Close
Avez-vous trouvé cet article intéressant?

African Business

Le G20 suspend la dette des pays pauvres

Les ministres des Finances et les banquiers centraux du groupe G20 ont décidé, à l’issue d’une réunion virtuelle le mercredi 15 avril, de donner leur feu vert à une suspension provisoire du service de la dette des pays les plus pauvres.

Par Laurent Soucaille 

Une quarantaine de pays d’Afrique subsaharienne seraient concernés par la décision du G20, le groupe des pays les plus riches de la planète. « Nous nous sommes mis d’accord sur une approche coordonnée avec un échéancier commun fournissant les principales caractéristiques de cette initiative de suspension du service de la dette », écrivent les membres du G20 dans un communiqué.

Le ministre français des Finances, Bruno Le Maire, salue sur Twitter « les décisions historiques du G20 qui mobilise des ressources exceptionnelles pour aider les pays les plus vulnérables confrontés au Covid-19 ». 

Lequel a été publié à l’issue de leur échange en visioconférence consacré à la pandémie de coronavirus, qui a contaminé, à ce jour, plus de deux millions de personnes dans le monde.

« Cette suspension du service de la dette prend effet immédiatement », a déclaré Mohammed al-Jadaan, le ministre des Finances d’Arabie Saoudite.  

« C’est une annonce vraiment importante, qui signifie que les pays pauvres n’ont pas besoin de s’inquiéter de faire face à leurs échéances au cours des douze prochains mois », a-t-il ajouté, précisant  que « cette décision libère des milliards de dollars de la part des créanciers bilatéraux publics, donnant à ces pays des marges de manœuvre pour rapidement répondre à la crise », explique-t-on au ministère français des Finances.

Tous les créanciers publics bilatéraux participeront à cette initiative de suspension de la dette, précisent les ministres et banquiers centraux du G20, dont font partie entre autres la France, les États-Unis, la Chine et la Russie.

A LIRE EGALEMENT 

Covid-19 : Le président Emmanuel Macron propose un Plan en quatre axes pour aider l’Afrique

Ils appellent dans le même temps les créanciers privés à s’accorder sur une initiative sur des termes comparables, et demandent aux banques multilatérales de développement d’étudier les moyens de suspendre le service de la dette. Ce moratoire durera jusqu’à fin 2020 mais la question d’une éventuelle prolongation sera examinée d’ici la fin de l’année, ajoutent les signataires du communiqué. La Banque mondiale et le Fonds monétaire international se sont officiellement réjouis de cette décision.

Félicitations unanimes du côté des politiques

L’idée d’un moratoire sur la dette des pays les plus pauvres avait déjà reçu le soutien des pays du G7 mardi, mais ces derniers avaient prévenu qu’ils attendaient l’aval de d’autres pays du G20, dont la Chine, principal pays créancier de l’Afrique, en accord avec le groupe de créanciers du Club de Paris.

Selon la France, 76 pays – dont une quarantaine situés en Afrique subsaharienne – sont éligibles à ce moratoire qui pourrait concerner un total de 20 milliards de dollars en 2020, avec les créanciers privés, et 12 milliards supplémentaires en ajoutant les bailleurs de fonds multilatéraux (Banque mondiale, banques de développement, etc.)

Dans une interview diffusée mercredi matin sur RFI, Emmanuel Macron avait défendu ce moratoire à même selon lui de laisser « les économies africaines respirer » le temps de la crise engendrée par l’épidémie.

« C’est une étape indispensable et je pense que c’est une formidable avancée », a déclaré le président français. « Maintenant, elle doit précéder d’autres étapes sur lesquelles nous devons travailler, qui sont des étapes de restructuration de la dette africaine. »

Le ministre français des Finances, Bruno Le Maire, salue sur Twitter les « décisions historiques du G20 qui mobilise des ressources exceptionnelles pour aider les pays les plus vulnérables confrontés au Covid-19 ». La suspension du service de la dette des pays les plus pauvres constitue « une avancée majeure ».

De son côté, le ministre allemand des Finances a salué « un acte de solidarité internationale de portée historique ». Selon Olaf Scholz, les pays créditeurs laissent « ainsi aux pays concernés de grandes marges de manœuvre financières pour investir dans la protection sanitaire de leurs populations, immédiatement, sans examen long au cas par cas ».

A LIRE AUSSI

Covid-19 : Le FMI en soutien à 19 pays africains

Du côté des ONG, on salue cette décision du G20 mais on fait observer qu’un « gel » de la dette ne fait que repousser l’échéance d’un an et beaucoup réclament des annulations franches.

Qu’en sera-t-il si les pays pauvres doivent reprendre les remboursements en 2021, avec, de plus, un an supplémentaire d’intérêts à verser ? On s’oriente vers des négociations « au cas par cas » d’ici la fin de l’année, suggère le ministre Bruno Le Maire.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Related Posts

Share This