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African Business

L’Allemagne de retour en Afrique

Alors que la population allemande baisse et vieillit, le dividende démographique africain constituera « le marché du travail le plus attractif dans le monde des années 2030- 2070 ». À condition que les investissements nécessaires à la formation de cette force de travail soient engagés…

Dans tous les cas, le mouvement de (re)conquête du continent semble clairement amorcé. « Pour l’économie allemande, le marché africain peut être un marché d’avenir. C’est pourquoi, nous avons engagé, pendant notre présidence du G20, le « Compact with Africa », explique Angela Merkel. Des propos qui font écho à ceux d’Ulrich Grillo, alors président des patrons allemands, qui disait, en 2015 : « Il est temps de considérer l’Afrique davantage comme un partenaire économique prometteur et comme un marché d’avenir et non plus comme un demandeur d’Aide au développement. »

« Nous n’abandonnerons pas le marché africain à nos concurrents », renchérissait, de son côté, Wolfgang Bernhard, membre du directoire de Daimler, en février 2016.

BASF, le numéro un mondial de la chimie, qui jusque-là ne réalise en Afrique qu’environ un milliard sur les 70 milliards d’euros de son chiffre d’affaires, veut ainsi doubler son activité sur le continent d’ici 2020. Pour accompagner ce mouvement, Berlin devra dépasser ses « contradictions » entre les principes éthiques qui conduisent son action et sa volonté de faire valoir ses intérêts économiques. 

ENCADRE

Sénégal : les retombées d’une visite

Fasciné par la culture allemande à laquelle il emprunte sa définition de la Négritude (Neger sein), Léopold Sédar- Senghor avait, au lendemain des Indépendances, jeté les bases d’une solide relation avec la RFA. Mais celle-ci continua de se focaliser uniquement sur l’aide au développement, notamment dans le domaine de l’énergie.

Ainsi, entre 2015 et 2017, l’Allemagne a ainsi investi 84 millions d’euros dans ce domaine (mais aussi dans des programmes visant à stopper l’immigration clandestine), tandis que les échanges commerciaux entre les deux pays tournent autour de 140 à 150 millions d’euros par an. Ce qui est « très faible », reconnaît Stephan Röken, ambassadeur d’Allemagne au Sénégal.

Lors de sa conférence de presse commune avec Angela Merkel, Macky Sall a estimé qu’il est temps de « dépasser » cette relation bailleur-bénéficiaire, invitant les entreprises allemandes à investir au Sénégal. Déjà, les deux parties ont signé quatre accords.

Les deux premiers (un cadre de financement entre le ministère sénégalais des Finances et la société allemande IPEX, ainsi qu’un contrat commercial entre l’Agence sénégalaise d’électrification rurale et la société allemande GOF) concernent l’électrification de 300 villages chacun, soit 600 villages au total. « Un exemple, un début dans la coopération entre les deux pays », explique Angela Merkel.

Les deux autres accords sont un mémorandum entre l’APIX et l’Africa Ferine, ainsi qu’un protocole entre la commune de Sandiara, le Fonsis et la société allemande Fister Contact System pour la réalisation d’un système d’énergie hybride d’une capacité de 10 MW. Le projet prévoit la fourniture d’une énergie essentiellement renouvelable aux entreprises installées dans la Zone économique exclusive de cette commune située dans la région de Thiès (centre-ouest du Sénégal).

 

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