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Le chemin essentiel de l’économie circulaire

Le chemin essentiel de l’économie circulaire
  • Publiédécembre 28, 2023

Si les pays africains ont vite pris conscience des atouts de l’économie circulaire, trop peu de secteurs d’activité sont fortement engagés dans cette voie. Au-delà de son attrait environnemental, elle représente une source de croissance durable et créatrice d’emplois.

 

L’un des grands rendez-vous de l’Afrique, en 2024, se tiendra à Bruxelles. Du 15 au 18 avril, la capitale de la Belgique accueillera le Forum mondial de l’économie circulaire. Une initiative de plusieurs organismes internationaux, dont l’ACEA, Alliance africaine pour l’économie circulaire. L’occasion de mieux faire connaître les techniques et procédés de production – et de consommation – écoresponsables dans différents secteurs comme la construction, le textile, l’alimentation.

De son côté, l’ACEA focalise son action sur cinq secteurs : l’alimentation, l’emballage, l’électronique, l’habillement, les bois de construction. Dans l’habillement, par exemple, le système actuel de production, de distribution et d’utilisation des vêtements fonctionne essentiellement selon le modèle « prendre-faire-jeter ». Une nouvelle économie textile, fondée sur les principes de l’économie circulaire, permettrait d’obtenir de meilleurs résultats.

« Nous devons renforcer les partenariats et les alliances afin de définir des objectifs communs et mobiliser les ressources nécessaires au financement de cette mise en œuvre. »

Le constat est là : l’industrie mondiale de la mode est responsable de 20 % des eaux usées mondiales ; 73 % des matériaux entrant dans le système de l’habillement sont perdus après l’utilisation finale du vêtement ; les communautés locales souffrent des mauvaises pratiques environnementales de l’industrie.

Toutefois, rappelle une note de la BAD (Banque africaine de développement) ; il ne faut pas s’en tenir au discours pessimiste : l’Afrique peut constituer un pôle d’opportunités pour lutter contre le changement climatique et l’économie circulaire est l’une des voies de son attractivité. En adoptant le concept de circularité, les pays africains peuvent réduire leur dépendance à l’égard des ressources limitées, diversifier leurs économies et créer de nouvelles perspectives d’emploi. En fin de compte, cela leur permettra de mieux résister aux chocs liés au climat, juge la BAD, qui cite des témoignages récents.

 

Promouvoir les chaînes de valeur régionales

La capacité de l’Afrique à exploiter les avantages économiques, sociaux et environnementaux de la circularité revêt une importance significative, non seulement pour le continent, mais aussi pour ses partenaires. La Finlande, par exemple, s’est imposée comme un défenseur de premier plan de la circularité en Afrique, en tant que l’un des premiers contributeurs au fonds ACEF aux côtés du Fonds nordique de développement (NDF). Le pays a également fait œuvre de pionnier en 2016 en devenant le premier pays à établir une feuille de route nationale complète sur l’économie circulaire.

Tuula Yrjola, ambassadrice de Finlande aux Émirats arabes unis, considère que le modèle d’économie circulaire pourrait permettre de dissocier la croissance économique de la consommation de ressources. À son sens, la promotion des chaînes de valeur régionales constitue une approche pratique pour atteindre les objectifs de l’accord de Paris.

L’économie circulaire peut contribuer de manière significative à l’action climatique en réduisant les émissions de gaz à effet de serre de 60 % d’ici à 2050, tout en permettant une transition vers des sources d’énergie durables et propres.  Elle offre une voie de transformation et d’innovation sociétale globale, avec un potentiel économique important pour la croissance verte.

En Afrique, l’économie circulaire représente un marché annuel d’environ huit milliards de dollars. L’« Afrique a de nombreuses possibilités non seulement de s’attaquer au changement climatique, mais aussi de se positionner comme une solution mondiale pour résoudre la crise climatique », considère Anthony Nyong, directeur du Département du changement climatique et de la croissance verte à la BAD.

 

Emmanuel Siakilo, conseiller principal en matière de changement climatique à la Commission de l’Union africaine, rappelle l’enjeu : « Si les déchets sont gérés dans tous les secteurs, il est clair que nous réduisons les discussions sur les défis majeurs qui affectent le monde aujourd’hui. »

 

L’engagement du Tchad

L’Afrique s’est dotée d’instruments pour parcourir la voie de l’économie circulaire. La Commission de l’Union africaine a élaboré le Plan d’action continental pour l’économie circulaire en Afrique, qui sert de feuille de route pour la transition vers un modèle circulaire. La BAD joue son rôle dans la promotion de la circularité par l’intermédiaire de l’ACEF, qui est actuellement le seul fonds fiduciaire multi-donateurs dédié à l’intégration de l’économie circulaire en Afrique. L’« ACEF, en collaboration avec l’ACEA, qui est dirigée par les pays africains, jouera un rôle essentiel dans la mise en œuvre du plan d’action continental pour la circularité », considère la BAD. 

Le Tchad est l’un des cinq pays, avec le Bénin, l’Éthiopie, le Cameroun et l’Ouganda, qui bénéficient du projet de feuille de route nationale sur l’économie circulaire de l’ACEF.

 

Mme Tchere, du ministère tchadien de l’Environnement, souligne la détermination des pays africains à progresser vers la circularité et les exigences qui en découlent : « Au Tchad, nous aspirons à établir une plateforme nationale qui favorise la collaboration entre les associations et les organisations à but non lucratif impliquées dans la circularité, ainsi que l’engagement de toutes les parties prenantes qui se consacrent à la lutte contre le changement climatique. En outre, nous recherchons activement de l’aide et des conseils pour assurer la réalisation de nos objectifs en matière de circularité. »

Toutefois, il reste encore beaucoup à faire en matière de soutien à la transition en Afrique, reconnaît Rose Mwebaza : « Nous devons renforcer les partenariats et les alliances afin de définir des objectifs communs et mobiliser les ressources nécessaires au financement de cette mise en œuvre. »

L’ACEF définit une approche en trois volets pour aider l’Afrique à tirer parti des possibilités offertes par la circularité. Cette approche comprend la création d’un environnement favorable par la mise en œuvre de feuilles de route pour l’économie circulaire, l’incitation aux initiatives d’économie circulaire par l’incubation d’entreprises, et le plaidoyer pour l’intégration de la circularité en Afrique par le biais d’une alliance multi-pays telle que l’ACEA.

 

AD, avec un compte rendu de la BAD.

@AB

 

Écrit par
Aude Darc

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