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African Business

Le Cameroun mise sur une croissance de 4,4% en 2022

Le gouvernement du Cameroun a publié les orientations générales de sa politique budgétaire, ainsi que les dispositions pratiques pour le budget de l’État 2022. Un document paraphé par le président Paul Biya.

Par Laurent Soucaille

Le Cameroun doit poursuivre les orientations de long terme, contenues dans sa « Stratégie nationale de développement » à horizon 2030, dans sa « Vision 2035 », tout en tenant compte des contraintes conjoncturelles. À savoir la mise en œuvre de la riposte contre l’épidémie de coronavirus et ses répercussions économiques et sociales,

Le Budget 2022 du Cameroun sera élaboré sur la base des hypothèses suivantes : croissance de 4,4% du PIB réel, une hausse des prix de 1,9%, un déficit budgétaire global de 2% du PIB et un déficit des comptes courants de 3,5%.

ainsi que de l’implémentation du nouveau programme économique conclu avec le FMI. « Sur le plan sécuritaire, la préparation du Budget intervient dans un contexte marqué par la prégnance de menaces polymorphes dans notre pays », avertit un document officiel.

Dans une perspective de long terme, le Cameroun doit mener sa transformation structurelle, notamment en privilégiant le développement des industries locales, au détriment des importations, une politique « nécessaire pour renforcer la résilience ».

Il faudra donc au gouvernement finaliser les grands projets déjà engagés, poursuivre les efforts en matière de cohésion sociale et le processus de décentralisation. Sans oublier d’aider spécifiquement les régions particulièrement affectées par la crise, tout en préparant un rendez-vous crucial : la Coupe d’Afrique des Nations.

En matière budgétaire, reconnaît le gouvernement, la préparation de l’année 2022 se déroule dans un environnement international marqué par une « reprise fragile » de l’économie mondiale. L’État retient l’hypothèse d’un rebond de 6% de l’économie mondiale en 2021, en repli de 3% en 2020.

Ainsi qu’une croissance de 3,4% en Afrique subsaharienne, région marquée par d’importantes disparités d’un pays à l’autre. Dans la zone Cemac (Communauté économique et monétaire des États de l’Afrique centrale), la croissance devrait s’inscrire à 2,8%. En 2022, la croissance mondiale (+4,4% estimés) « résulterait de la prise de nouvelles mesures de soutien budgétaire dans quelques grands pays » – dont les clients du Cameroun.

Le stade d’Olembé à Yaoundé, accueillera la CAN qui se déroulera du 9 janvier au 6 février 2022, au Cameroun (AFP).

Le gouvernement table sur une croissance de 3,4% en 2021, après une hausse du PIB limitée à 0,7% en 2020. Rebond qui s’explique par une hausse de la demande mondiale pour les produits que le pays exporte et un certain « dynamisme » de la demande intérieure.

Soutien de l’offre locale et de l’investissement privé

Dans les activités non pétrolières, la relance est palpable du côté des secteurs exportateurs comme l’agriculture, la sylviculture et l’exploitation forestière. Progressivement, la levée des mesures restrictives donnera « une nouvelle impulsion » aux secteurs ayant particulièrement souffert (tourisme, hôtellerie et restauration, commerce et transports).

Dès lors, le gouvernement camerounais peut se montrer plus optimiste ; il s’attend à une croissance des investissements privés et publics – lesquels sont tributaires des recettes budgétaires. La hausse des cours des matières premières devrait améliorer les recettes. L’inflation prévue ressort à 2,1%, proche de la moyenne prévue pour la zone Cemac (2,2%).

En 2022, la croissance prévue est de 4,4%, dont 4,7% pour le secteur non pétrolier, à la faveur principalement d’une demande intérieure « qui devrait doper l’offre locale des biens et l’investissement privé ». Pas de raisons que l’inflation s’éloigne des 2%.

Rien n’empêche donc la mise en service des grands projets infrastructurels et la mise en œuvre du plan de soutien à la production des biens de consommation – notamment la transformation des produits alimentaires de base –, et à l’amélioration du climat des affaires.

Enfin, entre autres dispositions, Paul Biya a donné instruction de poursuivre les « mesures ambitieuses » de simplification et de réduction des charges fiscales, notamment celles ayant pesé sur les entreprises directement affectées par la crise sanitaire.

LS

EN BREF

Un nouvel outil de collecte d’impôts

Le ministre camerounais des Finances, Louis Paul Motazé, a révélé la mise en service d’une nouvelle plateforme dédiée à la collecte et au paiement des impôts et taxes. Elle s’appellera « Syampe », pour « Système d’agrégation des moyens de paiement de l’État du Cameroun ».

Selon le ministre, Sympe « permet aux contribuables d’obtenir leurs avis d’imposition et déclarations douanières en ligne. Elle offre aux contribuables plusieurs moyens de paiements nationaux et internationaux ». Elle constituera également une précieuse base de données pour les activités fiscales et douanières.

LS

 

 

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