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Le Maroc sur la bonne voie, juge le FMI

Le Fonds monétaire international revoit ses prévisions économiques en hausse concernant le Maroc. L’institution félicite le pays pour la réponse apportée à la crise de la Covid-19, et l’encourage à poursuivre les réformes de moyen terme.

Par Laurent Soucaille

Le Fonds monétaire prévoit un rebond de 6,3% de l’économie marocaine en 2021. « Grâce à une campagne de vaccination particulièrement efficace et à la riposte rapide des autorités, la crise sanitaire a été maîtrisée et l’économie marocaine se redresse», commente Roberto Cardelli, qui a conduit une mission (virtuelle) d’informations auprès des autorités marocaines, jusqu’au 10 décembre.

Les réformes envisagées par le Maroc permettraient d’améliorer la concurrence, de renforcer la compétitivité du pays, d’encourager la croissance de l’économie formelle, et d’inspirer davantage confiance dans le secteur public et le système judiciaire, juge l’institution de Washington.

L’économie a regagné « quasiment » le terrain perdu lors de la grave récession mondiale de 2020, à laquelle le Maroc n’a pas échappé.

Cette performance s’explique par le maintien des mesures de relance budgétaire et monétaire, par la bonne performance des principaux secteurs exportateurs, par le dynamisme des transferts de la diaspora, ainsi que par la récolte exceptionnelle qui a succédé à deux années de sécheresse.

Après une contraction de 6,3 % en 2020, le PIB devrait croître de 6,3 % en 2021, l’un des taux les plus élevés dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord.

« La reprise économique devrait se poursuivre au cours des prochaines années, malgré les séquelles de la pandémie », estime l’économiste du FMI. Dont les services prévoient désormais une croissance voisine de 3% en 2022, sous l’hypothèse d’une campagne agricole moyenne et d’une poursuite de la reprise des activités non agricoles.

Évoquant les tensions inflationnistes, qui inquiètent les banquiers centraux, le FMI juge que la hausse des prix reste maîtrisée et devrait s’estomper à moyen terme, à mesure que diminueront les pressions sur les coûts de production provoquées par les perturbations des chaînes d’approvisionnement à l’échelle internationale.

Une politique monétaire justifiée

De son côté, le déficit courant devrait se stabiliser autour de 3,5% du PIB à moyen terme. Mieux, note le FMI : « Les réserves de change du Maroc ressortent renforcées de la pandémie. » Bien sûr, tout risque n’est pas écarté. Le premier réside dans une résurgence de la pandémie de la Covid-19. Toutefois, « des réformes structurelles efficaces et rapides devraient accélérer la croissance à moyen terme ».

Pourtant, en 2021, le Maroc a poursuivi une politique budgétaire « expansionniste », ce que masque une réduction du déficit de près de 1% du PIB. Les dépenses courantes ont continué de progresser davantage que les recettes fiscales. Le budget pour 2022 prévoit une légère réduction du déficit global en pourcentage du PIB.

« Pour renforcer la résilience et disposer de plus grandes marges de manœuvre budgétaires afin de faire face à de futurs chocs, les autorités marocaines devraient réduire davantage le déficit budgétaire global, et rapprocher, à moyen terme, le ratio dette sur PIB de son niveau d’avant la pandémie », suggère le FMI.

Pour y parvenir, les autorités devront élargir l’assiette fiscale et en accroître la progressivité, conformément aux principes énoncés dans la loi-cadre, et poursuivre les efforts de rationalisation et d’optimisation de la dépense publique.

Pour sa part, la Banque centrale (Bank Al-Maghrib) a maintenu ses taux directeurs et ses mesures de soutien à l’économie. Une politique monétaire « accommodante » qui reçoit le quitus du FMI, compte tenu des prévisions rassurantes concernant l’inflation.

Un calendrier des réformes à préciser

« Les banques marocaines ont bien résisté à la crise, grâce à la rapidité et à l’ampleur de l’appui que leur a apporté BAM », se félicite Roberto Cardelli. Qui recommande à la Banque centrale de continuer à veiller à ce que les banques continuent de constituer des provisions pour créances douteuses.

Et dans le même temps, préconise-t-il, il s’agit d’accélérer, avec les autorités concernées, « le lancement des réformes pour la création d’un marché secondaire des créances en souffrance ».

Il semble également nécessaire au Maroc de se doter d’un cadre plus solide en matière de résolution bancaire. « Ces réformes sont susceptibles de placer le Maroc sur une trajectoire de croissance plus forte, plus inclusive, et plus durable. »

Outre des réformes en cours dans les domaines de la protection sociale, des entreprises publiques et du système éducatif, les réformes envisagées permettraient d’améliorer la concurrence, de renforcer la compétitivité du pays, d’encourager la croissance de l’économie formelle, et d’inspirer davantage confiance dans le secteur public et le système judiciaire.

Reste au gouvernement à fixer les priorités et à définir un calendrier, car il semble impossible de tout financer en même temps.

@LS

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