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La Tunisie renforce sa sécurité alimentaire

La Tunisie renforce sa sécurité alimentaire
  • Publiémars 18, 2024

Tandis que la Tunisie enregistre, en février, un rebond de son excédent alimentaire, le pays obtient un coup de pouce de la Banque mondiale pour rationaliser ses importations de blé.

 

En février 2024, la balance commerciale alimentaire de la Tunisie a enregistré, un excédent de 871,3 millions de dinars (258,4 millions d’euros), contre un excédent de 1,1 million durant le même mois de 2023, selon les données publiées par l’Observatoire national de l’agriculture, Onagri. Soit un taux de couverture de 173,5%, contre 100,1% un an plus tôt.

Pour l’essentiel, ce gonflement de l’excédent tient au quasi-doublement des exportations d’huile d’olive, ainsi qu’une hausse des ventes à l’international des produits de la pêche. Du côté des achats, la Tunisie a un peu moins importé de céréales, d’huiles végétales et surtout de sucre (-52%).

Le gouvernement cherche à stimuler la production nationale, à réduire le gaspillage alimentaire, à augmenter la valeur ajoutée de la chaîne de valeur des céréales et à gérer les risques liés à la sécheresse.

En valeur, les exportations alimentaires ont enregistré en un an une hausse de 59,5%, à 2,06 milliards de dinars (771 millions d’euros), et une baisse des importations de 8%, à 1,19 milliard de dinars (353 millions d’euros).

C’est dans ce contexte moins défavorable que la Banque mondiale a accordé à la Tunisie deux nouveaux prêts, d’une valeur de 520 millions de dollars, lui fournissant un financement supplémentaire pour relever le défi de la sécurité alimentaire et pour équilibrer les disparités régionales grâce à l’amélioration de la connectivité des corridors routiers.

Deux projets visent à rationaliser les importations de blé et à soutenir les petits producteurs en fournissant de l’orge pour la production de lait et des semences résistantes au climat pour les producteurs de blé.

Ils sont alignés sur le « Cadre de partenariat pays 2023-2027 » de la Banque mondiale pour la Tunisie, « qui vise à renforcer le capital humain et à accroître les opportunités économiques dans l’ensemble du pays », commente Alexandre Arrobbio, directeur pays de la Banque mondiale. « En partenariat étroit avec le gouvernement tunisien, nous avons également synchronisé les projets avec les principales stratégies nationales, telles que le Plan national de développement (2023-2025). »

 

Améliorer les infrastructures routières

Un prêt de 300 millions $ compléter le projet de réponse d’urgence à la sécurité alimentaire, qui aide à faire face à l’impact de quatre années consécutives de sécheresse en Tunisie, ainsi qu’une récolte céréalière difficile en 2023. Ce projet vise à rationaliser les importations de blé et à soutenir les petits producteurs en fournissant de l’orge pour la production de lait et des semences résistantes au climat pour les producteurs de blé. Le financement fait partie d’une assistance globale coordonnée avec d’autres partenaires de développement pour renforcer la résilience du pays face aux futurs défis liés à l’alimentation.

Depuis l’approbation du projet parent de sécurité alimentaire en juin 2022, souligne la Banque mondiale, le gouvernement tunisien a cherché à améliorer le secteur céréalier du pays. Les initiatives comprennent des mesures visant à stimuler la production nationale, à réduire le gaspillage alimentaire, à augmenter la valeur ajoutée de la chaîne de valeur des céréales et à gérer les risques de production liés à la sécheresse. Le projet a permis de fournir de l’orge à 126 000 producteurs laitiers et des semences de blé certifiées intelligentes sur le plan climatique à 16 362 petits exploitants, et de maintenir l’approvisionnement en pain grâce à la fourniture de 160 099 tonnes métriques de blé tendre.

Manifestation durant une période de pénuries, en 2023 (photo : Reuters).
Manifestation durant une période de pénuries, en 2023 (photo : Reuters).

 

Le second prêt, le projet de corridor de développement économique de la Tunisie, représente un montant de 220 millions $. Il vise à réduire les disparités économiques régionales le long du corridor Kasserine – Sidi Bouzid – Sfax en développant l’infrastructure du corridor, en se concentrant sur 65 km de travaux routiers et en améliorant 117 km de routes de desserte pour l’accès physique. Il s’agit aussi de capitaliser le Fonds d’impact de la Caisse des dépôts et consignations, qui améliore l’accès au financement pour les PME.

Le projet profitera donc aux ménages qui dépendent de l’accès routier pour leur mobilité, laquelle s’améliorera en fonction des progrès apportés à l’infrastructure routière ; aux entreprises qui dépendent de la connectivité offerte par le corridor ; aux PME qui bénéficieront d’un meilleur accès au financement ; ainsi qu’aux femmes qui bénéficieront d’un meilleur accès aux terres agricoles et d’un meilleur financement.

@AB

Écrit par
Paule Fax

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