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Le gaz naturel, un élément de solution aux problèmes climatiques

Le gaz naturel, un élément de solution aux problèmes climatiques
  • Publiéjanvier 3, 2024

L’Afrique développe de nombreux projets dans le gaz naturel. Si cette production non durable ne va pas dans le sens de la transition énergétique, elle offre davantage de garanties de décarbonation et de richesses que d’autres ressources telles que le charbon.

 

L’année 2024 paraît riche pour l’industrie du GNL (Gaz naturel liquéfié) dans un continent à la recherche de l’équilibre entre transition énergétique et exploitation raisonnée de ses ressources naturelles. À cet égard, un projet de développement de GNL, récemment signé dans la province sud-africaine de Mpumalanga, constitue « une étape prometteuse sur le long chemin de la transition énergétique juste », juge NJ Ayuk, de la Chambre africaine de l’Énergie (AEC) sur son blog.

Ce projet sud-africain est développé conjointement par la société australienne Kinetic Energy et l’Industrial Corporation of South Africa (IDC), une institution nationale de financement du développement. Tirant parti d’une découverte de 3,1 milliards de pieds cubes de gaz naturel, il  devrait produire 50 mégawatts (MW) d’énergie équivalente et s’étendre à terme à 500 MW.

L’Afrique détient un fort potentiel de gaz naturel et qu’elle est en mesure non seulement d’augmenter sa production, mais aussi de tirer parti du marché mal desservi du GNL et de répondre à la demande constante de l’Europe.

Tout cela intervient alors que l’Afrique du Sud, à l’image d’autres pays africains, s’efforce de développer ses activités pétrolières et gazières afin de réduire sa dépendance au charbon et d’ouvrir la voie à une éventuelle décarbonisation. C’est pourquoi la production de gaz naturel est en hausse, tant au niveau mondial qu’en Afrique.

« Les opérateurs en amont sont en train de réviser leurs stratégies et d’aligner leurs investissements futurs sur la transition énergétique, et le gaz naturel est considéré comme un carburant de transition », note le rapport 2024 consacré aux prévisions de l’AEC.

Malgré les appels des organisations environnementales et des pays riches à cesser d’investir dans les projets pétroliers et gaziers africains, de nombreuses entreprises opérant actuellement en Afrique semblent reconnaître la valeur du gaz naturel en tant que combustible de transition, observe NJ Ayuk, en bon lobbyiste du secteur. Selon lui, « la solution à la crise climatique a trop longtemps été simplifiée à l’extrême : la décarbonisation n’est pas un objectif qui peut être atteint du jour au lendemain, ni sans construire d’abord l’infrastructure nécessaire pour soutenir le développement des énergies renouvelables ».

 

Vers un système plus durable ?

Si cette tâche est relativement simple pour les pays occidentaux, il n’en va pas de même pour les pays africains, qui ont longtemps manqué des mêmes opportunités de développement et doivent maintenant rattraper leur retard à un rythme accéléré.

Face aux besoins de l’Afrique, à la faiblesse des aides occidentales, ce sont aux Africains eux-mêmes de fournir la plus grande partie des capitaux et construire les infrastructures. Or, cela ne peut se réaliser sans l’exploitation des ressources naturelles, le gaz naturel étant la plus vitale d’entre elles. Ses propriétés de combustion plus propre que le pétrole et le charbon, son abondance, sa facilité de stockage et de transport, et ses applications dans la fabrication et la synthèse font du gaz naturel la meilleure option pour les Africains pour établir la sécurité énergétique et réaliser la décarbonisation.

Gisement offshore de gaz naturel au large de l'Angola.
Gisement offshore de gaz naturel au large de l’Angola.

 

Cette préoccupation rejoint celle des groupes privés, qui préparent la transition énergétique tout en poursuivant des activités dans l’exploitation des énergies fossiles.

Par exemple, après la découverte de deux énormes gisements de gaz en Afrique du Sud en 2019 et 2020, TotalEnergies poursuit ses efforts d’exploration et de production dans ce pays, en dépit des oppositions. La compagnie française mène également le projet Mozambique LNG, considéré comme l’un des plus importants développements en matière d’hydrocarbures en Afrique.

De son côté, l’indépendant allemand Wintershall Dea augmente de 4,5 % sa participation dans le projet de gaz naturel Reggane Nord en Algérie. La société prévoit une première production de gaz avec ses partenaires dans le delta du Nil onshore, au début de l’automne.

« À première vue, il semblerait que l’industrie du gaz et du pétrole fasse simplement partie du problème climatique, mais elle fera également partie de la solution », juge Dawn Summers, PDG de Wintershall Dea. Et d’argumenter : « Si le gaz était utilisé à la place du charbon, les émissions de CO2 diminueraient immédiatement, de près de la moitié. Aujourd’hui, nous diminuons l’impact environnemental de nos activités dans le monde entier en réduisant considérablement nos émissions de méthane. En outre, grâce à des technologies telles que le stockage du CO2 et la production d’hydrogène, nous aidons d’autres secteurs à se décarboniser, et nous entendons exploiter notre expertise pour faire en sorte que le futur système énergétique soit plus durable. »

Africa Energy Chamber rapport 2024Le rapport de l’AEC constate que l’Afrique détient un fort potentiel de gaz naturel et qu’elle est en mesure non seulement d’augmenter sa production, mais aussi de tirer parti du marché mal desservi du GNL et de répondre à la demande constante de l’Europe. Les estimations montrent une augmentation de la production de gaz naturel de l’Afrique d’environ 265 milliards de mètres cubes (mmc) en 2023 à plus de 280 mmc en 2025.

L’Afrique du Nord est actuellement à l’origine de la majorité de la production du continent, mais sa production devrait rester stable jusqu’à la fin des années 2020. La production devrait augmenter au cours de la seconde moitié de la décennie, le Mozambique augmentant sa production de GNL. Cette tendance à l’augmentation de la production s’accentuera avec la mise en service de nouvelles installations gazières dans le reste du continent, révèle NJ Ayuk.

Le Nigeria et l’Algérie, quant à eux, devraient se concentrer davantage sur les exportations de GNL, avec des flux supplémentaires en provenance de l’Égypte, de la Guinée équatoriale, du Mozambique et des eaux au large du Sénégal et de la Mauritanie.

@AB

Écrit par
Laurent Soucaille

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