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Le Cameroun séduit le FMI

Le Cameroun séduit le FMI
  • Publiédécembre 27, 2021

Une mission du Fonds monétaire international a donné son quitus à la politique économique du Cameroun, qui pourrait recevoir de nouveaux soutiens financiers dès février 2023. Le Trésor annonce son retour sur le marché des emprunts cotés.

Par Paule Fax

Endetté, le Cameroun cherche à rassurer les marchés et les organismes de financement. Les dirigeants du pays ont reçu, courant décembre 2021, des représentants du FMI afin de relancer des accords au titre de la FEC (Facilité élargie de crédit) et du MEC (Mécanisme élargi de crédit).

D’autre part, le Trésor camerounais annonce le retour du pays sur le marché boursier régional de la dette, abandonné depuis trois ans au profit des titres émis par la Banque centrale. 

En supposant que la pandémie perde progressivement du terrain, la reprise, qui s’est enclenchée en 2021, portée par le secteur non pétrolier, devrait se poursuivre, avec des taux de croissance atteignant 4,5 % en 2022 et dépassant 4,8 % à partir de 2023, pronostique le FMI.

Concernant le FMI, le courant est passé, à en croire un communiqué de l’institution de Washington. Les économistes ont conclu un accord avec les autorités concernant des mesures qui iraient dans le bon sens.

Ils constatent également que la croissance commence à se redresser (+3,5% prévus pour 2021) après le ralentissement de 2020 (+0,5%). Toutefois, si les perspectives économiques à moyen terme sont favorables, elles restent entourées d’une « incertitude considérable ». Un bon point : l’inflation reste modérée.

« L’achèvement de la première revue par le conseil d’administration du FMI en février 2022, permettrait le décaissement de 82,8 millions de DTS (environ 115,7 millions de dollars) », révèle Amadou Sy, conseiller auprès du FMI.

Retour à la Bourse

En supposant que la pandémie perde progressivement du terrain, la reprise, qui s’est enclenchée en 2021, portée par le secteur non pétrolier, devrait se poursuivre, avec des taux de croissance atteignant 4,5 % en 2022 et dépassant 4,8 % à partir de 2023.

Le déficit budgétaire devrait s’établir à 3,2 % du PIB en 2021, conformément aux objectifs votés. Les recettes pétrolières seront sans doute plus faibles que prévu, mais ce manque à gagner sera compensé par la relative solidité des recettes tirées des secteurs non pétroliers et par la maîtrise des dépenses.

Les autorités entendent réduire progressivement le déficit budgétaire en le faisant passer de 3,2 % en 2021 à 2 % en 2022, puis au-dessous de 1 % en 2024, tout en maintenant la dette publique sous la barre des 50 % du PIB. Elles comptent également revoir leur stratégie de recettes à moyen terme.

Pour cela, elles mettront l’accent sur l’accroissement des recettes tirées du secteur non pétrolier ainsi que sur l’élargissement de la base d’imposition et l’amélioration de la politique fiscale afin d’aider le pays à atteindre son potentiel de recettes.

Une politique approuvée par le FMI : « Les évolutions notables concernent des modifications apportées à la gestion des finances publiques, s’agissant notamment de la formulation et l’exécution du budget, des passations de marchés publics et de la gestion des dépenses en capital, ainsi qu’à la gestion de la trésorerie et de la dette publique. »

Du chemin reste à faire, toutefois, en matière budgétaire, ne serait-ce que pour restructurer la Société nationale de raffinage (SONARA) et pour apurer les dettes croisées entre les entreprises publiques et l’État.

En matière de gouvernance, les engagements pris auprès du FMI ont été tenus par le Cameroun, qui a, notamment, publié un rapport d’audit sur ses dépenses liées à la crise de la Covid-19, au titre de 2020. De plus, le FMI salue la publication du rapport 2019 au titre de l’ITIE (Initiative pour la transparence dans les industries extractives). Enfin, le gouvernement prépare une stratégie d’inclusion financière.

Par ailleurs, on apprend que le Trésor public camerounais reprendra le chemin de la Bourse, dès 2022. Samuel Tela, le directeur de la Trésorerie au ministère des Finances, reconnaît que le montant à mobiliser sur ce marché n’est pas encore arrêté. Pour autant, souligne-t-il, on peut s’attendre à « une opération d’envergure ». Entre 2010 et 2018, l’État du Cameroun a levé entre 80 et 200 milliards de F.CFA à chaque opération.

L’objectif est de « diversifier les sources de financement », précise Samuel Tela qui rappelle que le passage par la Bourse permet « à un large public de participer au financement de l’État ». Chaque opération s’effectuera « le moment venu sur la base d’éléments davantage financiers », promet-il.

Précision nécessaire, tandis que certains voient aussi dans ce retour une volonté politique de relancer le marché obligataire de la Cemac, la BVMAC, un peu délaissé par les États ces dernières années en raison de son coût. 

@PF

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Par Paule Fax

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