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African Business

Le Niger, un pays pétrolier émergent et attractif

Les réserves prouvées du Niger laissent augurer d’une production à coût attractif. Le pays dispose de la raffinerie de Zinder, et le pipeline reliant la côte du Bénin entrera bientôt en activité. Autant d’atouts qui font désormais du pays un acteur majeur du pétrole en Afrique, sans compter le potentiel des autres sources d’énergie.

Par ABF

Le potentiel pétrolier du Niger repose sur deux grands bassins sédimentaires couvrant plus de 90% du territoire national : le bassin occidental (Ullémenden, Tamesna) et le bassin oriental (système des Grabens, le Djado).

La production pétrolière au Niger, opérée par la China National Petroleum Corporation (CNPC), a débuté en 2011 sur le bloc Agadem, situé à l’est du pays, à une centaine de km de la frontière avec le Tchad. Les réserves de pétrole récupérable 2P (prouvé et probable) s’élevaient alors à 140 millions de barils et étaient concentrées sur trois gisements : Sokor, Goumeri et Agadi.

Le gouvernement nigérien a engagé des réformes pour attirer les investisseurs privés et améliorer la viabilité et l’équilibre financier du secteur.

Depuis novembre 2011, cette production d’environ 20 000 barils par jour, approvisionne exclusivement la raffinerie de Zinder à travers un pipeline de 462,5 km qui relie les champs pétroliers à la raffinerie. Cette dernière produit notamment du diesel et du super pour le marché domestique, et en exporte l’excédent (50%).

Les activités de recherche sur le bloc Agadem ont été intensives entre 2008 et 2017, période pendant laquelle la CNPC a réalisé 166 puits d’exploration ayant permis de découvrir 106 nouveaux gisements, dont les réserves récupérables 2P s’élèvent à 815 millions de barils. Le pétrole est de bonne qualité avec une densité API de 30° et une teneur en soufre très faible.

Les trois principaux horizons réservoirs visés par les travaux de CNPC sont les formations de Sokor, de Madama et de Yogou. La majorité des forages sont d’une profondeur comprise entre 1900 m et 2500 m. Les coûts de forages sont relativement faibles (3,5 millions de dollars par forage en moyenne) et le taux de succès est supérieur à 90%.

Les coûts de production sont de 6,5 $ par baril et les coûts de recherche et développement par baril produit sont proches de 8,5 $, soit un coût total de 15 $ par baril.

Ces investissements colossaux comprennent la réalisation de 350 nouveaux puits, l’extension ou la construction de huit stations de pompage et de traitement primaire, la pose de 1 557 km de canalisation inter champs, d’une station de déshydratation, d’une station centrale de traitement du pétrole brut (90 000 barils par jour), de huit centrales électriques, 39 générateurs, 1.557 km de lignes électriques et six bases vie.

Ces installations permettront la production de 110 000 barils par jour dont 20 000 destinés à la raffinerie de Zinder et 90 000 destinés à l’export, soit plus de 6 fois la production actuelle.

D’autres compagnies s’activent

Deux autres compagnies pétrolières opèrent également sur d’autres blocs au Niger. Il s’agit du groupe Sonatrach (SIPEX) et la société Savannah Energy, Toutes deux, en phase de recherche active, ont réalisé des découvertes significatives au cours des trois dernières années : SIPEX sur le bloc Kafra (frontière avec l’Algérie) et Savannah sur R3 (rendu de CNPC).

Il en résulte que les trois compagnies pétrolières ayant mené des activités intensives de recherche depuis leur installation au Niger ont toutes réalisé des découvertes significatives sur des bassins différents. Ces succès sont très encourageants pour le Niger qui souhaite attirer de nouveaux investisseurs pour mener des opérations de recherche sur les 41 blocs pétroliers libres dont il dispose.

Pour ce faire, le Niger dispose d’un Centre de données pétrolières (CDP) de qualité, situé à Niamey, ouvert aux investisseurs potentiels souhaitant réaliser des pré-études sur la base des travaux antérieurs (40 000 km de sismiques 2D et 13 000 km2 de sismiques 3D, 388 données de puits, 57 000 km de gravimétrie-magnétique, etc.).

Un environnement favorable aux investisseurs

Le Niger présente un environnement favorable pour les investisseurs du secteur. Il est notamment doté d’un régime juridique protecteur (Code pétrolier de 2017), d’un Contrat de Partage de Production type, de clauses de stabilisation et d’arbitrage, etc.), d’une période de recherche pouvant atteindre dix ans, d’une période de production minimum de 25 ans.

L’administration est proactive, la situation sécuritaire est maîtrisée, le nombre de sous-traitant, déjà important, est en croissance (treize plateformes et des équipes de sismiques nombreuses), un coût par baril relativement faible (15 $) incluant la recherche, le développement et l’exploitation), un pipeline export dont le coût de transport sera de 15 $/baril au cours des dix prochaines années et de 6 $ au-delà.

