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L’Algérie doit maintenir le cap, juge la Banque mondiale

L’Algérie doit maintenir le cap, juge la Banque mondiale
  • Publiéjanvier 5, 2023

Certes la croissance de l’Algérie ralentira en 2023 et 2024, prévoient les économistes de la Banque mondiale, mais le moindre poids des hydrocarbures rendra cette croissance de meilleure qualité et moins fragile. À condition de poursuivre les réformes engagées.

 

La reprise de l’économie algérienne devrait se poursuivre en 2023, jugent les économistes de la Banque mondiale, qui procèdent chaque semestre à l’actualisation de leur Rapport de prévisions économiques. Celui rendu public en ce début d’année – et qui se date fort logiquement « Automne 2022 » –, a pour titre « Maintenir le cap de la transition ».

Le retour de la production pétrolière aux niveaux pré-pandémiques, atteints dès le premier semestre 2022, devrait continuer de tirer l’économie, mais à un rythme moindre qu’en 2022. De même, les dépenses publiques continueront de soutenir l’activité. L’État a bénéficié de la manne pétrolière pour protéger le pouvoir d’achat des Algériens, par des interventions sur les prix et les salaires dans la Fonction publique.

Si l’amélioration durable des équilibres extérieurs contribue à la résilience de l’économie, un redressement limité des équilibres budgétaires renforcerait leur sensibilité aux prix des hydrocarbures, dans un contexte d’incertitude autour de la dynamique de l’économie mondiale.

Attention, préviennent les auteurs du rapport, cette politique pourrait entraîner des difficultés à moyen terme si les prix mondiaux du pétrole chutent, réduisant ainsi les recettes de l’État. Les réformes structurelles, telles que décrites dans le plan d’action du gouvernement visant à promouvoir les investissements du secteur privé, seront essentielles pour créer des emplois.

En effet, « il est essentiel de maintenir le cap », considère Kamel Braham, représentant résident de la Banque mondiale en Algérie. « La mise en œuvre des mesures du Plan d’action du gouvernement visant à accroître la mobilisation des recettes fiscales, à utiliser plus efficacement les ressources publiques et à promouvoir les investissements du secteur privé est essentielle pour naviguer en toute sécurité dans les défis mondiaux et mettre l’Algérie sur la voie d’une croissance durable et inclusive. »

La mise à jour de la Banque mondiale prévoit une croissance de 2,3 % de l’économie algérienne en 2023. Pourtant, les perspectives macroéconomiques restent vulnérables aux fluctuations des prix mondiaux des hydrocarbures. À moyen et long terme, indique le rapport, le secteur privé hors hydrocarbures doit devenir le moteur de la croissance algérienne et de la diversification de l’économie.

La poursuite de la mise en œuvre des programmes de réforme structurelle du gouvernement, une plus grande ouverture au secteur privé, l’amélioration de la compétitivité de l’économie et le renforcement de l’investissement dans le capital humain sont autant d’éléments essentiels à l’épanouissement et à la résilience de l’économie.

 

Risques liés au retournement des cours des ressources

Dans le détail, la croissance du PIB du secteur des hydrocarbures (+0,5%), de même que l’effet de la reprise graduelle continue dans le secteur des services et de l’agriculture sur la croissance du PIB hors-hydrocarbures (+3,1%), devraient soutenir la croissance (+2,3%), en 2023.

La reprise de l’investissement, tirée par le secteur public et par celui des hydrocarbures, devrait être plus marquée que celle de la consommation privée. Les recettes d’exportation devraient se maintenir à un niveau élevé, générant un surplus du compte courant malgré une reprise modérée des importations. Les recettes élevées des hydrocarbures seraient cependant surcompensées dans le budget par la hausse des dépenses publiques.

À moyen terme, une baisse des prix et des volumes d’exportation des hydrocarbures entraînerait une détérioration graduelle des équilibres budgétaires et extérieurs. Les principaux risques associés aux perspectives macroéconomiques émanent des fluctuations sur le marché des hydrocarbures, renforçant l’importance de l’effort de réforme structurel en cours.

En effet, pour 2024, la BM table sur une croissance globale de 1,8%, mais de 2,6% hors hydrocarbures. Ce recul attendu de ce secteur (-0,2%) conforte la BM dans ses recommandations en faveur d’une diversification de l’économie.

 

Une inflation encore élevée, quoiqu’en recul

Si l’amélioration durable des équilibres extérieurs contribue à la résilience de l’économie, un redressement limité des équilibres budgétaires renforcerait leur sensibilité aux prix des hydrocarbures, dans un contexte d’incertitude autour de la dynamique de l’économie mondiale. En outre, la poursuite de la mise en œuvre de réformes devant permettre au secteur privé de devenir le moteur d’une croissance soutenable et d’améliorer durablement le cadre macroéconomique demeure essentielle à l’essor et à la stabilité de l’économie algérienne.

Enfin, l’inflation élevée demeure également un sujet de préoccupation malgré la modération des prix à l’importation, renforçant la nécessité d’une politique de dépense publique et de financement du déficit prudente. Pourtant, les auteurs prévoient un ralentissement progressif de l’inflation, en partie grâce à l’appréciation du dinar face à l’euro et au dollar. Elle resterait néanmoins à un niveau élevé, à 7,8% en 2023 et 6,4% en 2024, contre 9,3% estimés pour l’année qui vient de s’achever.

@AB

 

Écrit par
Laurent Soucaille

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