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African Business

Le Kenya bientôt débarrassé des criquets pèlerins, selon la FAO

La lutte contre les criquets pèlerins porte ses fruits. Selon la FAO, les deux comtés du Kenya devraient s’en débarrasser dans les trois semaines. Les progrès sont flagrants dans la Corne de l’Afrique et l’Ouest du continent peut mieux se préparer.

Par Kimberly Adams

Le Kenya et les autres pays de la Corne de l’Afrique ont réalisé « des progrès majeurs » dans la lutte contre les criquets pèlerins, a déclaré Cyril Ferrand. Le chef de l’équipe Résilience pour l’Afrique de l’Est de la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) considère que le Kenya devrait être bientôt débarrassé de cette invasion dévastatrice.

La FAO et ses partenaires ont la mise en œuvre de « solides mesures » pour y faire face. Ce communiqué plutôt rassurant et volontariste de la FAO intervient alors que beaucoup s’inquiètent d’une nouvelle invasion de ces nuisibles, dont la reproduction a été favorisée par les pluies du printemps.

Les fonds de l’aide internationale transitent par la FAO qui les distribue ensuite aux gouvernements et partenaires qui luttent dans les pays touchés. Surveillance, coordination, assistance technique et équipement matériel sont ainsi déployés sur le terrain.

Selon la FAO, seuls deux des 29 comtés du Kenya qui ont été infestés de criquets pèlerins en février 2020 en comptent encore. « Dans les prochains jours, l’invasion ne concernera plus qu’un comté et d’ici le début septembre, le Kenya devrait être entièrement débarrassé des infestations de grande échelle », a précisé Cyril Ferrand dans un communiqué publié à Nairobi.

Néanmoins, si la FAO combattait « avec succès » la seconde génération de criquets pèlerins, la menace d’une potentielle invasion ultérieure vers la fin de l’année « appelle à une surveillance renforcée ».

Ainsi, l’Éthiopie est-elle toujours aux prises avec la seconde génération de nuisibles et est-elle partiellement infestée par des essaims venus du Kenya. Selon Cyril Ferrand, au premier semestre 2020, la FAO et les gouvernements régionaux ont protégé près de 600 000 hectares des criquets pèlerins.

Au 6 août, « nous avons tué plus de 400 milliards de criquets pèlerins dans la région entière. C’est vraiment énorme. Ce sont 400 à 500 milliards de criquets qui n’ont pas pu endommager des cultures et des pâturages. » Les greniers kényans ont été épargnés grâce à de solides mesures de contrôle.

Les criquets ont trouvé de bons emplacements pour se reproduire et l’on constate beaucoup de dégâts dans les zones pastorales et agro-pastorales. « Nous évaluons toujours les dommages mais nous avons remarqué que la santé du bétail était anormalement mauvaise dans les zones où les criquets pèlerins sont présents. »

Par exemple, dans le comté de Turkana (nord du Kenya), des baisses de 15% à 20% du rendement sont signalées sur les cultures de sorgho, du fait de l’arrivée de ces nuisibles.

Soutien européen

« Les multiples couches de menaces auxquelles sont confrontées ces communautés constituent une préoccupation majeure et une source de grave insécurité alimentaire dans la région », a conclu le responsable de la FAO.

Cette menace des criquets pèlerins s’ajoute aux maux actuels de l’Afrique de l’Est et du Centre. Début août, l’UE (Union européenne) a accordé 15 millions d’euros (près d’un milliard de F.CFA) afin d’appuyer la lutte sur le terrain de la FAO et de ses partenaires contre ce fléau.

 « Je tiens à remercier l’Union européenne pour sa généreuse contribution et son soutien renouvelé », a commenté Qu Dongyu, directeur général de la FAO.  Qui considère que « la lutte contre le criquet pèlerin est un combat de longue haleine qui est loin d’être terminé. Il est essentiel de ne pas relâcher l’effort si nous voulons contenir la menace que ces nuisibles représentent pour les cultures ».

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De son côté Jutta Urpilainen, commissaire de l’UE aux partenariats internationaux, explique sa démarche. « Nos amis et partenaires de la Corne de l’Afrique ont subi les conséquences catastrophiques de la résurgence de criquets pèlerins sur leurs moyens de subsistance et leur sécurité alimentaire. » La situation a été aggravée par la pandémie de coronavirus « qui a rendu les interventions encore plus difficiles ». L’UE avait déjà versé en février 2020, 11 millions d’euros pour cette cause.

Le Royaume-Uni n’est pas en reste. Le pays a versé, courant juillet, quelque 17 millions de livres sterling (environ 1,2 milliard de F.CFA), via l’agence chargée du développement international, le DFID.

 Nous remercions une fois de plus le Royaume-Uni pour son soutien sans faille, qui contribuera grandement à nous aider à préserver la sécurité alimentaire et les moyens d’existence d’agriculteurs vulnérables et de leurs familles en Afrique et en Asie, face à la menace acridienne », avait salué Qu Dongyu. 

Ces contributions permettront de renforcer l’action en Afrique de l’Est, au Yemen ainsi qu’en Asie du Sud-Ouest. Pour le directeur général de la FAO, les actions entreprises et les succès engagés « permettent aussi à l’Afrique de l’Ouest de se préparer à une potentielle invasion du nuisible ».

Une organisation bien rodée

En outre, révèle la FAO, le DFID a mobilisé 1 million de sterling supplémentaires en faveur de plusieurs institutions, dont l’université de Cambridge. « Il s’agit de mettre au point les outils, les technologies et les partenariats qui permettront de mener des activités de surveillance, de prévision et d’alerte précoce efficaces dans le domaine des organismes nuisibles. »

Les fonds de l’aide internationale transitent par l’organisation de l’ONU qui les distribue ensuite aux gouvernements et partenaires qui luttent dans les pays concernés. Surveillance, coordination, assistance technique et équipement matériel sont ainsi déployés sur le terrain.

L’Organisation fournit également aux agriculteurs des kits de moyens d’existence, donne des aliments destinés au bétail affamé, auquel des soins vétérinaires sont dispensés, et verse des aides en espèces et fournit des intrants agricoles aux familles qui ont perdu leurs récoltes, afin que celles-ci puissent se nourrir.

Sachant qu’un essaim de 1 km² est capable de dévorer en une journée la quantité de nourriture nécessaire pour nourrir 35 000 personnes, « le ravageur fait peser une menace sans précédent sur la sécurité alimentaire immédiate et la résilience à long terme de millions d’agriculteurs et de bergers vulnérables », informe la FAO.

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