Un régime fiscal attractif

Le régime fiscal du Niger prévoit l’exonération de TVA, de droits de douane (période de recherche et cinq premières années d’exploitation), une redevance de 12,5%, une Tax Oil comprise entre 40% et 60%, un taux de cost stop de 70%.

Le Niger a mis en place une procédure d’attribution de blocs pétroliers claire et rapide et transparente. Après dépôt d’une demande conforme au Code Pétrolier de 2017, le délai nécessaire à l’attribution d’un bloc est d’environ trois mois.

Ce délai comprend l’analyse de la demande (capacités technique et financière, programme de travail minimum, etc.), la négociation du Contrat de partage de production, son approbation en Conseil des ministres, sa signature et enfin l’attribution de l’Autorisation exclusive de recherche.

Fort de tous ces atouts géologiques, opérationnels, juridiques, fiscaux et logistiques, le Niger est désormais un acteur pétrolier important en Afrique ; le pays se tient prêt à accueillir les investisseurs désireux d’accompagner la forte croissance de ce secteur.

Le pipeline le plus long d’Afrique

Le pileline Niger-Benin, d’une longueur de 1 950 km, reliera le bloc Agadem, à l’est du Niger à la côte béninoise de Sèmé ; il sera le plus long d’Afrique. Les travaux de construction ont démarré le 5 juillet 2021.

Les réserves de pétrole importantes du Niger nécessitaient la construction d’un pipeline permettant de les transporter pour les vendre sur les marchés internationaux. Le Niger, le Bénin et le groupe CNPC ont signé des accords bilatéraux et des conventions bipartites afin que le pipeline export suive un tracé Niger-Bénin.

D’un diamètre de 20 pouces, il sera composé de huit stations de pompage (six au Niger et deux au Bénin), de 59 stations des vannes, d’un terminal pétrolier à Sèmé (2 millions de barils de capacité de stockage) duquel deux pipelines sous-marins de 15 kilomètres seront destinés à charger des tankers d’une capacité d’un million de barils.

Le pipeline aura une capacité nominale supérieure à 100 000 barils par jour et le montant de l’investissement s’élève à 2,1 milliards $. L’État sera actionnaire à hauteur de 15% dans le projet.

Plusieurs centaines de kilomètres de sections du pipeline et de nombreux équipements et matériels ont déjà été livrés au Bénin et au Niger. Les opérations de construction ont déjà démarré : les premières soudures des tuyaux ont eu lieu le 5 juillet 2021.

Les travaux s’achèveront en avril 2023 et la première livraison de pétrole aura lieu en juin-juillet 2023 au large du port de Sèmé.

Un secteur de l’Énergie dynamique

Le Niger, situé dans la région du Sahel, dispose d’un potentiel énergétique considérable et diversifié (le pétrole, le charbon, l’uranium, le solaire, l’hydroélectricité, l’éolienne, voire la géothermie).

Cependant, ce pays reste confronté à de nombreux défis de développement dont entre autres, l’accès aux services énergétiques modernes et durables dans les zones aussi bien rurales qu’urbaines.

Pour être en phase avec l’évolution du secteur de l’énergie, le gouvernement nigérien a engagé de réformes pour attirer les investisseurs privés et améliorer la viabilité et l’équilibre financier dudit secteur d’une part, d’autre part, pour répondre à tous ces défis. Il a adopté le Document de politique nationale de l’électricité (DPNE) et la Stratégie nationale d’accès à l’électricité au Niger, assorti d’un Plan directeur d’accès à l’électricité à l’horizon 2035.

Les activités dans le secteur de l’énergie couvrent les domaines suivants : électricité, énergies renouvelables, énergies de cuisson, électricité nucléaire, conformité des installations électriques intérieures et le Système d’information énergétique.

Les principaux projets en cours d’exécution ou en préparation

Projet

Intitulé du projet

NESAP

Niger Electric Solar Access Project (Projet d’Accès aux Services Electriques Solaires au Niger)

NELACEP

Projet d’expansion de l’accès à l’électricité au Niger

PEPERN

Electrification rurale, périurbaine et Urbaine

Dorsale Nord 330KV

(WAPP)

la création d’un marché régional de l’électricité de 600 MW

Hybridation

Centrale hybride photovoltaïque / Diesel de 19MW Agadez

Centrales Solaires

Centrale photovoltaïque de 20MWc de Gorou Banda

Extension des réseaux de distribution en zone urbaine et développement de l’accès en zone rurale

Centrale photovoltaïque de 50MWc de Gorou Banda

Centrale photovoltaïque de 10MWc de Dosso

Centrale photovoltaïque de 20MWc de Maradi

Centrales

Barrage hydroélectrique de Kandadji

Centrale à CharbondeSalkadamna

Centralesthermiques (Isthmar) de Niamey-89MW et Zinder-22MW

 

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