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Le Cameroun promet d’autres réformes

Le Cameroun promet d’autres réformes
  • Publiéjuin 5, 2024

Sous la pression du FMI, qui constate « quelques faiblesses » de ses Finances publiques, le Cameroun devrait annoncer l’accélération de réformes améliorant son attractivité.

 

Dans une note de conjoncture rendue publique le 4 juin 2024, le FMI (Fonds monétaire international) prend acte que le redressement de l’économie camerounaise s’est poursuivi, en 2023. L’année se solde par une croissance de 3,3%. Toutefois, cette croissance est inférieure à celle enregistrée en 2022 (+3,6%) et surtout inférieure aux estimations établies en cours d’année, qui tablaient sur 4%.

« Une série de réformes importantes sont en cours, et concerne notamment le plan national d’action climatique, la stratégie nationale de financement des risques de catastrophe, la gestion des investissements publics liés au climat, et la gouvernance et la durabilité du secteur forestier. »

Cette déception est imputable à une combinaison de facteurs externes et internes, notamment des perturbations de la chaîne d’approvisionnement et de l’énergie, ainsi qu’une contraction de la production pétrolière du pays.

Dans le même temps, l’inflation a diminué, passant de 7,3 % à fin 2022 à 5,9 % à fin 2023. De même, l’évolution des Finances publiques a été « globalement conforme » aux objectifs du programme approuvé par le FMI. Avec un déficit primaire hors pétrole qui s’est contracté à 2,6 % du PIB, contre 3,9 % en 2022. « Le rééquilibrage budgétaire a bénéficié de la bonne tenue des recettes non pétrolières et des efforts déployés par les pouvoirs publics pour réduire les coûteuses subventions aux carburants », reconnaît le FMI.

Toutefois, regrette l’institution monétaire, la gestion des Finances publiques continue de présenter « quelques faiblesses » avec un niveau des dépenses extrabudgétaires « substantiel » en 2023. Cela s’est traduit par des dépassements sur les dépenses courantes, et par le dépassement, de peu, de l’objectif de déficit primaire hors pétrole fixé dans le cadre du programme.

Ce dépassement sur les dépenses courantes a limité les ressources destinées à des investissements prioritaires en faveur de la croissance. Et le FMI de conseiller au Cameroun de « redoubler d’efforts pour améliorer l’intégrité et l’exécution du Budget ». Le Fonds révèle que les autorités camerounaises présenteront un Budget rectificatif pour 2024 afin entre autres de limiter certaines dépenses exécutées au moyen d’avances de trésorerie et adopteront un plan d’apurement des arriérés intérieurs.

 

Accélérer les réformes

Dans ce cadre, « les perspectives demeurent positives, sous réserve de la poursuite des réformes et d’un contexte extérieur favorable ». La croissance économique devrait atteindre environ 4 % en 2024. L’inflation diminuera progressivement, compte tenu de la baisse des effets de la deuxième augmentation des prix à la pompe au début de 2024, et sera de 5,5 % d’ici à la fin de l’année. Les autorités ont fait part de leur détermination à maintenir la stabilité macroéconomique et à réduire le déficit budgétaire primaire hors pétrole à 2 % du PIB en 2024.

Au chapitre des « efforts », le FMI constate que le programme de réformes structurelles progresse « de manière satisfaisante ». Les efforts doivent cependant être intensifiés pour atteindre « les objectifs ambitieux » de la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30), et notamment pour dégager une marge de manœuvre budgétaire pour les investissements dans les infrastructures, tout en préservant la viabilité de la dette.

Les réformes visant à soutenir une transformation structurelle profonde de l’économie doivent également être accélérées, juge le FMI, en particulier pour améliorer le climat des affaires pour le secteur privé. Et l’institution de Washington d’encourager les mesures prises par le gouvernement du Cameroun pour l’amélioration de la performance et de la gestion financière des entreprises publiques, l’achèvement des études techniques concernant la restructuration de la Sonara (Société nationale de raffinage) et le renforcement du cadre de lutte contre la corruption.

« Les autorités sont conscientes de la nécessité d’accroître la résilience du Cameroun face aux changements climatiques. Les autorités ont multiplié les initiatives pour améliorer tout le dispositif d’action climatique. Les premières mesures de réforme sont bien engagées et comprennent l’adoption d’un arrêté établissant le cadre institutionnel de coordination de l’action pour le climat, et la publication d’un manuel de procédures pour la sélection des projets, qui intègre des critères relatifs aux changements climatiques », commente Cemile Sancak, cheffe de mission du FMI pour le Cameroun, qui a achevé une série d’échanges avec les autorités du pays le 31 mai 2024.

« Une série de réformes importantes sont en cours, et concerne notamment le plan national d’action climatique, la stratégie nationale de financement des risques de catastrophe, la gestion des investissements publics liés au climat, et la gouvernance et la durabilité du secteur forestier », révèle l’économiste envoyée par le FMI.

Dont le Conseil d’administration devrait approuver un accord permettant le décaissement de 86,7 millions de DTS (118,6 millions de dollars) pour les différents programmes appuyé par le FMI.

@AB

Écrit par
Aude Darc

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