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African Business Dossier Sénégal

Le tourisme est le cœur du développement économique

Le tourisme est le cœur du développement économique
  • Publiéavril 5, 2023

Souleymane Ndiaye est le directeur général de la Société d’aménagement et de promotion des côtes et zones touristiques (SAPCO). Il explique dans quelles mesures le tourisme est au cœur des plans de croissance du pays.

 

Voici six mois que vous êtes à la tête de la SAPCO-Sénégal. Aujourd’hui, quel est votre regard sur les missions de la SAPCO eu égard aux enjeux du secteur du tourisme ?

Dès ma prise de fonction, j’ai commencé par dresser un état des lieux exhaustif et procéder, en tant qu’ingénieur et homme de terrain, à des tournées dans nos différents sites touristiques, afin de tenir des séances de travail aussi inclusives que possibles avec les différents acteurs de toute la chaîne de valeur (hôteliers, artisans, etc.), le commandement territorial, les autorités policières et judiciaires, ainsi que les maires. Cela m’a permis d’avoir une lecture assez claire des enjeux et défis du moment et de pouvoir établir une feuille de route, en cohérence avec les orientations du Plan Sénégal émergent.

Le tourisme est le deuxième secteur pourvoyeur de devises du pays. Dès lors, ma compréhension est que ce secteur doit pouvoir constituer un véritable levier de croissance, mais surtout de développement économique et social. D’ailleurs, le chef de l’État affirme en ce sens « nous sommes déterminés, dans le cadre du PSE, à faire du tourisme et des transports aériens un levier de développement durable, profitable aux populations et créateur d’emplois ».

« Investir dans les projets d’aménagement touristiques au Sénégal est par conséquent un pari plus que gagnant dans un pays à fort potentiel économique, en passe de figurer parmi les plus grands producteurs et exportateurs en Afrique de gaz et de pétrole. »

La SAPCO occupe un positionnement stratégique dans la matérialisation des objectifs de développement et de promotion du tourisme. Ses missions, en collaboration avec les autres agences et services du ministère du Tourisme, permettent de tirer la croissance d’autres secteurs tels que l’agriculture, la pêche, l’artisanat,…, avec l’implantation des hôtels, restaurants, centres commerciaux, résidences, la réalisation des aménagements et infrastructures nécessaires. Cela contribuera également, indéniablement, à favoriser la création d’emplois stables et durables.

 

Votre nomination peut-elle être perçue comme une volonté d’imprimer davantage de rigueur et de célérité dans le pilotage des projets ?

Mon expérience d’ingénieur de conception en génie civil me servira très certainement. Ainsi, six mois depuis ma prise de fonction, beaucoup de choses sont en train de bouger. Sans évoquer le projet AKON City, d’autres chantiers sont en cours, parmi lesquels la construction du Centre ophtalmologique international de Saly Portudal d’une capacité d’accueil de 45 000 patients, dont les travaux ont été lancés début mars 2023 et devant être livré avant la fin de cette année.

Le chef de l’État, dans une dynamique de relance post-Covid, a donné des instructions fermes pour développer des zones touristiques émergentes (Pointe-Saréne, Mbodiène, Joal Finio, îles du Saloum et de basse Casamance, etc.), redynamiser le crédit hôtelier et l’emploi.

 

Qu’en est-il des projets d’aménagement des nouvelles zones d’intérêts touristiques ?

La SAPCO a entamé l’aménagement et le développement de trois zones touristiques intégrées. La finalité d’ici 2035 est d’atteindre six nouvelles zones touristiques. Avec ces nouveaux projets, nous contribuerons fortement à l’augmentation de la capacité d’accueil du Sénégal, à la diversification de l’offre touristique, à l’arrivée de nouveaux investisseurs et à une meilleure sauvegarde du littoral par la préservation de l’environnement.

La station touristique de Pointe-Saréne est la première initiative engagée dans ce cadre, avec la livraison et le début de l’exploitation de la première phase de l’hôtel Riu Baobab qui compte 524 chambres. Le site s’étend sur une superficie de 110 ha et devra à terme augmenter le parc hôtelier du Sénégal de 1600 chambres, au moins. Les travaux de voirie et de réseaux divers, desservant tout le site, sont aujourd’hui exécutés à hauteur de 98%. D’autres projets hôteliers comme la deuxième phase de l’hôtel Riu qui aura une capacité de 500 chambres vont démarrer au courant de cette année 2023, en plus de la réalisation de 45 villas haut de gamme par le groupe Sablux.

À moins de cinq minutes de Pointe-Saréne, nous constuisons ger la station balnéaire de Mbodiéne sur une assiette foncière de 504 ha, en face d’une bande de plage longue de 4 km.

Cette station conçue autour d’une approche intégrée et durable avec des dimensions balnéaire, culturelle, naturelle et écotouristique aura au total 6 000 lits et comprendra des hôtels, des résidences haut de gamme, des infrastructures sportives modernes et des activités de loisirs. Le début de son développement est matérialisé par le lancement des travaux relatifs aux projets Akon City et African village sur une superficie totale de 55 ha une ville verte, futuriste, durable, technologiquement avancée et éco-responsable.

Phase 1 du Riu Baobab à Pointe-Sarène.
Phase 1 du Riu Baobab à Pointe-Sarène.

