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La Tunisie regorge d’opportunités d’investissements

La Tunisie regorge d’opportunités d’investissements
  • Publiédécembre 15, 2022

Le gouvernement tunisien, appuyé par le PNUD, lance une cartographie de la Tunisie. Sans cacher les retards, le document décrypte les opportunités d’investissements qui permettraient au pays de se rapprocher des ODD. En matière d’infrastructures, par exemple, le rapport détaille trois d’entre elles.

 

Le plus souvent, la Tunisie a déjà ouvert la voie à l’attractivité des investissements, par une législation attractive ou par des incitations. En analysant forces, opportunités, faiblesses et risques – souvent liés à la faible implication des populations, notamment des femmes –la cartographie proposée par le PNUD constitue une base de travail exhaustive dans le but d’autonomiser les investisseurs.

La Cartographie des investissements en faveur des ODD se présente donc comme un produit de connaissances sur l’impact qui vise spécifiquement à dériver des domaines d’opportunités d’investissement alignés sur les ODD et sur les priorités politiques nationales et les besoins de développement et autour desquels les acteurs privés peuvent effectuer des contrôles préalables et élaborer des transactions.

« Les investissements dans le recyclage des déchets solides pourraient réduire la pollution causée par les décharges illégales et légales, sur terre et en mer, améliorant ainsi la protection de l’environnement et de la santé publique. »

Les huit secteurs retenus, qui donnent lieu à 18 « opportunités d’investissements » sont l’alimentation et boissons, transports, soins de santé, ressources renouvelables et énergies alternatives, technologie et communications, services financiers, éducation et les infrastructures. Intéressons-nous à ce secteur crucial.

Bien que le taux d’accès aux infrastructures soit élevé, la qualité du parc d’infrastructures de la Tunisie s’est considérablement détériorée au cours de la dernière décennie, tandis que l’accès rural aux infrastructures reste très basique, reconnaît le rapport. Le gouvernement ne reste pas inerte, en favorisant les partenariats public-privé, par exemple.

L’investissement public tunisien est concentré dans les zones côtières à hauteur de 77%, ce qui crée des incitations supplémentaires pour l’investissement privé le long de la côte. « Des améliorations des infrastructures publiques et sociales, en particulier dans les régions intérieures pauvres, sont également nécessaires pour combler le fossé historique. »

La Tunisie devra dépenser en moyenne 4,4 % de son PIB par an pour les infrastructures jusqu’en 2040 (ce qui représente environ 75 milliards de dollars) pour combler le déficit d’investissement. La crise sanitaire a mis l’accent sur la nécessité d’investir dans les infrastructures essentielles ayant un effet multiplicateur élevé sur la croissance.

 

Les usines de dessalement

Faiblesse : « La prédominance des entreprises publiques dans le secteur des infrastructures entraîne une dépendance à l’égard de subventions élevées et de pertes financières notables. » Pour autant, la Tunisie présente quelque opportunité d’investissements ; le rapport en détaille trois.

En premier lieu, les usines de dessalement. Les investissements dans le dessalement de l’eau de mer fournissent aux populations de l’eau potable accessible, aux industries agricoles des ressources en eau supplémentaires et préservent les réserves d’eau douce existantes en convertissant l’eau de mer en eau potable. De plus, le dessalement peut réduire la détérioration de la qualité des eaux de surface et souterraines en utilisant diverses sources d’eau.

Une usine de dessalement.
Une usine de dessalement.

L’investissement dans ce domaine « bénéficierait directement aux habitants vivant à proximité des sites de rejet d’eaux usées ou aux habitants des zones rurales et périphériques qui ne bénéficient pas suffisamment d’eau douce ». En outre, ce domaine contribue à préserver les eaux de surface et les eaux souterraines surexploitées. Le secteur public peut également générer des revenus grâce aux activités de réglementation liées à l’eau.

