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L’Afrique est propice aux investissements (américains)

L’Afrique est propice aux investissements (américains)
  • Publiémars 1, 2022

Une délégation de parlementaires américains a mis en exergue l’importance de l’Afrique dans l’économie mondiale et la nécessité de dépasser l’Aide publique au développement. Une vision que pourrait porter la BAD qui veut ouvrir un bureau à Washington.

Par Marie-Anne Lubin

« Les États-Unis n’assureront leur avenir que s’ils investissent en Afrique, dès maintenant. » Ces propos sont de Gregory Meeks, président de la Commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants des États-Unis.

Le représentant G. K. Butterfield a confié que lors de la tournée africaine, le discours constant de ses interlocuteurs africains était : « Nous apprécions votre aide, mais ce que nous voulons vraiment, c’est du commerce et des investissements. »

L’élu de New York a conduit une délégation du Congrès dans une tournée menant dans quelques pays africains et auprès de la BAD (Banque africaine de développement), à Abidjan. Ils s’étaient rendus auparavant en Sierra Leone et au Liberia.

« Si les États-Unis n’investissent pas en Afrique aujourd’hui – compte tenu notamment de la taille de la population jeune de l’Afrique, qui est supérieure à la population totale de l’Amérique – ils ne feront pas partie de l’avenir », a insisté Gregory Meeks. Dont l’« unique objectif », dans cette tournée africaine est de s’assurer que l’« Afrique passe de l’arrière au premier plan ».

La délégation américaine reçue avec faste au Liberia

Pour cela, juge-t-il, beaucoup de travail reste à accomplir et les gouvernements seuls, ne peuvent pas le faire. « Lorsque Prosper Africa aura besoin d’orientations, je les dirigerai vers la Banque africaine de développement ! » 

Prosper Africa est une initiative du gouvernement américain qui soutient le commerce et l’investissement entre les États-Unis et l’Afrique en reliant les acheteurs, les fournisseurs et les investisseurs entre les deux régions. Les États-Unis, il est vrai, sont les deuxièmes plus grands actionnaires de la BAD, ayant largement abondé à l’augmentation de capital de la banque, en 2019.

Les dirigeants de la BAD et les membres du Congrès ont convenu de la nécessité d’une coopération plus étroite entre la banque et les investisseurs américains. Le président de la BAD, Akinwumi Adesina, a levé le voile sur l’ouverture en cours d’un bureau à Washington, qui n’attend plus que l’approbation du Conseil d’administration.

Le rôle transformateur des femmes

Cette représentation fournira des orientations sur la manière de structurer les investissements substantiels du secteur privé américain en Afrique. Le continent a besoin de davantage d’investissements dans les infrastructures et ne peut négliger les capitaux américains. L’appui de l’Oncle Sam en matière de commerce et de développement ne peut pas, non plus être négligé.

De plus, Akinwumi Adesina a sollicité le soutien des États-Unis dans la lutte contre le changement climatique. Déjà, la BAD investit massivement dans ce domaine et travaille en étroite collaboration avec l’envoyé spécial du président américain pour le climat, John Kerry, ainsi qu’avec la secrétaire au Trésor, Janet Yellen, sur le financement du climat.

« Dr Adesina » a également évoqué la 16e reconstitution des ressources du Fonds africain de développement, le guichet de prêts concessionnels du Groupe de la Banque africaine de développement. Il promeut une réforme du Fonds pour que celui-ci puisse optimiser ses fonds propres et recourir aux marchés de capitaux pour soutenir les pays africains à faible revenu.

Les membres du Congrès américain et les hauts responsables de la Banque ont été unanimes quant au rôle transformateur des femmes, rapporte un document de la BAD. Cette dernière, par le biais de son Initiative pour favoriser l’accès des femmes au financement en Afrique, débloquerait 500 millions de dollars au profit des entreprises appartenant à des femmes sur le continent.  

Gregory Meeks et Akinwumi Adesina

Le représentant G. K. Butterfield a confié que lors de la tournée africaine, le discours constant de ses interlocuteurs africains était : « Nous apprécions votre aide, mais ce que nous voulons vraiment, c’est du commerce et des investissements. »

Sentiment partagé par la représentante Ilhan Omar qui a souligné la nécessité de partenariats. « Nous savons que l’Afrique est riche en ressources. Les ressources ne peuvent être bien utilisées que si elles sont développées. Or, l’Afrique a besoin de partenaires pour prospérer. » 

De son côté le représentant Ami Bera a souligné la nécessité de s’attaquer aux problèmes de gouvernance de l’Afrique et l’importance de veiller à ce que les revenus tirés des ressources du continent restent dans les pays africains. Les différentes parties ont également évoqué le rôle de la diaspora africaine et la nécessité d’endiguer la fuite des cerveaux africains du continent.  

@ABF

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Par Marie-Anne Lubin

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