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L’autoroute Nairobi-Mombasa avance

L’autoroute Nairobi-Mombasa avance
  • Publiénovembre 1, 2022

Le contrat pour la construction de l’autoroute Nairobi-Mombasa au Kenya, longtemps en projet, a été attribué à la Korean Overseas Infrastructure and Urban Development Corporation Africa (KIND).

 

Le groupe coréen KIND a présenté au gouvernement kenyan une analyse de faisabilité qui estime que la construction de l’autoroute Nairobi-Mombasa coûtera plus de 3 milliards de dollars et prendra environ trois ans. Les défenseurs du projet affirment que l’autoroute réduira les temps de trajet de huit à cinq heures environ, améliorera la sécurité des transports et créera des emplois pendant et après la construction.

Un consortium coréen dirigé par Cheil Engineering a remporté un contrat de conseil pour la mise en œuvre de la première phase du projet de système de transport intelligent de Nairobi, qui vise à réduire les embouteillages permanents dans la capitale kenyane.

Le projet est en gestation depuis longtemps. En août 2017, la société américaine Bechtel a signé un protocole d’accord avec le Kenya pour construire la route entre la capitale du pays et son principal port maritime. Malheureusement, l’entreprise américaine s’est retirée de l’accord après que des désaccords sont apparus sur le mode de financement du projet. Étant donné que le Kenya est classé par le FMI comme présentant un risque élevé de surendettement, le pays d’Afrique de l’Est a préféré se tourner vers des mesures non liées à la dette, comme le modèle de partenariat public-privé de KIND, pour financer des projets d’infrastructure.

Le Kenya souhaitait un accord de « construction, exploitation et transfert » qui verrait Bechtel construire l’autoroute de 525 km avec ses propres fonds et facturer des péages pour récupérer l’investissement. La société américaine a décliné cette offre, affirmant que le modèle de PPP (partenariat public-privé) demandé par le Kenya augmenterait considérablement le coût du projet en impliquant des emprunts et des paiements d’intérêts coûteux.

Bechtel a déclaré que le modèle PPP coûterait cinq fois plus cher, à savoir 15 milliards$, et prendrait beaucoup plus de temps à réaliser. En conséquence, les deux parties ne sont pas parvenues à un accord et Bechtel s’est retiré du projet.

 

L’autoroute complète la nouvelle voie ferrée

C’est dans ce contexte qu’est entré KIND, qui a l’intention de percevoir des droits de péage pour récupérer son investissement.

En juillet, KIND a ouvert son quatrième bureau à l’étranger à Nairobi, son premier en Afrique. Le bureau de Nairobi agira en tant que facilitateur, coordinateur et investisseur pour les projets PPP au Kenya, y compris l’autoroute Nairobi-Mombasa.

La route proposée commence à Gitaru, le long de l’autoroute Nairobi-Nakuru, à environ 24 km au nord-est du quartier central des affaires de Nairobi. Elle continue en direction du sud-est en traversant Ngong, Ongata Rongai, Kisaju et Isinya. Elle rejoint l’actuelle route Nairobi-Mombasa juste au nord du projet de ville de Konza, traverse neuf comtés pour se terminer dans la ville de Mombasa au rond-point de Changamwe et comptera, au total, 19 échangeurs.

On a calculé que l’ancienne autoroute Nairobi-Mombasa transportait 90 % des importations du Kenya. Ce projet d’autoroute Nairobi-Mombasa viendra compléter la voie ferrée à écartement standard Nairobi-Mombasa (SGR) controversée, construite avec le soutien de la Chine.

Les critiques ont fait valoir que la dette accumulée par le SGR est insoutenable. Avant même que le Trésor kényan ne signe un protocole d’accord avec la banque chinoise Exim Bank en juillet 2013, les avis étaient partagés entre les consultants, les décideurs et les militants de la société civile sur la viabilité économique d’un chemin de fer à écartement standard par rapport à la modernisation de la liaison ferroviaire existante, construite il y a environ un siècle par les autorités coloniales britanniques.

Les trois prêts pour le SGR ont été obtenus auprès de la China Exim Bank et libellés en dollars américains. Au total, le Kenya a emprunté plus de 5 milliards $ pour la construction des deux phases du SGR (Mombasa-Nairobi et la section Nairobi-Naivasha, qui n’est pas encore terminée). Un autre tronçon a été abandonné.

 

Un climat politique favorable

Le chemin de fer Mombasa-Nairobi n’a pas encore enregistré de bénéfice d’exploitation si l’on tient compte du paiement des intérêts, bien que le nombre de passagers sur le SGR ait plus que doublé en 2021 et que des autocars supplémentaires aient été ajoutés au service. Les avis sont partagés quant à l’impact d’une nouvelle autoroute Nairobi-Mombasa sur la viabilité commerciale du SGR.

La victoire électorale du nouveau président William Ruto est susceptible de renforcer le soutien multipartite dont bénéficiait déjà l’autoroute Nairobi-Mombasa.

L’autoroute Nairobi-Mombasa n’est pas le seul projet de trafic routier à être entrepris par une entreprise coréenne. Un consortium coréen dirigé par Cheil Engineering a remporté un contrat de conseil pour la mise en œuvre de la première phase du projet de système de transport intelligent de Nairobi, qui vise à réduire les embouteillages permanents dans la capitale kenyane.

Selon l’Autorité des routes urbaines du Kenya (Kura), la société guidera l’exécution de la première phase du projet ITS & Junction Improvement de Nairobi pour un coût de 4,6 millions $. Bechtel a également réitéré sa volonté d’aider à la construction de l’autoroute Nairobi-Mombasa. La société américaine a récemment construit la voie rapide de 27 km de Nairobi, inaugurée le mois dernier par l’ancien président Uhuru Kenyatta.

@AB

 

Écrit par
Stefen Williams

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