Le marché mondial du dessalement de l’eau devrait croître de plus de 9% au cours de la période 2020-2026. Il représente déjà une opportunité de croissance, pour un rendement élevé de 5% à 10% (exemple de l’Arabie saoudite) qui pourrait dépasser 10% si le coût du capital était réduit.

En deuxième lieu, la Tunisie pourrait se lancer dans le traitement des eaux usées. Dans ce domaine, le pays fait face à un déficit d’investissement de 2,4 milliards $ pour atteindre ses cibles en matière d’ODD et assurer un solide stock d’infrastructures hydrauliques à horizon 2040. Déjà, d’importantes infrastructures hydrauliques ont été construites (bassins versants, systèmes aquifères, installations de stockage ou de transfert) pour répondre à la demande en eau.

Une usine de traitement des eaux en Tunisie
Une usine de traitement des eaux en Tunisie

La Tunisie est impliquée dans un vaste programme de traitement des eaux usées depuis le milieu des années 1970, et le gouvernement se consacre à la promotion des investissements dans ce domaine.

 

Le traitement des déchets

L’Office national de l’assainissement de Tunisie (ONAS) a approuvé des plans visant à externaliser davantage les services de traitement des eaux usées au secteur privé dans le cadre d’accords de construction-exploitation-transfert.

« Les investissements dans les installations de traitement des eaux usées réduiraient la détérioration de la qualité des eaux de surface résultant d’une gestion insuffisante des déchets et amélioreraient l’accès à une eau de qualité pour les communautés urbaines et rurales, protégeant également la faune marine des rejets », justifie le rapport.

Les investissements bénéficieraient directement aux habitants vivant à proximité des rejets d’eaux usées et des sites industriels, en particulier à la population dont les moyens de subsistance dépendent de ressources en eau potable où les rejets d’eaux usées sans traitement sont polluants, et aux femmes qui assument généralement la responsabilité de fournir de l’eau pour l’usage domestique.

Enfin, en troisième lieu, la Tunisie peut faire mieux en matière de recyclage des déchets.

Malgré des efforts importants, la production de déchets devient plus importante et plus diversifiée, et les techniques de gestion des déchets ne sont pas optimisées. Ce n’est que dans un nombre limité d’endroits que les déchets sont triés à la source. Environ 95 % des déchets collectés sont mis en décharge ou en dépôt.

Depuis 2005, plusieurs initiatives sont engagées. Et la Tunisie s’est fixé des objectifs spécifiques visant à réduire la quantité quotidienne moyenne de déchets urbains ménagers (kg/habitant/jour) de 7 % d’ici 2030 et à réduire le taux de mise en décharge contrôlée des déchets finaux de 54 % d’ici 2030 par rapport à 2020.

L’intérêt, en matière de développement, est évident : « Les investissements dans le recyclage des déchets solides pourraient réduire la pollution causée par les décharges illégales et légales, sur terre et en mer, améliorant ainsi la protection de l’environnement et de la santé publique. »

Les investissements bénéficieraient aux communautés vivant à proximité de décharges sauvages grâce à une réduction de la pollution, aux collecteurs informels de déchets s’ils sont inclus dans les processus de gestion des déchets, ainsi qu’aux producteurs industriels ayant un volume élevé de déchets générés et aux autorités locales. Les avantages environnementaux associés comprennent l’amélioration de la qualité de l’air et de la réduction de la qualité du sol des sites de déversement sauvage.

L’intérêt est aussi économique : la Tunisie génère plus de 2,8 millions de tonnes de déchets solides par an, une quantité qui croît à un rythme de 2,5% chaque année.

Et nous parlons ici d’une industrie qui dégage une marge bénéficiaire brute de 15 à 20 %, dans la région.

 

L’on découvrira à cette adresse les quinze autres « opportunités d’investissements » définis par le PNUD pour la Tunisie.

@AB

 

Écrit par
Laurent Soucaille

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