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Le Bénin fait face aux chocs

Le Bénin fait face aux chocs
  • Publiéjuillet 1, 2024

Résilient, le Bénin affiche de solides perspectives de croissance et se crée la latitude nécessaire pour faire face à d’éventuels chocs, auxquels il reste vulnérable.

 

Conformément aux programmes en cours, le FMI (Fonds monétaire international) a procédé fin juin à une série de consultations avec les autorités béninoises. D’où il ressort un décaissement immédiat de 31,2 millions de DTS (environ 41 millions de dollars). Voilà qui porte le total des décaissements à date au titre des programmes engagés à 420 millions de DTS (environ 552 millions $). Le FMI assoupli ses critères de performance sur les nouveaux emprunts extérieurs contractés ou garantis par l’État en 2024, « le Bénin conservant un risque modéré de surendettement ».

L’économie béninoise, jugent les économistes du FMI, a fait preuve d’une « très forte résilience aux chocs », grâce aux marges budgétaires constituées avant la pandémie ; l’économie est soutenue « par la dynamique des réformes des autorités ». La croissance économique, de 6,4% en 2023, « devrait rester forte dans les années à venir », soutenue par les projets d’infrastructure du gouvernement et les investissements privés, notamment en direction de la zone économique spéciale.

Et le FMI de signaler que la réforme en cours de l’éducation contribuerait à préparer « une main-d’œuvre adéquate pour une économie en transformation ». Cette approche contribuerait à exploiter le dividende démographique et traduire la dynamique de croissance actuelle en une croissance durable et créatrice d’emplois à moyen et long terme. Bien sûr, les incertitudes au plan régional pourraient s’ajouter aux perturbations mondiales et impacter les échanges commerciaux ; tandis que le Bénin demeure vulnérable aux phénomènes climatiques extrêmes.    

Cela étant, le Bénin a su se créer l’espace budgétaire nécessaire pour faire face aux chocs qui se succèdent depuis la pandémie. « Après une période de flexibilité budgétaire justifiée, les autorités ont repris en 2023 la consolidation budgétaire au vu de reconstituer des marges budgétaires. »

 

Bien mobiliser les recettes

Le programme de réformes du Bénin bénéficie de plus en plus de l’adhésion et du soutien des partenaires au développement et des investisseurs internationaux.

Une des priorités pour l’avenir, juge le FMI, est « de continuer d’assurer l’ancrage de la croissance et du développement du Bénin dans des politiques durables et inclusives au bénéfice de toutes les régions et groupes socio-économiques ».

Dans ce contexte, la mise en œuvre rapide et complète du registre social unique facilitera la coordination des divers programmes d’assistance sociale, ce qui permettra d’améliorer le ciblage des ménages pauvres et vulnérables.

Pour autant, les besoins importants de développement du Bénin requièrent de mettre davantage l’accent sur la mobilisation des recettes intérieures. Telle est la stratégie du pays qui vise la norme communautaire de déficit budgétaire global de 3% du PIB d’ici à 2025.

« Compte tenu des incertitudes mondiales et des perturbations géo-économiques et sécuritaires régionales, l’établissement d’un plan d’urgence reste primordial ; dans ce contexte, les autorités devraient maintenir une certaine souplesse dans l’exécution du budget avec une priorisation des dépenses d’investissement publics en cas de matérialisation des chocs », prévient le FMI. Qui appelle le Bénin à poursuivre l’agenda de ses réformes structurelles, notamment en direction du secteur privé.

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En bref

Un label pour les start-up

 

L’adoption du décret sur l’octroi du label Startup aux micros, petites et moyennes entreprises (MPME) date de mars 2023. L’aboutissement, explique le gouvernement du Bénin, d’un « long processus » entamé en 2018. Dernière étape : La ministre du Numérique et de la digitalisation Aurélie Adam Soule Zoumarou, a procédé, le 25 juin 2024, à l’installation du Comité technique de labellisation. À cette occasion, elle a émis le vœu de lancer, au plus tard au mois de septembre, l’appel à candidature pour l’octroi du label Start-up à la première cohorte de MPME. 

Aurélie Adam Soule Zoumarou
Aurélie Adam Soule Zoumarou

 

Le comité est une instance de concertation qui a pour mission l’octroi du label startup. À ce titre, il est chargé de recevoir et d’étudier les dossiers de candidatures des entreprises, de publier périodiquement la liste des start-up labellisées, de notifier les décisions issues de l’étude des dossiers, et de prononcer les décisions de révocation de label. Ce comité est composé de sept membres nommés pour une durée de deux ans, renouvelables.

@AB

Écrit par
Aude Darc

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