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Le Gabon peut améliorer sa croissance potentielle

Le Gabon peut améliorer sa croissance potentielle
  • Publiéfévrier 19, 2024

Selon le FMI, le Gabon est en mesure d’améliorer la performance attendue en 2024 et 2025 (+3% de croissance) en poursuivant le travail entamé en matière de gouvernance et de diversification.

 

Le FMI (Fonds monétaire international) a effectué sa première mission au Gabon depuis le coup d’État militaire du 30 août 2023. L’objectif de cette mission était d’évaluer la situation financière et économique actuelle du pays. Pour l’institution financière, il s’agissait essentiellement de faire le tour des défis à court terme auxquels fait face le Gabon : renforcer la transparence et la gouvernance, relancer la croissance économique et stabiliser la situation budgétaire.

Sur le plan conjoncturel, les signaux s’améliorent : l’économie s’est remise de multiples chocs ayant frappé le monde et le Gabon, constate le FMI ; le pays devrait afficher une croissance de l’ordre de 3% en 2024 et en 2025, pour une inflation inférieure au plafond régional de 3 %.

Ces arbitrages difficiles peuvent être atténués en mettant l’accent sur les investissements à fort impact et à faible risque qui éliminent les obstacles à la croissance, sur les dépenses sociales, et sur l’élargissement de l’assiette fiscale.

Néanmoins, dans un contexte politique particulier, le pays devra poursuivre ses efforts « sans relâche » afin de renforcer la transparence et la gestion des finances publiques. L’institution invite à mettre l’accent sur la correction des déséquilibres budgétaires afin de ramener les déficits à des niveaux finançables et freiner l’augmentation de la dette.

Le Gabon est confronté à des défis importants, dont la baisse de la production pétrolière, la stagnation du revenu par habitant, un taux de chômage élevé, une faible gouvernance et une situation budgétaire fragile.

Dans ce contexte, les services du FMI ont salué « les premières mesures » prises par les autorités de la Transition en vue d’une plus grande transparence et d’un renforcement de la gestion des finances publiques qui témoignent clairement de leur volonté de relever ces défis. « Toutefois, des mesures plus vigoureuses sont nécessaires pour assurer la viabilité de la situation budgétaire, intensifier les réformes en matière de transparence et relancer la croissance. »

 

Poursuivre les réformes

Après un ralentissement en 2023, la croissance devrait donc s’accélérer ces deux prochaines années, grâce au dynamisme du secteur non pétrolier. À moyen terme, toutefois, la croissance se stabiliserait légèrement en dessous de ce niveau ; ce qui serait insuffisant pour augmenter significativement le revenu par habitant, prévient le FMI. C’est pourquoi « la croissance potentielle » dépendra fortement de la mise en œuvre des réformes qui s’imposent.

Une vue de Libreville.
Une vue de Libreville.

 

Un bon point, donc : l’inflation n’a pas de raison de quitter son étiage de 3 %, sauf nouveau choc. La croissance du crédit, financée par l’augmentation des dépôts, est forte malgré le resserrement de la politique monétaire régionale. Après un fort excédent ces dernières années grâce à la hausse des prix des matières premières, le solde du compte courant devrait diminuer progressivement à moyen terme en raison de la baisse des recettes pétrolières, juge le gouvernement gabonais.

Et le FMI d’insister : « Les réformes en matière de transparence et de gouvernance, dont certaines ont déjà été engagées par les autorités, devraient se poursuivre parce qu’elles seront essentielles pour relever les défis économiques. »

Ces efforts devraient inclure notamment un inventaire de tous les flux, actifs et passifs (directs et contingents) de l’État ; un reporting exhaustif de la situation des finances et des entreprises publiques ; la publication, selon les dispositions légales en vigueur, des rapports réalisés par l’auditeur externe du gouvernement. Et « surtout », la publication des contrats pétroliers et miniers.

 

Des arbitrages délicats

Le FMI reconnaît que le nouveau gouvernement du Gabon a hérité d’une situation budgétaire « difficile ». En 2022 et 2023, les dépenses liées aux élections ont creusé le déficit non pétrolier qui est passé à deux chiffres en pourcentage du PIB hors pétrolier, et a été financé en partie par une accumulation substantielle d’arriérés. En l’absence d’un ajustement budgétaire immédiat, les niveaux de déficit pour 2024 et 2025 pourraient être difficiles à financer dans l’environnement financier mondial actuellement sous tension, et la dette publique continuerait à croitre.

Cela étant, l’institution de Washington reconnaît « la nécessité d’améliorer les conditions de vie de la population et de stimuler la croissance ». Ce qui exigera une priorisation des besoins en matière de dépenses et une relance des efforts de mobilisation des recettes, compte tenu des fortes contraintes budgétaires. Ces arbitrages difficiles peuvent être atténués en mettant l’accent sur les investissements à fort impact et à faible risque qui éliminent les obstacles à la croissance, sur les dépenses sociales, et sur l’élargissement de l’assiette fiscale.

Les autorités gabonaises ont entamé des réformes visant à améliorer la gestion des finances publiques. La centralisation de toutes les ressources et de tous les paiements dans le Compte Unique du Trésor et une gestion prudente de la liquidité, la mise en place d’un cadre réglementaire pour la gouvernance et le contrôle des entreprises publiques, ainsi qu’une meilleure gestion des processus d’investissement public figurent parmi les réformes qui devraient aussi produire des effets importants, juge le FMI. Certaines d’entre elles ont déjà été lancées.

@AB

Écrit par
Aude Darc

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