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African Business

Le Congo soigne sa forêt

Financée par le groupe Total, une forêt de 40 000 hectares sera plantée en République du Congo. Il faut capturer davantage de CO2 et favoriser une industrie du bois durable. L’État reboise également des zones menacées par l’érosion aux portes de Brazzaville.

Par Laurent Soucaille

Convoitée, exploitée par les industries du bois, les activités pétrolières, la forêt du Congo est souvent dégradée. Pour y remédier, le pays poursuit sa politique de reboisement. Il vient ainsi de signer avec Total et Forêt Ressources Management un partenariat pour une opération de boisement de grande ampleur : la plantation d’une nouvelle forêt de 40 000 hectares sur les plateaux Batéké. La forêt plantée constituera un puits de carbone de plus de 10 millions de tonnes de CO2 séquestrées sur vingt ans.

Le Programme national d’afforestation et de reboisement lancé en 2011 vise à augmenter la superficie forestière nationale et à accroître le stockage du carbone. Il participe de la diversification de l’économie et de l’émergence une économie verte au Congo.

L’opération, financée par Total, inclut des cultures agroforestières développées avec les populations pour des productions agricoles et de bois énergie durable. À l’horizon 2040, l’exploitation responsable, en futaie jardinée (traitement des forêts qui vise à imiter la nature en mélangeant pied-à-pied plusieurs espèces, d’âges différents), favorisera la régénération naturelle d’essences locales et alimentera Brazzaville et Kinshasa en sciages et contreplaqués.

« Avec ce projet, Total s’engage dans le développement de puits naturels de carbone en Afrique », commente Nicolas Terras, directeur Afrique du groupe pétrolier. Selon lui, ces activités complètent les actions prioritaires prises « pour d’abord éviter puis réduire les émissions, conformément à l’ambition d’atteindre la neutralité carbone en 2050 ». De plus, ces plantations contribuent à mettre en valeur le potentiel naturel du Congo.

De son côté, Adrien Henry, directeur des Solutions nature chez Total, entend développer de tels projets avec des partenaires reconnus, « en dialogue avec les territoires, afin d’ancrer notre engagement dans le temps long et de contribuer au développement local ».

Une action « ambitieuse et exemplaire »

L’opération est conçue pour produire de multiples bénéfices sociaux, économiques et environnementaux. La plantation d’Acacia mangium et auriculiformis sur des plateaux sableux exposés à des feux de brousse récurrents va créer un environnement forestier qui permettra, à terme, d’accroître la biodiversité des écosystèmes. Ces activités, créatrices d’emplois, impacteront positivement plusieurs milliers de personnes. Un fonds de développement soutiendra des actions au bénéfice des villages riverains dans les domaines de la santé, de la nutrition et de l’éducation.

« Les réserves foncières des plateaux Batéké au Congo sur plus de 10 millions d’hectares offrent un formidable moyen de lutte contre le changement climatique au niveau de la planète, et une opportunité de développement socio-économique durable unique pour le pays, dans des zones pourtant isolées », commente Bernard Cassagne, PDG de Forêt Ressources Management.  FRM est un acteur majeur de la filière bois, forêt et plantation agroforestière en Afrique. L’équipe d’ingénieurs a pour politique de tisser des liens solides avec les compagnies forestières, les industriels de la forêt et du bois, les autorités locales, la société civile et les bailleurs internationaux.

Rosalie Matondo, ministre de l’Économie forestière, salue l’initiative : « Cette action ambitieuse et exemplaire s’inscrit dans le cadre du Programme national d’afforestation et de reboisement lancé en 2011 pour augmenter la superficie forestière nationale et accroître la capacité de stockage de carbone. » Elle créera « de nouvelles filières pour la diversification de l’économie nationale et fera émerger une économie verte en République du Congo. »

Début mars, la ministre avait supervisé la plantation de 3 100 plants d’acacias, sur le site de Ngamakosso, victime d’une forte érosion. Ces arbres seront renforcés par des bambous de chine et du vétiver. L’objectif étant de stabiliser le sol à cet endroit afin de prévenir contre de nouveaux éboulements de sol et de sauvegarder le viaduc situé en aval, qui commençait à être englouti par le sable.

« Cette campagne se déroule sur instruction du chef de l’État et vise à prévenir contre l’avancée des érosions dans la ville de Brazzaville. Nous l’avions commencé ailleurs, et nous préconisons de couvrir toutes les zones érosives déjà identifiées. La même opération se poursuivra dans d’autres zones menacées par l’érosion », précisait alors Rosalie Matondo.

LS

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