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African Business

La vision Dangote, l’avenir au-delà du ciment

L’empire de l’homme le plus riche d’Afrique est toujours en croissance. Les mouvements récents du groupe Dangote dans l’industrie pétrolière et dans l’industrie agroalimentaire répondent à une stratégie d’intégration de la filière, de l’amont à l’aval. Analyse.

Par Dianna Games

« Nous rivalisons avec les meilleurs du monde et nous survivons ! », tel est le message auto-flatteur du directeur général de Dangote Group, Devakumar Edwin, qui a rencontré African Business pour évoquer des projets du conglomérat au Nigeria.

Celui qui est chargé, chez Dangote Industries, de la stratégie, du développement des activités et des projets d’investissement, relate que le groupe progresse sur plusieurs fronts. Le plus important en cours d’avancement est la raffinerie, d’un coût de 12 milliards de dollars, en construction à Lekki, aux environs de Lagos.

 « Nous estimons que nous pouvons faire beaucoup de choses par nous-mêmes, face au constat que souvent, de petits problèmes peuvent conduire à l’arrêt d’une entreprise. »

Une fois terminé, le site pourra affiner 650 000 barils de pétrole brut par jour. Soit, pour le Nigeria, des économies estimées à 7,5 milliards $ en devises. Aujourd’hui, le pays importe du carburant et vend à des prix subventionnés, bien qu’il soit grand producteur de pétrole. Le PDG Aliko Dangote a souvent évoqué la nécessité pour le Nigeria de s’éloigner de sa dépendance à l’égard des importations.

Il fait valoir qu’une baisse de 60% des importations substituables créera des millions d’emplois et stimulera la croissance inclusive. De nombreux des projets du groupe ont à cœur la nécessité de construire des chaînes de valeur locales et créer l’autosuffisance.

La raffinerie de Lekki créera environ 1 600 emplois permanents et 100 000 indirectement. Et beaucoup plus d’emplois pourraient être créés dans son sillage, y compris nouveaux projets de logements, commerces, transport et stations essence, à travers le pays.

Les méga projets de cette taille sont un catalyseur de croissance importante dans d’autres secteurs. Celui de Lekki n’a pas été simple ; il a été retardé d’un an, relate Devakumar Edwin, en raison de la nécessité de construire deux nouvelles jetées à partir de zéro, près de l’usine.

Il a fallu expédier massivement des équipements vers la raffinerie et contourner la congestion du port principal de Lagos. Aujourd’hui, les difficultés d’importation d’acier et d’autres équipements repoussent l’achèvement des travaux à la fin de 2020.

Une méga usine d’engrais

Les ports, à Lagos, constituent un défi, poursuit le dirigeant, qui déplore les nombreux retards et leurs énormes frais de surestaries (indemnités). Dangote dispose de trois quais au complexe portuaire et le groupe reconstruit une route de 35 km entre le port et la ville, aidé par un allégement fiscal du gouvernement, pour entreprendre ce qui devrait être un travail public.

À côté du site de la raffinerie se trouve une usine d’engrais gigantesque, d’un coût de 2 milliards $. Elle a commencé en février ses tests de production à grande échelle, laquelle est prévue plus tard cette année. Présentée comme la plus grande du monde, elle devrait répondre à la production agricole du Nigeria et susciter des exportations.

Bien sûr, l’activité ciment de l’entreprise, épine dorsale du succès du groupe au Nigeria, et sur l’ensemble du continent, continue de jouer un rôle clé.

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Des usines sont en construction au Cameroun, d’autres unités vont entamer leur construction au Gabon, au Liberia et au Togo. Pourtant, en 2019, les exportations ont été affectées par la fermeture de frontières du Nigeria avec ses voisins, dans le but de combattre la contrebande.

 Maîtriser les chaînes de valeur

Un tel protectionnisme a aussi profité à l’entreprise ! Dangote s’est engagé dans l’agriculture, suivant les efforts du gouvernement pour que le Nigeria parvienne à l’autosuffisance alimentaire.

L’un des objectifs porte sur l’intégration en amont, dans laquelle les usines de production pour la tomate, la canne à sucre et le riz seront alimentées en énergie par la technique de la biomasse.

Les agriculteurs seront fournis en semences et l’usine d’engrais soutiendra les grandes exploitations agricoles, accroissant l’autosuffisance. « Nous voulons construire une chaîne de valeur complète avec une intégration de bout en bout dans nos entreprises agricoles », explique Devakumar Edwin.

Le groupe se lance également dans le pétrole et le gaz. Il vient d’acquérir deux blocs de brut dont la production devrait commencer en 2020, tandis que Dangote a également des projets dans le charbon et l’extraction de bitume. Une unité de production de camions est également en phase d’essai, en vue d’exportations vers Afrique de l’Ouest.

L’autosuffisance est un moteur clé de la stratégie industrielle du groupe. Ses nouvelles entreprises sont le résultat de ses efforts pour résoudre les défis opérationnels.

Il faut s’assurer qu’un environnement difficile n’affecte pas les affaires. « Nous estimons que nous pouvons faire beaucoup de choses par nous-mêmes, face au constat que souvent, de petits problèmes peuvent conduire à l’arrêt d’une entreprise. Nous anticipons toujours la façon dont nous pouvons être indépendants, cette stratégie conduit beaucoup de nos affaires. »

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