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Le Sénégal affiche des « perspectives favorables », juge le FMI

Le Sénégal affiche des « perspectives favorables », juge le FMI
  • Publiémai 6, 2024

Après un premier trimestre décevant en raison des élections et un retard des projets gaziers, le FMI, serein pour le moyen terme, ajuste en baisse sa prévision de croissance pour 2024.

 

Après le changement de pouvoir au Sénégal, l’avis du FMI (Fonds monétaire international) était attendu. Prenant surtout acte d’une croissance plus faible que prévu au premier trimestre, l’institution a ajusté en baisse ses prévisions de croissance pour 2024. Elle restera néanmoins vigoureuse, à 7,1%, dans un contexte de désinflation confirmée et de retour à une certaine orthodoxie budgétaire.

Le FMI constate avec satisfaction que les autorités progressent dans les mesures visant à sortir le Sénégal de la « liste grise » du Groupe d’action financière (GAFI).

« En 2023, l’économie sénégalaise a fait preuve de résilience en dépit d’un contexte difficile », résume Edward Gemayel, qui a conduit une mission du FMI dans le pays. Malgré les tensions politiques autour de l’élection présidentielle et les chocs extérieurs, la croissance économique a dépassé les attentes (4,6 %), reflétant une bonne campagne agricole et un secteur tertiaire solide. L’inflation a également connu une baisse plus rapide que prévu, retombant à 5,9 %.

Certes, les dépenses de subventions à l’énergie – on sait que le FMI incite les pays à ne pas les pratiquer – ont été « élevées », à 620 milliards de F.CFA (945,2 millions d’euros), soit 3,3 % du PIB. Il en est de même des intérêts sur la dette. Cela a été compensé par des réductions des dépenses d’investissements afin de contenir le déficit budgétaire à 4,9 % du PIB. Voilà qui correspond au programme prévu avec le FMI, se félicite ce dernier.

En revanche, le gouvernement précédent avait constitué des réserves de liquidités en prévision de l’élection présidentielle, ce qui a contribué à une augmentation de la dette du gouvernement central (73,4 % du PIB) au-delà du plafond de dette fixé dans le cadre de l’UEMOA. Le déficit du compte courant est resté important (18,8 % du PIB), reflétant la faiblesse persistante des exportations de biens.

La croissance de l’activité économique au premier trimestre 2024 a donc été plus faible que prévu, du fait des incertitudes politiques liées à l’élection présidentielle. « Les indicateurs de conjoncture montrent que la croissance de l’activité économique a été modérée, les entreprises ayant reporté leurs investissements et les consommateurs réduit leurs dépenses. »

 

Des objectifs stratégiques convergents avec ceux du nouveau pouvoir

L’inflation s’est repliée à 3,3 % (en glissement annuel). L’exécution du budget a été marquée par une moins-value au niveau des recettes et un dépassement du coût des subventions à l’énergie par rapport à l’enveloppe budgétaire initiale.

Edward Gemayel
Edward Gemayel

Néanmoins, « les perspectives économiques restent toutefois favorables », juge le FMI qui ajuste donc sa prévisions de croissance à 7,1 % contre 8,3 % auparavant. Il s’agit également de tenir compte d’« une activité économique impactée au premier trimestre par le contexte électoral et un démarrage retardé de la production de gaz jusqu’en décembre 2024 ».

Pour atteindre l’objectif de déficit budgétaire de 3,9 % du PIB fixé pour la fin de l’année 2024, « il faudra prendre des mesures ambitieuses pour rationaliser les dépenses fiscales et améliorer l’efficacité des dépenses », avance le FMI. Ces mesures devraient être prises dans le cadre d’un budget rectificatif qui permettrait la réalisation de l’objectif régional de déficit budgétaire de 3 % du PIB en 2025.

Et le FMI, faisant fi de l’alternance intervenue au Sénégal, de prôner des réformes structurelles. Celles-ci porteraient sur la révision de la formule de détermination des produits pétroliers et la réalisation d’un audit de la compagnie d’électricité Senelec « afin de mettre en œuvre une nouvelle grille tarifaire pour l’électricité, avec un tarif social pour les ménages vulnérables ». Le FMI constate avec satisfaction que les autorités progressent dans les mesures visant à sortir le Sénégal de la « liste grise » du Groupe d’action financière (GAFI).

Selon Edward Gemayel, les nouvelles autorités du Sénégal ont réaffirmé leur engagement à poursuivre le programme actuel soutenu par le FMI. « Elles reconnaissent que les principaux piliers du programme s’alignent sur leurs propres objectifs stratégiques, à savoir : améliorer la résilience budgétaire et réduire les vulnérabilités de la dette, renforcer la gouvernance, promouvoir la transformation structurelle de l’économie et renforcer la résilience au changement climatique. » Des discussions portant sur les facilités accordées au pays par le FMI se dérouleront en juin.

@AB

Écrit par
Aude Darc

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