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African Business

Le Congo prend le leadership du pétrole africain

La visite remarquée du secrétaire général de l’OPEP à Brazzaville a été l’occasion pour Mohammed Barkindo de vanter la place du Congo dans l’industrie pétrolière africaine, et pour le pays, de faire connaître quelques initiatives, notamment dans le gaz.

Par Marie-Anne Lubin

Le Congo Brazzaville a adhéré à l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) en 2018. Et en assurera la présidence en 2022, a révélé le secrétaire général de l’Organisation, au cours d’une visite de plusieurs jours dans le pays. Mohammed Barkindo a constaté « avec satisfaction » que les sociétés pétrolières continuent d’investir au Congo, permettant de rendre l’énergie accessible à tous.

Désormais, au sein de l’OPEP, sur quatorze membres permanents, sept sont africains. À savoir le Gabon, l’Angola, le Nigeria, l’Algérie, la Guinée équatoriale, la Libye et le Congo. Ce dernier assurera la présidence de l’organisation en 2022.

Saluant d’ailleurs le caractère « panafricain » du pays, le secrétaire général s’est engagé pour que le continent africain tienne les engagements en matière d’Objectifs de développement durable. « Le futur du secteur pétrolier demeure très prometteur, les hydrocarbures continueront à demeurer la source principale pour les énergies du futur, car elles vont contribuer pour environ 53% du panier énergétique d’ici à 2045. »

Aujourd’hui, la situation n’est guère enviable, a-t-il reconnu. Plus de 600 millions d’Africains n’ont pas accès à l’électricité malgré les ressources considérables du continent, et 900 millions n’ont pas accès au gaz combustible. « La pauvreté énergétique est le revers de la médaille du changement climatique », a expliqué Mohammed Barkindo qui considère que l’OPEP devra davantage insister sur ces problématiques, à l’avenir.

En écho, le nouveau ministre des Hydrocarbures, Bruno Jean Richard Itoua, a souhaité que l’énergie moderne durable soit accessible à tous les Congolais. Il considère que le gaz devrait contribuer à l’« autonomie totale en matière d’électricité d’un pays ». Justement, a-t-il annoncé, parmi les axes nouveaux du Congo, figure la constitution d’un « pôle gazier ». Avec l’appui de l’OPEP, une société pétrolière va tout prochainement lancer un projet GPL (gaz de pétrole liquéfié).

Cette visite coïncide avec la rédaction, au Congo Brazzaville, d’un nouveau Code des Hydrocarbures. Une manière d’affirmer ou plutôt de réaffirmer divers objectifs stratégiques nationaux et des engagements politiques forts pour améliorer la place du pays dans la chaîne de valeur pétrolière.

Réussir la transition énergétique

« Il faut que nous nous réunissions pour avoir une vision commune de ce que sera le monde post Covid-19, afin de pouvoir définir les grandes lignes de la politique énergétique pétrolière pour les années à venir. Cela nécessite un effort commun », a souligné Mohammed Barkindo. Le représentant de l’OPEP considère que la transition énergétique implique la présence de nombreux acteurs, afin de pouvoir définir la stratégie la plus complète et la plus inclusive à mettre en place.

En plus de mettre en valeur le rôle que jouera l’OPEP dans le pays, la visite de Mohammed Barkindo permet d’encourager le secteur pétrolier du Congo et de positionner davantage le pays en tant qu’exportateur de pétrole et de gaz et concurrent de taille mondiale. Sur le chapitre des exportations, notamment dans le gaz, le ministre Bruno Jean Richard Itoua a rappelé qu’elles devaient se dérouler en concertation avec toutes les parties prenantes, privées et publiques.

Le Congo serait le plus grand producteur de pétrole brut en Afrique subsaharienne, avec des réserves prouvées estimées à 2,9 milliards de barils. Le pays accueille le siège social de l’Organisation des producteurs de pétrole africains (APPO).

Le pays a fait de grands pas pour étendre de façon significative ses explorations et productions avec des efforts accélérés faits par les compagnies telles que TotalEnergies, Chevron, Perenco, Eni et Lukoil. Avec une production actuelle estimée à 336 000 barils par jour et les objectifs gouvernementaux d’augmenter considérablement ce chiffre, le Congo encourage davantage de participations locale et internationale, aussi bien en amont qu’en aval de l’industrie, encourageant particulièrement les projets de valorisation de gaz.

« Avec son importante base de ressources, un agenda des parties prenantes unifié, un cadre réglementaire progressif, le Congo est en train de faire de très grands progrès dans la création d’un impressionnant marché des hydrocarbures », commente NJ Ayuk, président de la Chambre africaine de l’Énergie.  « Le Congo a un rôle essentiel à jouer dans l’industrie de l’énergie mondiale et l’OPEP prévoit de souligner cela et de l’encourager. »

Malu

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