries, les pays peuvent réduire les besoins en matières premières vierges.

Le programme mondial pour la mobilité électrique du PNUE travaille actuellement avec le soutien du Fonds pour l’environnement mondial, de l’Union européenne, de la German Climate Initiative, de la Climate and Clean Air Coalition, de la Fondation FIA et d’autres donateurs pour aider une soixantaine de pays à revenu faible ou intermédiaire à passer des combustibles fossiles aux véhicules électriques.

 

@AB

Écrit par
Aude Darc

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *