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African Business

L’Afrique a besoin d’une relance économique

Les ministres africains des Finances considèrent que l’Afrique a besoin de dégager 100 milliards de dollars afin de relancer leurs économies. Ils appellent à une exonération de la dette des pays fragiles.

Par Laurent Soucaille

Lors d’une réunion – virtuelle – à Addis-Abeba, les ministres africains des finances ont échangé leurs points de vue quant aux efforts que chaque pays doit consentir pour faire face aux effets économiques et sociaux de l’épidémie de covid-19. Cette réunion a débouché sur un communiqué commun publié par la CEA (Commission économique pour l’Afrique) des Nations unies.

Une ligne de liquidité devra également être mise à la disposition du secteur privé pour garantir la continuité des achats essentiels et que toutes les PME dépendantes du commerce puissent continuer à fonctionner.

Les ministres partent du constat qu’avant même l’épidémie, l’Afrique connaissait déjà un énorme déficit de financement dans les mesures et programmes de financement visant à réaliser les ODD (Objectifs de développement durable) et les objectifs de l’Agenda 2063.

Sans efforts coordonnés, la pandémie « aura des implications importantes et néfastes sur les économies africaines et la société dans son ensemble ». Les prévisions économiques initiales dans la plupart des économies sont en moyenne, revues à la baisse de 2 à 3 points de pourcentage pour 2020. Soit une croissance économique grosso modo divisée par 2, pour l’année en cours.

Dans le cadre d’une mesure sanitaire immédiate, une riposte coordonnée est nécessaire dans la logistique et la livraison d’équipements de test, reconnaissent les ministres africains.

Qui soulignent la nécessité de travailler avec l’OMS et les institutions continentales existantes, en particulier l’Union africaine et le CDC (Centre de prévention et de lutte contre les maladies). Il s’agit de s’appuyer au maximum sur les systèmes existants et les partenaires de financement, tels que le Fonds mondial.

Un besoin urgent

Une attention particulière devrait être accordée aux États fragiles et aux populations vulnérables, en particulier les femmes et les enfants et ceux qui vivent dans des établissements urbains informels. Les ministres appellent la communauté internationale à soutenir la modernisation des infrastructures sanitaires et à fournir un soutien direct aux installations existantes.

ENCADRE 

Un plan de 64 milliards de F.CFA au Sénégal  

Le gouvernement du Sénégal va affecter 64 milliards de F.CFA (97,6 millions d’euros) aux actions de réduction des effets de la pandémie sur l’économie nationale. 

À cette disposition, s’ajoute « la création d’un comité de croissance et de veille économique, pour notamment anticiper sur les répercussions économiques directes et indirectes de cette crise sanitaire mondiale », a précisé le ministre sénégalais de l’Économie. 

Selon Amadou Hott, ce fonds va aider les secteurs en difficultés et protéger les emplois, notamment dans le tourisme et le transport aérien. Sont concernées aussi des chaînes d’approvisionnement du commerce formel et informel, ainsi que l’industrie. 

Il sera financé par le budget de l’État, les contributions des partenaires au développement, ainsi que « des Sénégalais de bonne volonté ». « La taille du fonds dépendra des besoins identifiés sur la base des études, évaluations et enquêtes conduites par les différentes structures de l’État, en collaboration avec les acteurs économiques et nos partenaires. »

Selon les ministres des Finances, l’Afrique a besoin d’urgence d’une relance économique à hauteur de 100 milliards $. « L’exonération de tous les paiements d’intérêts, estimée à 44 milliards pour 2020, et l’extension possible de la dérogation à moyen terme, fourniront un espace fiscal et des liquidités immédiats aux gouvernements. »

L’exonération des paiements d’intérêts devra inclure les paiements d’intérêts sur la dette publique ainsi que les obligations souveraines. Pour les États fragiles, les ministres conviennent de la nécessité d’envisager l’exonération de capital et d’intérêts et d’encourager l’utilisation des installations existantes de la Banque mondiale, du FMI, de la BAD, etc.

Dans le secteur privé, les ministres identifient plus de 30 millions d’emplois à risque, en particulier dans les secteurs du tourisme et des compagnies aériennes à travers le continent.

Sans compter d’autres secteurs essentiels, notamment l’agriculture, les importations et les exportations, les produits pharmaceutiques et les services bancaires.

Pour ceux-là, les ministres conviennent que tous les paiements d’intérêts et de capital sur la dette des entreprises, les baux, les facilités de crédit accordées, les mécanismes de refinancement et les mécanismes de garantie devront être utilisés. L’essentiel est d’exonérer, restructurer et fournir de la liquidité en 2020.

Une ligne de liquidité devra également être mise à la disposition du secteur privé pour garantir la continuité des achats essentiels et que toutes les PME dépendantes du commerce puissent continuer à fonctionner.

Ces mesures doivent accompagner une politique d’ouverture des frontières commerciales. À cet égard, les ministres font remarquer que l’Europe et les États-Unis, en particulier, « peuvent intégrer cela dans le cadre de leur relance à leurs systèmes privés et financiers ». 

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Written by Par Laurent Soucaille

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