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Le Kenya maintient sa faible taxe sur les services numériques

Le Kenya maintient sa faible taxe sur les services numériques
  • Publiéavril 30, 2024

L’OCDE cherche à empêcher les entreprises technologiques de profiter des failles créées par les juridictions à faible taux d’imposition. Le Kenya n’a pas cédé aux pressions.

 

Le gouvernement kenyan a confirmé qu’il maintiendrait sa taxe sur les services numériques de 1,5 % sur les géants multinationaux de la technologie, malgré les pressions exercées par l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) pour que les pays adhèrent à son initiative d’impôt minimum mondial, alors que Nairobi poursuit ses efforts pour attirer des niveaux plus élevés d’investissements dans le domaine de la technologie.

« Le Kenya a démontré qu’il pouvait adopter très rapidement les nouvelles technologies et le marché est clairement demandeur de nouvelles solutions technologiques. L’industrie technologique jouera un rôle important dans l’économie kenyane à l’avenir. »

La taxe kényane sur les services numériques est entrée en vigueur en janvier 2021, le gouvernement ayant opté pour un régime de faible imposition afin d’encourager les géants de la technologie, tels que Google, Amazon et Microsoft, à investir dans ce pays d’Afrique de l’Est.

Depuis lors, le Kenya a fait des progrès pour devenir le principal centre technologique de l’Afrique, Google ayant annoncé en 2022 qu’il ouvrirait son premier centre d’innovation africain à Nairobi.

Toutefois, l’OCDE s’est efforcée d’empêcher les entreprises technologiques de profiter des lacunes créées par les juridictions à faible taux d’imposition. Les grandes économies affirment que les entreprises technologiques pouvaient faire transiter leurs bénéfices par des pays tels que le Kenya afin d’éviter de payer des impôts dans des pays où la fiscalité est plus élevée. L’OCDE estime que son initiative sur l’impôt minimum permettra de taxer 125 milliards de dollars supplémentaires de bénéfices multinationaux dans les pays membres de l’OCDE.

C’est en partie à cause de cette pression mondiale que le président William Ruto avait déclaré, en 2023, que le Kenya rejoindrait l’initiative de l’OCDE, mais le gouvernement est revenu sur sa décision.

Rotimi Ogunyemi, avocat spécialisé dans les technologies, explique à African Business que la taxe de 1,5 % résulte de la crainte qu’« un régime fiscal rigoureux ne décourage les nouveaux entrants sur le marché mondial ou ne conduise au retrait des fournisseurs de services mondiaux existants du marché local ».

 

Attirer les investisseurs étrangers

L’expert note également que le Kenya « doit prendre en compte les défis liés à l’équilibre entre les intérêts nationaux et les efforts de coordination fiscale au niveau mondial » et déclare qu’il considère que « la souveraineté en matière de politique fiscale est centrale ».

Jared Osoro, économiste basé à Nairobi, estime que « les régimes fiscaux ne peuvent à eux seuls inciter suffisamment les entreprises technologiques internationales à investir au Kenya », et soutient que le gouvernement devrait se pencher beaucoup plus largement sur le paysage commercial.

« La facilité de faire des affaires est très importante. Nous avons connu des cas où, indépendamment du régime fiscal en vigueur, un certain nombre d’entreprises internationales ont quitté le marché en raison du régime bureaucratique et du coût trop élevé de l’activité commerciale » », déclare-t-il. « Le gouvernement devrait s’efforcer de réduire le coût de l’activité pour attirer les investisseurs étrangers. »

Jared Osoro ajoute que malgré les politiques de faible imposition actuellement menées par le gouvernement kenyan, de nombreuses entreprises multinationales sont actuellement confrontées à un environnement macroéconomique délicat au Kenya, ce qui peut décourager les investissements. La volatilité du shilling kényan est l’un des facteurs qu’il cite et qui peut poser problème aux flux d’investissements étrangers.

Malgré ces problèmes et la controverse sur la taxe sur les services numériques au Kenya, nos deux interlocuteurs se montrent optimistes, jugeant que l’industrie technologique kenyane est sur la bonne voie.

« Je pense que les entreprises technologiques ont envie d’investir au Kenya », considère Jared Osoro. « Le Kenya a démontré qu’il pouvait adopter très rapidement les nouvelles technologies et le marché est clairement demandeur de nouvelles solutions technologiques. L’industrie technologique jouera un rôle important dans l’économie kenyane à l’avenir. »

@AB

Écrit par
Harry Clynch

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