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La Tunisie attire les capitaux

La Tunisie attire les capitaux
  • Publiéfévrier 5, 2024

Les investissements étrangers à destination de la Tunisie ont rebondi, en 2023. Si l’agriculture reste à la traîne, les projets industriels trouvent des capitaux, venus de France et du Qatar, notamment.

 

Il est un domaine économique où la Tunisie a fait mieux que prévu, en 2023 : les investissements étrangers vers le pays ont progressé de 13,5%, à 2,522 milliards de dinars (751 millions d’euros, au taux de change de 2023). Selon l’Agence tunisienne de promotion de l’investissement extérieur (FIPA), les investissements de portefeuille (placements boursiers) ont bondi, passant de 7,6 à 136,8 millions de dinars. L’année a été marquée par les augmentations de capital de trois sociétés cotées, auxquelles des investisseurs étrangers ont participé.

Surtout, les IDE (Investissements directs étrangers) ont progressé de 7,7% à 2,386 milliards de dinars (705,9 millions d’euros, aux taux de change actuels). Ces IDE progressent dans tous les secteurs, à l’exception de celui de l’énergie (-4,3%). Par exemple, l’industrie manufacturière a attiré 1,480 milliard de dinars (+13,8%, 438 millions d’euros) en 2023. Et les services ont capté 418 millions de dinars (+1,1%, 124 millions d’euros).

La FIPA organisera, les 23 et 24 avril 2024, une rencontre internationale consacrée au secteur des composantes aéronautiques. Elle réunira 200 sociétés internationales spécialisées.

En dépit de leur amélioration, reconnaît la FIPA, les investissements dans l’agriculture demeurent faibles : 17,9 millions de dinars contre 9,6 millions en 2022. Quelques projets en cours pourraient relancer l’intérêt pour ce compartiment, dans les années à venir.

Le flux des IDE hors énergie représente 638 opérations d’investissement d’une valeur totale de 1,916 milliard de dinars (567 millions d’euros) permettant de créer 14 746 emplois directs.
Les opérations d’investissements comptent 118 projets d’une valeur de 216,1 millions de dinars, créant précisément 5 126 emplois ; 520 projets d’extension, portant sur 1,7 milliard de dinars (503 millions d’euros) ont créé de 9 620 emplois.

Toujours selon la FIPA, les IDE se sont concentrés, en 2023, vers la région du Grand Tunis, principalement le gouvernorat de Tunis, et la région du Nord-Est.

 

Vers les 3 milliards de dinars d’IDE

Les IDE entrants viennent principalement de France (610,5 millions de dinars), du Qatar (293,7 millions), l’Italie (263 millions), l’Allemagne (238 millions et les États-Unis (55 millions).

Selon Hatem Souissi, directeur central de la FIPA, la Tunisie « est à même » d’atteindre une valeur supérieure aux 2,5 milliards de dinars de 2023, compte tenu des moyens et des capacités dont elle dispose pour attirer les investissements internationaux. La Tunisie pourrait attirer 2,8 milliards d’investissements étrangers cette année et près de 3 milliards en 2025, ambitionne la FIPA.
Revenant sur la répartition sectorielle des investissements étrangers, il a souligné que le secteur industriel, notamment celui des industries manufacturières, a devancé le secteur de l’énergie qui représente seulement 20% du total des investissements internationaux en Tunisie.

Dans ce cadre, le responsable a insisté sur l’excellence du tissu industriel tunisien, qui a permis de créer de la valeur ajoutée. Désormais, l’industrie représente 62% du total des investissements étrangers, contre 30% avant 2011.

De son côté, a reconnu Hatem Souissi, le secteur de l’énergie paraît « bloqué » en raison de moindres activités de prospection et le faible nombre de concessions d’exploration octroyées.

C’est pourquoi la Tunisie parie sur les énergies renouvelables ; elles devraient contribuer à hauteur de 35% dans la production de l’électricité, à l’horizon de 2035, contre 3% actuellement. Selon la FIPA, le volume des IDE dans ce domaine devrait augmenter, ces prochaines années. Il n’a atteint que 30 millions de dinars en 2023.

Par ailleurs, la FIPA organisera, les 23 et 24 avril 2024, une rencontre internationale consacrée au secteur des composantes aéronautiques. Elle réunira 200 sociétés internationales spécialisées. L’objectif de cette rencontre est de mieux faire connaitre le secteur de l’aéronautique en Tunisie et les avantages compétitifs du pays.

Hatem Souissi mise sur une augmentation de la demande des constructeurs aéronautiques, notamment Airbus, à laquelle la Tunisie peut prendre sa part dans les composants. Le pays est également bien placé dans un marché qui se tourne davantage vers les avions de petite taille, pour laquelle la Tunisie disposerait d’un tissu industriel et une main-d’œuvre qualifiée.

Enfin, la FIPA organisera, les 26 et 27 juin à Tunis, le Forum de l’investissement en Tunisie.

@AB

 

Écrit par
Aude Darc

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