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Le satisfecit du FMI au Niger

Le satisfecit du FMI au Niger
  • Publiéjuin 3, 2024

Une croissance faible et un léger dérapage budgétaire en 2023 ? Qu’importe, le FMI prévoit un rebond de croissance et un retour rapide à la norme pour le Niger, louant sa volonté de réformes.

 

Une équipe des services du FMI (Fonds monétaire international) a trouvé un accord avec les autorités du Niger au sujet des engagements du pays, dans le cadre de la facilité élargie de crédit (FEC) et la première revue du programme soutenu par un autre dispositif, la facilité de résilience et durabilité (FRD). Au-delà des considérations techniques sur les programmes en cours, l’avis de l’institution monétaire sur la conjoncture du pays sahélien est source d’information.

En direction du secteur privé, le Niger a restructuré le cadre institutionnel de lutte contre la corruption avec la création d’une commission ad hoc.

L’achèvement des revues de la FEC permettrait le décaissement de 19,7 millions de DTS (environ 26,1 millions de dollars, soit 15 % du quota du Niger) pour couvrir les besoins de financement extérieur. À son tour, l’achèvement de la première revue de la FRD permettrait le décaissement de 34,2 millions de DTS (environ 45,3 millions $) soit 26 % du quota du pays.

On le sait, la croissance économique s’est ralentie en 2023, à 2,4 % 2023, en raison principalement des effets des sanctions, ainsi que d’une campagne agricole défavorable. Pour autant, note la mission du FMI, « les perspectives économiques sont favorables à court et moyen terme ». La croissance réelle du PIB pourrait atteindre 10,6 % en 2024 en raison du début des exportations de pétrole et des effets d’entraînement qui en résultent sur l’économie, de la levée des sanctions, ainsi que l’augmentation attendue de la production agricole. D’ailleurs, ces deux derniers facteurs devraient contribuer à contenir les pressions inflationnistes en 2024. Néanmoins, ces perspectives positives sont sujettes à des risques, en particulier ceux liés à la situation sécuritaire et aux vulnérabilités aux chocs climatiques.

Le déficit budgétaire pour 2023, de 5,4% du PIB, se révèle légèrement supérieur à la cible du programme fixé avec le FMI ; ce, en partie en raison de la baisse du niveau des recettes. « Cependant, la trajectoire du déficit sera maitrisée pour permettre un respect de l’engagement des autorités à atteindre le critère de convergence régional de l’UEMOA de 3 %du PIB d’ici 2025 », estime le FMI.

 

Simplification fiscale

Du fait des sanctions imposées après « les événements » (sic) du 26 juillet 2023, le Niger a accumulé des arriérés de service de la dette extérieure et intérieure. Pour autant, poursuit l’institution de Washington, « les autorités nigériennes poursuivent des efforts louables pour apurer entièrement ces arriérés de paiement ».

Dès lors, le programme soutenu par la FEC vise à renforcer la stabilité macroéconomique et à jeter les bases d’une croissance résiliente, inclusive et tirée par le secteur privé. Et dans ce cadre, « la plupart des objectifs quantitatifs ont été atteints, malgré le contexte difficile auquel le Niger a été confronté l’année dernière ». Seul bémol : un retard a été enregistré dans la mise en œuvre de certains repères structurels, notamment celui relatif à l’adoption de la stratégie de gestion des ressources pétrolières.

Et le FMI de rappeler son credo : « Les mesures visant à renforcer la mobilisation des recettes intérieures sont cruciales pour augmenter l’espace budgétaire afin de couvrir les dépenses prioritaires, notamment les dépenses sociales et de sécurité. » Dans ce contexte, le Niger tente de simplifier le Code général des impôts, de promouvoir la digitalisation de l’administration fiscale, et adopte une stratégie de gestion des recettes pétrolières visant à protéger le budget des fluctuations des prix internationaux du pétrole. Le FMI y voit là « des réformes clés », signalant les efforts réalisés pour améliorer la qualité et l’efficacité des dépenses publiques. Efforts nécessaires pour améliorer la fourniture des services publics, juge l’institution monétaire.

En direction du secteur privé, le Niger a restructuré le cadre institutionnel de lutte contre la corruption avec la création de la Commission contre la délinquance économique, financière et fiscale (CoLDEFF). Il intensifie également sa lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme.

Dans ce contexte, le financement de la FRD « soutient les efforts » du Niger pour stimuler les réformes et les investissements, face aux risques et défis ; lesquels sont accrus par le changement climatique. Là aussi, note le FMI, le Niger a réalisé « des progrès significatifs » afin d’améliorer la gestion des risques liés aux catastrophes naturels. Y compris les risques budgétaires.

@AB

Écrit par
Aude Darc

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