 

Le groupe Sunrise hôtels & ressorts s’est également positionné pour développer un ambitieux projet touristique sur 100 ha, répartie en quatre phases de 25 ha. Ce projet augmentera notre capacité d’accueil de 1400 chambres d’hôtels, 460 villas, 550 chalets et divers équipements de loisirs.

Nous avons également effectué des études de faisabilité allant dans le sens de l’aménagement de zones touristiques intégrées dans les Delta du Saloum et à Kaffountine-Abéné. Sur ces deux zones, la sécurisation foncière est en cours et l’accent est mis sur leur potentiel écotouristique ainsi qu’une démarche durable centrée sur la préservation du site naturel et la création de valeur.

Sur Saly Portudal, nous avons entamé la requalification, suite à la finalisation des études y afférentes et la livraison des travaux de restauration des plages. Cette année 350 lampadaires solaires ont été posés le long des artères en plus de la réalisation de 17 500 mètres carrés de pavage.

Sur Cap Skirring également, les travaux de requalification se poursuivent avec l’ouverture des corridors d’accès à la plage et leur aménagement.

Pour finir, il est important de noter que la SAPCO est à pied d’œuvre sur la Grande-Côte et la zone Sud est pour identifier et acquérir du foncier apte à recevoir des infrastructures touristiques. En ce sens, elle a acquis 500 ha à Tchepp (kébémer) et a identifié des terres sur Potou et dans le Sud-Est vers Niokolokoba.

 

La SAPCO dispose-t-elle des moyens techniques et financiers de la mission qui lui est assignée ?

Nous réalisons généralement nos missions avec les ressources financières allouées dans le budget d’investissement de l’État. Cependant, en réduisant sa dépendance au budget d’investissement de l’État, les performances de la Société peuvent être optimisées. C’est pourquoi nous avons pensé à de nouvelles orientations stratégiques consistant à recourir à d’autres leviers en mesure de générer des méthodes alternatives de financement des projets.

Ces leviers allant du partenariat public-privé à la mobilisation de capitaux 100% privés sont en cours d’identification. Sur le plan technique également, en plus des ressources en interne, la SAPC s’appuie sur l’expertise de grands cabinets pour l’élaboration des études de développement de ses sites. Donc, il convient d’assoir une stratégie durable de financement des projets de la SAPCO pour lui permettre d’atteindre les objectifs qui lui sont assignés.

 

Qu’en est-il de la diversification de l’offre touristique ?

Celle-ci, au-delà d’être un objectif à atteindre à travers les projets de zones touristiques intégrées, s’impose nous dans le sens où nous voulons asseoir un tourisme attractif et durable. Les effets du changement climatique, notamment l’érosion côtière, ont fini par convaincre sur le risque de se limiter au balnéaire classique que nous connaissons depuis des décennies.

C’est pourquoi, la SAPCO profite de sa dimension nationale pour structurer des différents produits autour de l’écotourisme, la culture, et la nature entre autres, qui demeurent ancrés dans les spécificités intrinsèques des différents pôles qui caractérisent la carte touristique du Sénégal. Cette dimension a été prise en compte dans le cadre du projet Saly ville verte à travers sa requalification.

Outre les réalisations que j’ai déjà citées, des composantes complémentaires également allant dans le sens de développer les « MICE » comme le palais des Congrès, seront également soumises à l’étude pour qu’en sus de sa dimension balnéaire, Saly soit enrichie par le tourisme d’affaires.

Nous devrons davantage nous pencher sur le tourisme religieux, compte tenu de la riche histoire et de la sociologie des religions au Sénégal, dans plusieurs parties du territoire. Cela est plus qu’opportun, compte tenu de l’existence de plusieurs grandes figures charismatiques de l’Islam et du christianisme dans une certaine mesure, de l’existence de lieux saints de pèlerinage musulmans comme catholiques (ex : Magal de la Ville sainte de Touba, Gamou de Tivaouane, Pèlerinage de Ponpenguine, etc.) et d’imposants édifices religieux et mausolées à visiter.

 

 

 

Pourriez-vous nous des quelques raisons d’investir dans le tourisme au Sénégal ?

Au-delà de ses 3000 heures d’ensoleillement par an, ses 500 km de plages et sa proximité avec les grands marchés émetteurs, le pays se positionne comme la porte d’entrée de l’Afrique et séduit par sa stabilité politique. Le Sénégal constitue en effet au niveau continental un modèle de démocratie et de bonne gouvernance. À part ses atouts et attraits touristiques qui lui valent sa réputation et sa place au Club des plus belles baies du monde, le Sénégal présente une économie saine et compétitive.

Cette vision stratégique permet aux investisseurs de bénéficier d’allègements fiscaux et non fiscaux sans aucune distinction entre nationaux et étrangers, sans compter l’existence de garanties et protections des droits de propriété. Toutes ces possibilités qu’offre le marché sénégalais sont couplées à des investissements structurants en termes de mobilité terrestre (TER, BRT, le réseau autoroutier national, les ponts transfrontaliers, …) aérienne (Air Sénégal, le Programme de Réhabilitation des Aéroports du Sénégal dit PRAS, …) et maritime (avec le Port Autonome de Dakar et le nouveau Port de Ndayane).

@AB

Écrit par
African Business

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