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African Business

Le travail, une expérience positive ?

Le travail, une expérience positive ?
  • Publiénovembre 2, 2023

Selon une enquête d’Africa People Advisory, les employés africains apprécient leurs conditions de travail et d’expression, au sein de leur entreprise. Toutefois, les progrès restent lents, afin de parvenir à des organisations centrées sur le bien-être de leurs salariés.

 

Pour la troisième année consécutive, Africa People Advisory Group (APAG) publie son rapport qui suit les diverses tendances en matière de ressources humaines sur le continent africain, avec un accent particulier sur l’« expérience » des employés.

Avec 188 organisations participantes réparties dans 31 pays et couvrant 17 secteurs d’activité, « ce rapport est apprécié sur tout le continent et qu’il continue de gagner en popularité », se félicite Deon de Swardt, associé directeur de l’APAG. « Nous avons pu développer un modèle permettant aux organisations de réfléchir à leur approche de la mise en œuvre d’une feuille de route sur l’expérience des employés. Pour beaucoup, il s’agit encore d’un concept très nouveau. »

Les organisations sont confrontées à un risque accru de départ des salariés. 52 % des salariés resteraient dans leur entreprise si on leur offrait le même salaire et 60 % recommanderaient leur entreprise comme un bon lieu de travail.

L’APAG a mis en évidence cinq tendances. Et conclut que des progrès supplémentaires sont nécessaires pour établir des cultures organisationnelles pleinement centrées sur les personnes, en Afrique.

Le leadership est l’un des piliers du développement d’une culture organisationnelle centrée sur les personnes. Or, au cours des trois dernières années, le niveau de compétence des dirigeants pour gérer le nouveau monde du travail a peu évolué. Dans l’étude, 65 % des personnes interrogées ont déclaré que leurs dirigeants créaient « une expérience positive » pour les employés, tandis que 12 % ont indiqué qu’ils n’étaient pas d’accord avec cette affirmation.

Selon Ronel Camacho, associé directeur d’APAG, « les dirigeants donnent le ton de la culture et de la création d’une expérience positive pour les employés. Nous devons doter les dirigeants des bonnes compétences afin d’élever le niveau ». Un nouveau concept a été mesuré cette année : la sécurité psychologique, qui, en termes simples, signifie la capacité de s’exprimer sans crainte de répercussions. Seuls 52 % des répondants ont indiqué que la sécurité psychologique était satisfaisante sur leur lieu de travail. 

De plus, selon l’étude, la réflexion sur les pratiques en matière de ressources humaines en Afrique nécessite un « changement de cap ».

 

La fin du télétravail ?

L’intégration n’a pas réussi à faire en sorte que les nouveaux employés s’installent et se socialisent pour atteindre une productivité optimale à court terme : 63% des personnes interrogées ont toutefois répondu positivement à cet égard. Bien que l’apprentissage et le développement progressent dans des modèles hybrides, 43 % des personnes interrogées ont indiqué que leur organisation ne parvenait pas à établir un lien entre le développement et les plans de carrière. Au fil des ans, de plus en plus d’organisations ont évolué vers une plus grande liberté de choix pour les employés, y compris dans la structuration de leur propre rémunération : 18% des sondés ont indiqué que leur organisation offrait une certaine flexibilité aux salariés pour structurer leur propre rémunération.

Le bien-être des employés a été un domaine d’intérêt important pour les organisations africaines au cours des trois dernières années, mais la dissipation de la pandémie de Covid-19 atténue ce facteur : 48% des organisations ont indiqué qu’elles suivaient activement le bien-être des employés.

En matière de télétravail, 43 % des employés ont exprimé le besoin d’être de retour au bureau, contre 30 % en 2022.

 

La semaine de travail de quatre jours est de plus en plus répandue, mais son adoption en Afrique reste faible : 7 % des salariés.

Plus généralement, alors que 73 % des employés déclarent aimer travailler dans leur entreprise, seuls 66 % d’entre eux se sentent en sécurité pour s’exprimer.

Évoquant le besoin accru de données en la matière, Nicol Mullins, associé directeur d’APAG, prévient : « Si une enquête sur l’engagement des salariés est menée sans plan clair pour développer et mettre en œuvre des actions, elle risque de faire plus de mal que de bien. »

En effet, l’’expérience des employés ne se résume pas à des enquêtes ; il s’agit d’améliorer et d’harmoniser tous les aspects du cycle de vie des employés.

L’étude relate un progrès sensible : les prévisions en matière de gestion des performances sont meilleures.

 

Le risque du « turnover »

Les entreprises travaillent davantage à l’introduction de mesures basées sur le travail d’équipe, en se concentrant sur les conversations de développement et en faisant un meilleur usage de la technologie.

Dans le même temps, les organisations abandonnent les outils traditionnels tels que le classement forcé, 28 % seulement des personnes interrogées indiquant qu’elles l’utilisent encore. Le principal domaine d’intérêt est la simplicité.

Pour la première fois cette année, l’étude présente également le point de vue des employés. L’objectif de la collecte de données directement auprès des employés était de déterminer s’il existait une concordance entre ce qui était rapporté par les employeurs et les employés. C’est effectivement le cas.

Alors que 73 % des salariés déclarent aimer travailler dans leur entreprise, seuls 66 % d’entre eux se sentent en sécurité pour s’exprimer. Les questions relatives au retour d’information régulier sur les performances, aux possibilités d’apprentissage et de développement et à la reconnaissance se situent toutes dans la fourchette inférieure des 60 %.

Les organisations sont confrontées à un risque accru de départ des salariés. 52 % des salariés resteraient dans leur entreprise si on leur offrait le même salaire et 60 % recommanderaient leur entreprise comme un bon lieu de travail. Des travaux supplémentaires sont nécessaires pour comprendre l’état réel de l’expérience des employés du point de vue de ces derniers, reconnaît le rapport, mais les professionnels des ressources humaines et les cadres supérieurs sont encouragés à répondre à l’appel à l’action.

@AB

Écrit par
Aude Darc

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