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L’électrification de l’Afrique avance

L’électrification de l’Afrique avance
  • Publiédécembre 19, 2023

La Banque africaine de développement appuie l’interconnexion entre le Mali et la Mauritanie, ainsi que le déploiement de centrales solaires. Et finance, aux côtés du secteur privé, la nécessaire modernisation des installations hydroélectrique, par exemple en RD Congo.

 

Le Fonds africain de développement va financer, à hauteur de 302,9 millions de dollars, le projet d’interconnexion électrique entre le Mali et la Mauritanie, ainsi que le déploiement associé de centrales solaires, dans le cadre de l’initiative Desert to Power.

Plus précisément, l’appui de ce guichet concessionnel de la BAD (Banque africaine de développement) comprend 269,6 millions $ pour la Mauritanie et 33,3 millions $ pour le Mali. Le reste du financement du projet, d’un coût d’environ 888 millions $, sera fourni par d’autres partenaires et des fonds climatiques.

L’hydroélectricité moderne joue un rôle clé dans la transition énergétique de l’Afrique en réduisant la dépendance aux combustibles fossiles et en ancrant des parts plus importantes de sources d’énergie renouvelable variables telles que le solaire et l’éolien.

Le projet d’interconnexion électrique en 225 kV entre la Mauritanie et le Mali, associé au développement de centrales solaires, représente une opération d’investissement stratégique qui vise à favoriser l’essor de la production d’énergie solaire et à garantir un accès universel à l’électricité dans ces deux pays du Sahel, explique la BAD.

Le projet a pour objectif d’établir une interconnexion électrique haute tension sur 1 373 kilomètres, avec une capacité de transit de 600 mégawatts (MW) entre les deux pays ; de construire une centrale solaire de 50 MW à Kiffa, en Mauritanie, reliée à l’interconnexion, et de connecter 100 000 nouveaux ménages (80 000 en Mauritanie et 20 000 au Mali) au réseau électrique dans les localités traversées. En outre, le projet permettra de créer des opportunités d’entreprenariat agricole et de services pour les jeunes et les femmes.

Opération prioritaire de l’Initiative Desert to Power, ce projet est inscrit dans la feuille de route régionale approuvée en 2021 par les pays bénéficiaires du programme. Il s’agit d’un premier tronçon de la dorsale trans-sahélienne devant relier la Mauritanie au Tchad, en passant par le Mali, le Burkina Faso et le Niger. L’interconnexion permettra de développer de nouvelles centrales d’énergie renouvelable, dont la production sera plus intégrée aux réseaux interconnectés. Sa mise en exploitation facilitera l’accès à une électricité de qualité, à faible teneur en carbone et à un prix abordable.

 

Modernisation de l’existant

L’« approbation de ce projet montre que l’Initiative Desert to Power se concrétise progressivement à travers les projets structurants qui permettront de développer des moyens de production d’énergie renouvelable dans les deux pays », se félicite Daniel Schroth, directeur des énergies renouvelables au sein de la BAD.

Selon Malinne Blomberg, qui représente la BAD en Mauritanie, ce projet « aura un impact sur la promotion du secteur privé, la promotion du commerce et la création d’opportunités d’emploi. »

Rejoint par Adalbert Nshimyumuremyiresponsable du bureau pays de la BAD au Mali : « La disponibilité permanente d’une électricité de qualité et à un coût abordable renforcera la résilience des populations dans les localités bénéficiaires. Au Mali, le projet interviendra dans la région de Kayes et bénéficiera à 500 000 habitants dont 20 000 ménages répartis dans les cinquante localités qui seront raccordées au réseau. »

Par ailleurs, le  Fonds pour l’énergie durable en Afrique (SEFA), géré par la BAD, vient d’approuver un don de 9,72 millions $ pour intensifier le Programme de modernisation de l’hydroélectricité en Afrique, un guichet unique qui remet en état les systèmes hydroélectriques africains afin d’en améliorer la fiabilité et la flexibilité.

Modernisées, les centrales hydroélectriques, comme celle de Kinguélé Aval au Gabon, peuvent jouer un rôle clé dans la transition énergétique en réduisant la dépendance à l'égard de l'électricité produite à partir de combustibles fossiles, juge la BAD.
Modernisées, les centrales hydroélectriques, comme celle de Kinguélé Aval au Gabon, peuvent jouer un rôle clé dans la transition énergétique en réduisant la dépendance à l’égard de l’électricité produite à partir de combustibles fossiles, juge la BAD.

 

À travers ce nouveau financement, ce Programme étendra la modernisation d’une réserve de douze projets menés par le secteur privé dans huit pays sélectionnés sur une base concurrentielle. Les travaux physiques et les activités de préparation permettront d’augmenter la capacité disponible de 570 MW pour un investissement estimé à un milliard $, y compris de la part du secteur privé. Ces travaux réduiront également les émissions de gaz à effet de serre de 1 700 kilotonnes d’équivalent CO2 par an.

Les projets comprennent la modernisation du système d’eau de refroidissement de la centrale soudanaise de Roseires, d’une capacité de 280 MW, afin de réduire les arrêts forcés, et le remplacement des équipements électromécaniques de plus de 60 ans de la centrale Lubilanji 1, d’une capacité de 7 MW, en RD Congo.

 « Près de la moitié des actifs hydroélectriques de l’Afrique ont plus de trente ans et vieillissent rapidement. Les moderniser avec les dernières technologies électromécaniques et numériques est le moyen le plus rapide et le moins coûteux d’augmenter la capacité d’énergie propre et d’améliorer la flexibilité du système nécessaire pour accélérer les efforts de transition énergétique », justifie João Duarte Cunha, chef de division pour les énergies renouvelables, et responsable du SEFA.

@AB

Écrit par
Paule Fax

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