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L’axe Afrique Caraïbes, un marché potentiel de 1,8 milliard de dollars

L’axe Afrique Caraïbes, un marché potentiel de 1,8 milliard de dollars
  • Publiéjuillet 4, 2024

Les secteurs des voyages et des transports représentent la contribution potentielle la plus importante à la croissance des échanges d’un côté à l’autre de l’Atlantique.

 

Le commerce entre l’Afrique et les Caraïbes pourrait atteindre 1,8 milliard de dollars par an, à horizon 2028. À condition de donner la priorité à l’ajout de valeur, à la baisse des droits de douane et à l’amélioration de la logistique, selon une note du Centre du commerce international (CCI) et de la Banque africaine d’import-export (Afreximbank). Le commerce bilatéral actuel de biens entre les deux régions s’élève à 729 millions $ – si l’on exclut le tabac, les armes et munitions et les combustibles fossiles.

« Les petites entreprises peuvent être parmi les premières à stimuler le commerce entre ces deux régions et à en bénéficier, étant donné qu’elles forment l’épine dorsale des économies africaines et caribéennes. »

Une étude mentionnée par les deux partenaires montre que les secteurs des voyages et des transports représentent la contribution potentielle la plus importante à cette croissance, ces secteurs formant les deux tiers du « commerce de services » potentiel entre les deux régions.

Dans le segment des marchandises, les minéraux et les métaux, le bois, le papier, le caoutchouc et le plastique, ainsi que les denrées alimentaires transformées et les aliments pour animaux sont les trois secteurs les plus importants.

Suite à ce constat, Afreximbank et le CCI développeront des profils approfondis des secteurs dans les deux régions afin de cartographier ces cinq chaînes de valeur prometteuses et d’identifier les obstacles à la croissance et les conditions nécessaires à celle-ci. Les résultats de cette analyse seront présentés dans un rapport complet qui sera publié lors du quatrième Forum Afrique-Caraïbes sur le commerce et l’investissement (ACTIF), prévu en 2025.

Les données du CCI indiquent qu’en dépit d’une histoire commune et de riches liens culturels, l’Afrique et les Caraïbes exportent moins de 3 % l’une vers l’autre. Les niveaux des exportations étaient faibles avant même l’impact mondial de la Covid-19, des conflits et du changement climatique. Au cours de la dernière décennie, la part des exportations bilatérales n’a jamais dépassé 6 %.

Si des échanges ont lieu entre les deux régions, ils sont fortement concentrés sur quelques produits clés. Par exemple, plus de la moitié des exportations africaines vers les Caraïbes sont constituées de produits minéraux primaires, le pétrole brut étant la principale exportation (232 millions $, soit 27 % du total).

 

Rationaliser les flux d’informations et de marchandises

En ce qui concerne les exportations des Caraïbes vers l’Afrique, l’ammoniac anhydre, un engrais produit à Trinité-et-Tobago, représente à lui seul 49% des exportations vers l’Afrique (423 millions $).

Pour accroître les échanges entre les deux régions, il faut s’attaquer à deux problèmes clés, jugent CCI et Afreximbank : les tarifs douaniers élevés (en particulier sur les produits transformés) et logistique faible. Les droits de douane bilatéraux ont tendance à être plus élevés que ceux appliqués aux exportateurs d’autres partenaires commerciaux.

Ces taxes douanières augmentent également avec le niveau de transformation, ce qui décourage la transformation des produits en biens à valeur ajoutée pour l’exportation. La réduction des droits de douane profite aux deux régions en offrant une plus grande variété aux consommateurs à un coût moindre tout en permettant aux régions de se spécialiser dans les secteurs où elles sont compétitives.

En ce qui concerne la logistique commerciale, la performance est nettement inférieure en Afrique et dans les Caraïbes par rapport à d’autres régions, reconnaissent les économistes, qui se basent sur l’indice LPI de la Banque mondiale. « La rationalisation des flux de marchandises et d’informations peut permettre d’améliorer l’accès au marché et de favoriser les échanges. »

De même, les accords commerciaux sont une solution pour réduire les coûts du commerce entre les deux régions. Dans le cadre de ce nouveau projet, « le CCI analysera comment différents scénarios de libéralisation tarifaire et d’harmonisation des mesures non tarifaires peuvent accroître le commerce au niveau des pays et des produits », explique cet organisme.

Et Benedict Oramah, PDG d’Afreximbank, de commenter : « Le rapport confirme les vastes possibilités de commerce et d’investissement entre l’Afrique et les Caraïbes qui restent inexploitées. » Et donc valide la stratégie d’Afreximbank pour les Caraïbes. La banque du commerce a d’ailleurs décidé d’apporter son concours financier et technique au futur marché afro-caribéen.

De son côté, la « collaboration fructueuse » entre Afreximbank et le CCI vise « à combler le manque de connaissances et à renforcer les capacités des PME, qui sont essentielles à la croissance du commerce et de l’investissement entre l’Afrique et les Caraïbes », considère Benedict Oramah.

En effet, « les petites entreprises peuvent être parmi les premières à stimuler le commerce entre ces deux régions et à en bénéficier, étant donné qu’elles forment l’épine dorsale des économies africaines et caribéennes. D’énormes opportunités de croissance existent si les bons secteurs sont privilégiés pour le développement et l’investissement », confirme Pamela Coke-Hamilton, directrice exécutive du CCI.

Benedict Oramah (Afreximbank) et Pamela Coke-Hamilton (CCI) réunis à Nassau (Bahamas) en juin 2024.
Benedict Oramah (Afreximbank) et Pamela Coke-Hamilton (CCI) réunis à Nassau (Bahamas) en juin 2024.

 

PF, d’après une note du CCI et d’Afreximbank.

@AB

Écrit par
Paule Fax

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