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Le quitus du FMI au Burkina Faso

Le quitus du FMI au Burkina Faso
  • Publiémars 13, 2024

Les autorités burkinabè rassurent les représentants du FMI, qui accordent une aide de 64 millions de dollars. Le pays affirme son attachement à l’UEMOA et améliore le cadre de ses filets sociaux.

 

Dans un contexte politique et économique bien particulier, le FMI (Fonds monétaire international) et les autorités du Burkina Faso sont parvenus à un accord relatif à leur coopération. Ce qui permet au Burkina Faso d’accéder à un financement d’environ 32 millions de dollars (24,1 millions de DTS) ce qui porterait à 64 millions $ (48,2 millions de DTS) l’aide financière totale versée par le FMI dans le cadre de leur programme.

Comme souvent, cet accord s’accompagne, pour l’institution monétaire, de commentaires sur la situation du pays. Et le FMI de saluer « les efforts considérables » déployés par les autorités pour mettre en œuvre « des ajustements et des réformes macroéconomiques aussi essentiels dans un environnement si défavorable ». Environnement caractérisé par des coûts d’emprunt élevés, l’incertitude politique, des conditions de sécurité instables dans certaines parties du territoire et l’insécurité alimentaire.

En effet, l’institution constate que tous les objectifs quantitatifs ainsi que la plupart des repères structurels ont été atteints. « Nous félicitons tout particulièrement les autorités pour les progrès accomplis dans la mise en place d’une protection sociale plus ciblée et moins fragmentée, notamment grâce à la création du Registre social unique et à la mise en place d’un nouveau dispositif majeur de protection sociale, le programme national d’appui à l’autonomisation des ménages pauvres et vulnérables (PAMPV) », apprécie l’institution de Washington.

Qui acte également le fait que les autorités burkinabè aient fait savoir qu’elles restaient « fermement résolues » à préserver la stabilité macroéconomique. Conformément aux objectifs du programme conçu avec le FMI, le rééquilibrage des finances publiques reste la priorité de la politique budgétaire, et ce afin de créer une marge de manœuvre et favoriser la convergence progressive vers un déficit de 3 % du PIB d’ici à 2027. Les autorités sont donc déterminées à réduire encore le déficit budgétaire pour le ramener à environ 5,5 % du PIB en 2024. Elles mènent également un programme de réformes ambitieux dans les domaines de la protection sociale, de la gouvernance, de la transparence budgétaire et de l’énergie.

 

Des résultats conformes aux objectifs

« En poursuivant tous ces efforts, les autorités pourraient parvenir à créer une marge de manœuvre budgétaire pour financer les dépenses prioritaires visant à réduire la pauvreté et les inégalités, à assurer la viabilité de la dette et à améliorer la résilience », commente le FMI. Qui apprécie également que dans un contexte marqué par une incertitude accrue autour des perspectives de la région, les autorités burkinabè réaffirment leur volonté de rester dans l’UEMOA.

Bien entendu, « la situation sécuritaire au Burkina Faso reste difficile », mais les efforts visant à lutter contre le terrorisme et à assurer la sécurité dans les territoires qui n’étaient plus sous le contrôle de l’État « devraient bientôt porter leurs fruits », suppose le FMI. La croissance du PIB réel devrait s’accélérer pour atteindre 5,5 % en 2024, contre une estimation à 3,6 % pour 2023, les efforts visant à rétablir la sécurité devant stimuler davantage l’activité économique. 

D’ailleurs, les résultats budgétaires en 2023 sont conformes aux objectifs. Le déficit global est passé de 10,4 % du PIB en 2022 à 6,7 %, notamment grâce à une meilleure mobilisation des recettes – rendue possible par les progrès réalisés dans la transformation numérique). Cela a plus que compensé la baisse des dons et a permis l’augmentation des transferts courants et des dépenses d’investissement financées sur ressources intérieures. Cela étant, « plusieurs facteurs de vulnérabilité budgétaire doivent être surveillés de près, notamment les coûts d’emprunt élevés sur le marché obligataire régional et les subventions aux combustibles ».

Le FMI et le gouvernement poursuivent l’examen « des moteurs de la croissance à moyen terme, ainsi que des difficultés et les vulnérabilités – y compris climatiques –, qui entravent l’action publique », en procédant notamment à une évaluation des risques budgétaires à moyen terme pesant sur la viabilité de la dette. Le FMI insiste sur la nécessité d’une protection sociale « bien ciblée », qui devrait jouer un rôle crucial dans la promotion de l’inclusion financière et le développement économique à moyen terme.

@AB

Écrit par
Laurent Soucaille

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