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African Business

Le Congo planifie son avenir

Le Congo souhaite se doter d’une feuille de route spécifique, Congo vision 2048, afin d’orienter ses politiques futures et la nécessaire diversification de son économie. Il doit être conforme aux engagements pris avec les organisations internationales.

Par Laurent Soucaille

Le Congo entend se doter d’une vision nouvelle pour les décennies à venir. Le pays entame la rédaction d’un nouvel outil de planification à long terme, appelé « Congo vision 2048 », censé orienter les initiatives publiques du futur. Des cadres sectoriels se sont réunis, le 11 mars à Brazzaville, pour enrichir le projet du document prospectif.

« Il faudra investir davantage dans la recherche, le développement de l’innovation, avec une étroite collaboration entre le secteur public et le secteur privé et d’un leadership à tous les niveaux. »

Pour l’heure, le processus de validation du projet de document de formulation n’en est qu’à sa phase technique. Après son adoption par une commission restreinte, au bout de quelques jours, les participants vont examiner en détail les principales composantes, leur faisabilité et leurs tranches de mise en œuvre.

Lançant les travaux des experts, la ministre du Plan, de la statistique et de l’intégration régionale, Ingrid Olga Ghislaine Ebouka-Babackas, a expliqué l’intérêt d’une telle « boussole » de développement durable.

Le futur document de prospective « Congo vision 2048 », d’après le ministère, permettra de mobiliser davantage les ressources nécessaires à l’atteinte des objectifs fixés, de lutter contre les défaillances du marché, grâce à une affectation rationnelle des ressources limitées aux priorités de développement.

Les exemples de réussite d’une telle gouvernance sont nombreux, a expliqué la ministre : « Des pays comme la Malaisie, la Corée, Singapour, ont réalisé une profonde transformation structurelle de leur économie qui a entraîné une croissance soutenue, grâce à une planification rigoureuse étalée sur trois décennies. De plus, les plans de développement à long terme sont un puissant moyen de susciter l’afflux massif d’investissements directs étrangers.»

En effet, le gouvernement mise ainsi sur une forte adhésion des acteurs du monde économique, de la société civile, mais surtout des partenaires au développement et des agences onusiennes.

Selon Ingrid Ebouka Babackas, le document « Congo vision 2048 » est conforme à l’agenda 2063 de l’Union africaine et aux Objectifs de développement durable des Nations unies.

Justement, les partenaires onusiens, à travers la Commission économique pour l’Afrique, ont accepté d’accompagner le gouvernement, mais ont rappelé le rôle de l’État à stimuler la croissance économique, la transformation structurelle de l’économie et de la société et l’amélioration du niveau de vie de la population.

Avec ce projet, la République du Congo prépare son dix-huitième document de prospective depuis 1961…

Ce document devrait servir de socle pour la mise en œuvre du Plan national de développement de la période en cours. « Il faudra investir davantage dans la recherche, le développement de l’innovation, avec une étroite collaboration entre le secteur public et le secteur privé et d’un leadership à tous les niveaux », a commenté Chris Mburu, coordonnateur résident des Nations unies au Congo. Avec ce projet, la République du Congo prépare son dix-huitième document de prospective depuis 1961…

ENCADRE

Cameroun et Congo reliés par la route

La route dite d’« Intégration », a été inaugurée, le 7 mars, par le chef de l’État congolais ; elle relie la localité de Ketta, au Congo, et le poste frontière de Ntam. Elle fait partie du corridor Brazzaville–Yaoundé. Le président Denis Sassou Nguesso a parcouru sans encombre les 63 kilomètres qui séparent la ville de Souanké et le poste frontalier de Ntam. « Le village que vous voyez de l’autre côté, c’est Ntam Cameroun. Et, nous étions tout à l’heure à Ntam Congo. Le Congo relié au Cameroun, nous y sommes ! », s’est réjoui le président congolais.

Après le Gabon en 2014, le Cameroun est le deuxième pays de la sous-région relié au Congo par une voie bitumée. Cette route d’intégration va désenclaver les localités du sud du Cameroun et celles du département frontalier de la Sangha, au Congo.

Cette voie de communication destinée au désenclavement de l’hinterland des deux pays a coûté 103 milliards de F.CFA (157 millions d’euros). La BAD (Banque africaine de développement) l’a préfinancée à 90%. Les travaux ont été réalisés par l’entreprise chinoise Sinohydro Tianjin Engineering Corporation.

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