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African Business Business - Financement

Le privé appelé à financer l’énergie solaire

  • Publiédécembre 22, 2022

BAD, Banque mondiale, à travers différentes structures ou initiatives, continuent de miser sur l’énergie solaire en Afrique. Ces institutions espèrent que les financiers privés viendront progressivement prendre le relais de leurs investissements.

 

Sans conteste, l’Afrique mise sur l’énergie solaire. Institutions de financement du développement et entreprises privées approuvent cette stratégie. La semaine passée, on apprenait que la (Banque africaine de développement) soutient divers projets en Afrique centrale et de l’Ouest, notamment au Tchad et au Togo.

Cette semaine, c’est la Banque mondiale qui vient en appui de ces pays, ainsi que du Liberia, de la Sierra Leone.

« L’appui de la BAD permettra de catalyser le financement du secteur privé pour rendre l’électricité disponible dans les cinq régions du Togo. »

Les consommateurs d’électricité actuels et futurs de ces pays bénéficieront du nouveau Projet régional d’intervention d’urgence pour l’énergie solaire (RESPITE) approuvé pour un montant total de 311 millions de dollars de financement IDA (Association internationale de développement.

Le nouveau projet comprend une subvention de 20 millions $ pour faciliter le futur commerce régional de l’électricité et renforcer les capacités institutionnelles et techniques du Pool énergétique de l’Afrique de l’Ouest (WAPP) afin qu’il puisse remplir son mandat régional.

L’objectif principal de RESPITE est d’augmenter rapidement la capacité d’énergie renouvelable connectée au réseau et de renforcer l’intégration régionale dans les pays participants. Il financera l’installation et l’exploitation d’environ 106 mégawatts d’énergie solaire photovoltaïque avec des systèmes de stockage et d’énergie par batterie, l’expansion de 41 mégawatts de capacité hydroélectrique, et soutiendra les interventions de distribution et de transmission d’électricité dans les quatre pays.

Les solutions soutenues par le nouveau projet sont multiples et présentent des avantages substantiels pour les pays et la région, considère la Banque mondiale. Entre autres, elles permettront aux pays de disposer d’une marge de manœuvre budgétaire pour faire face à la crise alimentaire nouvelle, de lancer le développement d’une énergie propre connectée au réseau par appel d’offres afin d’atténuer la crise actuelle de l’approvisionnement en électricité, de lutter contre le changement climatique. Ce, en aidant les pays à s’affranchir des combustibles coûteux et polluants. Enfin, le projet contribue à la synchronisation du réseau WAPP afin de renforcer l’intégration régionale dans le secteur de l’énergie.

 

Les ambitions du Tchad et du Togo

L’approche se veut régionale. « RESPITE offre des avantages qui dépassent les frontières nationales et complète les efforts d’intégration régionale existants dans le secteur de l’énergie, impliquant tous les États membres de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest », commente Boutheina Guermazi, directrice de la Banque mondiale pour l’intégration régionale « Il permet de réaliser des économies d’échelle, d’accroître le potentiel du commerce régional grâce à des investissements dans les infrastructures de transmission et de production pour intégrer physiquement les marchés, et de développer le bien public régional en facilitant le partage des connaissances et le renforcement des capacités. »

Par cette initiative, la BM encourage aussi les principaux promoteurs privés internationaux à s’engager dans des économies plus petites et plus fragiles et démontrera également la viabilité de l’énergie solaire connectée au réseau et du stockage par batterie dans les pays participants.

Le Tchad souhaite porter son taux d’accès à l’électricité de 38 % en 2023, contre 6,4 % en 2020. Le pays vient, pour atteindre son but, de recevoir 21,51 millions $ de la BAD et d’autres partenaires, dans le cadre de l’initiative « Desert to Power ». Toujours au Tchad, le groupe Qair va, via sa filiale Quadran International, construire deux sources d’énergies solaires. Elles viendront renforcer les capacités de la Société nationale d’électricité (SNE), au profit de la ville de N’Djamena. Ces projets permettront de générer 65 000 Mwh d’électricité par an, soit l’alimentation de plus de 260 000 habitants. Le bouclage financier est prévu pour le courant de l’année 2023 et la mise en service des projets, en 2023-2024. L’énergie sera vendue à un prix compétitif à la SNE. Au bout de vingt ans, les deux centrales seront mises gratuitement à la disposition de l’État tchadien.

Au Togo, ce sont plus de 300 localités qui seront bientôt pourvues en mini-grids solaires, à la faveur d’un coup de pouce de la BAD, de 3,73 millions d’euros. « L’appui de la BAD permettra de catalyser le financement du secteur privé pour rendre l’électricité disponible dans les cinq régions du Togo », précise Robil Nassoma, directeur général de l’agence AT2ER.

@AB

 

Écrit par
Aude Darc

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