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African Business

L’Angola crée un fonds de gestion des actifs récupérés

L’Angola crée un fonds de gestion des actifs récupérés
  • Publiémars 21, 2023

La ministre angolaise des finances, Vera Daves de Sousa, a annoncé la création d’un fonds spécialisé pour gérer environ 15 milliards de dollars d’actifs volés récupérés par l’État.

 

L’Angola envisage la création d’un fonds spécialisé pour gérer environ 15 milliards de dollars d’actifs récupérés par l’État dans le cadre d’enquêtes anti-corruption. L’annonce a été confirmée par la ministre des Finances, Vera Daves de Sousa.

Depuis 2017, lorsque João Lourenço est devenu président, le gouvernement a intensifié ses efforts pour récupérer les actifs qui auraient été volés pendant les quatre décennies de la présidence de son prédécesseur, José Eduardo dos Santos.

Ces accords permettent de restituer une partie des fonds au pays initiateur, ce qui constitue une incitation supplémentaire à la coopération dans l’exécution des décisions de confiscation.

Le Service national de récupération des actifs (SENRA) a indiqué que le gouvernement avait déjà récupéré plus de 5,2 milliards de dollars d’argent détourné, en partie en espèces et en partie en actifs, et plus de 10 milliards de dollars ont été ajoutés en février 2022 à la suite de décisions judiciaires définitives dans 715 affaires de corruption. Les actifs doivent être regroupés dans un fonds qui pourrait cibler l’immobilier et d’autres opportunités d’investissement.

 

La lutte de l’Angola contre la corruption

Bien que la SENRA ait récupéré environ 15 milliards $ d’actifs volés, elle estime qu’il pourrait y avoir bien plus de 100 milliards $ d’actifs non récupérés qui pourraient alimenter le fonds d’investissement s’ils étaient finalement rapatriés.

Selon la SENRA, des membres de la famille Dos Santos, d’anciens fonctionnaires et d’anciens dirigeants d’entreprises publiques ont transféré illégalement quelque 150 milliards de dollars à l’étranger entre 2001 et 2017. Une somme inimaginable pour un pays africain, même s’il est un grand producteur de pétrole. Un gâchis effrayant quand on pense aux martyrs des combattants pour l’indépendance du pays, aux sacrifices des populations et à ce qui aurait pu accompli pour le développement de l’Angola ? Sans oublier les complices à l’étranger dans le monde occidental qui ont aidé et profité de cette corruption massive et dont les auteurs sont encore impunis.

Le processus de récupération de ces actifs est compliqué car ils sont dispersés dans de nombreux pays à travers le monde, chacun ayant sa propre législation financière et des prétextes dilatoires pour garder l’argent au chaud, essayant par tous les moyens de compliquer les procédures et de retarder les échéances. Il faut des années et des années de poursuites judiciaires avant de parvenir à des résultats peu satisfaisants.

Le bureau du procureur général angolais a indiqué que des demandes de coopération ont déjà été adressées à la Suisse, aux Pays-Bas, au Luxembourg, au Royaume-Uni, à Singapour, aux Bermudes, aux Émirats arabes unis, à Maurice, à Monaco, à Malte, à l’île de Man et à d’autres pays.

La récupération de milliards de dollars auprès des banques commerciales de ces pays pourrait avoir un effet négatif sur leurs finances et leur causer des problèmes. En juin dernier, le directeur du SENRA, Eduarda Rodrigues, a déclaré que l’Angola devait trouver des mécanismes financiers pour rapatrier l’argent sans nuire aux intérêts fondamentaux des autres pays.

Une partie de la solution proposée par Eduarda Rodrigues consiste à établir des « accords de partage d’actifs » avec les pays partenaires pour rapatrier les fonds en Angola. Ces accords permettent de restituer une partie des fonds au pays initiateur, ce qui constitue une incitation supplémentaire à la coopération dans l’exécution des décisions de confiscation.

De cette manière, l’Angola peut récupérer une partie de ses avoirs volés tout en minimisant l’impact négatif sur les autres pays. Mais il faut que la justice passe. A Luta continua !

@NA

 

 

Écrit par
Leo Komminoth

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