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African Business

Le cannabis, une niche touristique ?

Le cannabis, une niche touristique ?
  • Publiénovembre 3, 2023

L’Afrique du Sud pourrait devenir l’une des destinations phare des amateurs de cannabis dans le monde. Une industrie naissante qui semble avoir un partisan de poids, le président Cyril Ramaphosa lui-même.

 

Alors que de nouvelles lois menacent de faire disparaître Amsterdam en tant que principale destination mondiale des adeptes des « petits joints », « le tourisme du cannabis en Afrique du Sud est en passe de devenir un segment touristique de niche majeur pour le pays », déclare au magazine National Geographic l’universitaire Tafadzwa Matiza.

L’Afrique du Sud compte également un nombre croissant de circuits de découverte de la marijuana et de « Bud and breakfast », qui proposent à la fois un hébergement et du cannabis légal.

« Notre voisin immédiat, le Lesotho, a progressé à pas de géant dans l’industrialisation du cannabis, et les produits issus du chanvre et du cannabis sont très demandés dans le monde entier. »

La vente de tissus, de vêtements et de produits alimentaires à base de chanvre pourrait créer d’autres opportunités économiques.

L’Afrique du Sud est actuellement dans un flou juridique concernant le cannabis depuis qu’un arrêt de la Cour suprême l’a dépénalisé pour un usage personnel en 2018. Il est toujours illégal de l’utiliser en dehors de son logement privé ou de l’acheter et de le vendre, mais la police aurait reçu pour instruction de ne plus arrêter les personnes pour culture ou possession personnelle.

L’élaboration d’un projet de loi visant à clarifier la situation progresse lentement, mais le président Cyril Ramaphosa a promis, dans son discours sur l’État de la nation en février 2023, de créer « les conditions propices à la croissance du secteur ».

« Le ministère de l’Agriculture, de la réforme agraire et du développement rural et le ministère de la Santé se pencheront sur les conditions existantes pour la culture du chanvre et du cannabis afin d’autoriser la culture en plein air et la collecte des récoltes auprès des agriculteurs traditionnels. Cela permettra de débloquer une énorme énergie économique dans les zones rurales du pays, en particulier dans le Cap-Oriental, le KwaZulu-Natal et le Mpumalanga », a déclaré le Président.

Déjà, le Daily Maverick considère que l’industrie sud-africaine du tourisme du cannabis est « naissante », publiant un rapport sur les activités de la société High Holidaze, dont le site web se décrit comme « un tour-opérateur professionnel ayant une connaissance intime de Joburg et de ses environs, vous montrant le meilleur de ce que la ville a à offrir et vous apportant une expérience unique du cannabis ».

 

Attirer les jeunes

Bien sûr, « le tourisme lié au cannabis n’est pas du tout sur le radar du grand public », nuance David Frost, directeur général de l’Association du tourisme d’Afrique australe. « Il est une opportunité fantastique d’attirer le marché des jeunes, qui est potentiellement énorme. Nous devons créer de nouveaux segments pour soutenir notre destination et regagner la confiance des voyageurs long-courriers, en particulier depuis la pandémie. »

L’industrie sud-africaine du cannabis a été évaluée à 28 milliards de rands (1,5 milliard de dollars).

L’« Afrique est un leader de la production mondiale depuis plusieurs décennies. Elle dispose d’un énorme avantage comparatif, les plantes peuvent pousser en plein air, elles peuvent produire plusieurs récoltes par an », expliquait en 2022 à NewAfrican l’universitaire Chris Duvall, auteur de The African Roots of Marijuana (« Les racines africaines de la marijuana »).

« La main-d’œuvre agricole est bon marché. Les intrants sont relativement bon marché. L’Afrique a un potentiel énorme parce qu’il y a des connaissances, un avantage compétitif rien qu’en termes d’écologie. »

Pourtant, malgré l’apparente aptitude de l’Afrique à la culture à grande échelle – les Nations unies estiment que plus de 38 000 tonnes de cannabis sont produites illégalement en Afrique chaque année –, et l’enracinement de la plante dans la culture de plusieurs pays africains, son utilisation reste interdite dans tous les pays d’Afrique, à l’exception d’une toute petite poignée d’entre eux. 

En outre, les entreprises qui souhaitent opérer dans ce secteur doivent faire face à des coûts de démarrage élevés, à des réglementations strictes et en constante évolution, ainsi qu’à une législation propre à chaque pays.

Le président Ramaphosa tient pourtant son exemple : « Notre voisin immédiat, le Lesotho, a progressé à pas de géant dans l’industrialisation du cannabis, et les produits issus du chanvre et du cannabis sont très demandés dans le monde entier. Nous voulons exploiter ce potentiel afin de libérer l’énergie de nos agriculteurs ordinaires dans les différentes régions de notre pays. »

 

CD, avec David Thomas

@AB

Écrit par
Charles Dietz

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