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La transformation de la Côte d’Ivoire se poursuit

La transformation de la Côte d’Ivoire se poursuit
  • Publiéavril 9, 2024

L’entente semble parfaite entre les autorités ivoiriennes et le FMI, qui acte les prévisions économiques et les réformes, engagées ou à venir, destinées à améliorer la résilience de l’économie.

 

Sur la base des données disponibles à fin décembre 2023, « tous les critères de performance ont été respectés et les repères structurels réalisés », expliquait le ministre ivoirien de l’Économie, le 3 avril 2024. Et Adama Coulibaly (photo ci-dessus) de noter que le gouvernement « poursuivra les efforts ». Une adresse directe au FMI (Fonds monétaire international) dont une mission achevait les travaux à Abidjan, en vue d’un accord.

En matière de transition climatique, le FMI salue l’« ambitieux programme » d’adaptation, axé sur six piliers clés.

Celui-ci est désormais acté, a-t-on appris le 8 avril. Le FMI a actualisé ses instruments d’appui à la politique ivoirienne, le Mécanisme élargi de crédit (MEDC) et de la Facilité élargie de crédit (FEC), ainsi que les instruments d’aides au programme de réforme lié au changement climatique. Environ 4,8 milliards de dollars seront ainsi progressivement débloqués au bénéfice de la Côte d’Ivoire ; les premiers décaissements totalisent 1,148 milliard $.

« Les autorités poursuivent leurs programmes de réformes pour préserver la stabilité macroéconomique et pour une profonde transformation économique dans le cadre du Plan de Développement national 2021-2025 et pour une plus grande résilience climatique grâce à des réformes d’adaptation et d’atténuation », résume un communiqué du FMI.

Selon l’institution monétaire, les performances des programmes en cours se révèlent « satisfaisantes » jusqu’à présent. Les autorités et les services du FMI se sont mis d’accord sur des paramètres de politiques clés, notamment la poursuite de l’assainissement budgétaire basé sur les recettes afin de réduire le déficit budgétaire à 3 % du PIB d’ici à 2025 et sur des réformes structurelles qui renforceront davantage la mobilisation des recettes intérieures, la gestion des finances publiques et la bonne gouvernance. Concernant le programme lié à la transition climatique, « les autorités sont en bonne voie dans la mise en œuvre des mesures de réformes qui devraient entrer en vigueur au courant de 2024 ».

 

Une dette « viable »

Évoquant la conjoncture, le FMI note qu’en 2023, l’économie est demeurée résiliente malgré un environnement extérieur difficile. La croissance est restée robuste et l’inflation est tombée.

Malgré un déficit du compte courant soutenu, reflétant en partie l’impact des conditions climatiques défavorables sur le volume des exportations de cacao, les déséquilibres ont commencé à se réduire. Ainsi, le déficit budgétaire s’est-il réduit de 1,6 point de pourcentage, à 5,2% du PIB.

Sur cette base, « les perspectives à moyen terme restent favorables ». La croissance devrait atteindre 6,5%, selon le FMI, qui rejoint là les prévisions formulées par Adama Coulibaly quelques jours plus tôt. Les économistes attendent une demande intérieure privée plus forte, une reprise de la production de cacao, un renforcement du capital et une amélioration progressive des conditions extérieures. L’inflation devrait diminuer et rester dans la fourchette cible de la BCEAO à partir de fin 2024.

Grâce aux efforts en cours de mobilisation des recettes intérieures, le déficit budgétaire devrait encore diminuer de 4% à 3% du PIB sur 2024-2025 afin de converger vers l’objectif de l’UEMOA. « La récente émission réussie d’eurobonds et l’opération de gestion du passif associée devraient contribuer à renforcer la viabilité de la dette publique », se félicite le FMI. Le déficit du compte courant devrait progressivement se réduire de 5,7% à 2% du PIB sur 2024-2026 grâce à des termes de l’échange favorables et à des exportations plus diversifiées, permettant une reprise progressive de l’accumulation des réserves internationales. »

En matière de réformes, la Côte d’Ivoire s’engage sur une « stratégie globale de mobilisation des recettes à moyen terme » ; le gouvernement devrait la formaliser en mai. Cette politique « contribuera à faire progresser les réformes de la politique fiscale et de l’administration fiscale vers un système plus simple, plus équitable et élargie ».

 

Hausse des prix à la production de cacao

D’autres réformes structurelles viseront à renforcer la gestion des finances publiques et la transparence des données fiscales, à améliorer le climat des affaires pour soutenir une croissance et un secteur financier plus inclusifs portés par le secteur privé, ainsi qu’à renforcer la gouvernance et la lutte contre la corruption.

En matière de transition climatique, le FMI salue l’« ambitieux programme » d’adaptation, axé sur six piliers clés : l’intégration du climat dans les aspects clés de gestion publique, le renforcement de la gouvernance des politiques climatiques, le renforcement de la résilience pour le secteur agricole, la création d’un cadre pour un financement vert et durable, le renforcement de la résilience aux aléas climatiques et le contrôle et la réduction des émissions de gaz à effet de serre.

À noter que le communiqué du FMI ne fait pas allusion à la décision prise par la Côte d’Ivoire – rejointe par le Ghana –, d’augmenter le prix dit « bord champ » du cacao, celui qui rémunère les planteurs. Les autorités ont fixé ce prix à 1 500 F.CFA, soit environ 2,3 euros le kilo pour la saison intermédiaire. L’écart entre les prix de marché et les prix administrés était devenu intenable pour les professionnels de la filière.

 

Les paradoxes du marché du cacao

@AB

Écrit par
Aude Darc

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