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African Business

La mue de la RD Congo dans les hydrocarbures

À l’image de ses voisins, Angola et Congo-Brazzaville, la RD Congo affiche de grandes ambitions en matière de production et d’exploitation de pétrole et de gaz. Le ministre des Hydrocarbures, Didier Budimbu Ntubuanga, précise le calendrier de son pays et les projets en cours.

 

Par Aude Darc

La RD Congo représente l’un des marchés émergents de l’Afrique, en matière d’énergies fossiles. Le pays compte 180 millions de barils de réserves pétrolières prouvées et jusqu’à 5 milliards de barils de réserves estimées. Dans un effort pour capitaliser sur ce potentiel de réserves et donner un coup de fouet à l’industrie des hydrocarbures du pays, le ministre des Hydrocarbures, Didier Budimbu Ntubuanga, a participé, début mai 2022, à une table ronde organisée par la Chambre africaine de l’énergie. Il a dévoilé, à cette occasion, un aperçu du prochain cycle d’octroi de licences du pays.

La RD Congo, juge le ministre des Hydrocarbures, a le potentiel de produire entre 500 000 et 1 million de barils par jour. D’autant que le pays garde également un potentiel de développer le méthane pour une utilisation domestique.

Ainsi, du 28 au 29 juillet 2022, le gouvernement de Kinshasa publiera des appels d’offres pour l’exploration et le développement d’infrastructures, présentant ce que le pays recèle en la matière. Le cycle d’octroi de licences portera sur 16 blocs disponibles pour l’exploration pétrolière. « Nous essayons de commercialiser ces blocs et la commercialisation se fera par le biais de plateformes telles que l’African Energy Week du Cap. » Cet événement est prévu du 18 au 21 octobre.  Les informations concernant les appels d’offres seront disponibles sur la base de données du ministère, où les parties intéressées pourront accéder aux données à un prix qui sera divulgué.

« La RD Congo dispose d’un énorme potentiel en termes d’hydrocarbures, bien que ces ressources n’aient été exploitées qu’à hauteur de 4,5 %. Il y a beaucoup à faire en matière de gaz, notamment dans la région du Kivu », précise le ministre. Lequel se dit « très positif quant à l’avenir gazier de la RD Congo ».

Le pays veut apprendre des autres, c’est pourquoi le gouvernement s’est associé à des homologues régionaux comme la Guinée équatoriale. « La conversion du gaz en électricité est un domaine sur lequel nous nous concentrerons également, et nous pensons que la collaboration jouera un rôle clé dans l’expansion de notre marché. En ce qui concerne la transition énergétique, nous voulons aussi nous engager dans cette voie, mais nous voulons profiter des ressources que nous avons. »

 

Un marché intérieur à satisfaire

Pour réaliser des investissements, il fait attirer les capitaux. C’est pourquoi la RD Congo va consentir des allègements et des exonérations fiscales pour attirer davantage d’entreprises et d’investisseurs. « Nous voulons que les entreprises intéressées se lancent rapidement dans l’exploration, la production et le développement des infrastructures. Nous allons donc mettre en place toutes les réformes nécessaires pour attirer les investisseurs et les entreprises. »

Le ministre a révélé l’objectif de production de son pays. La RD Congo, juge-t-il, a le potentiel de produire entre 500 000 et 1 million de barils par jour. D’autant que le pays garde également un potentiel de développer le méthane pour une utilisation domestique. « Nous avons une grande population, de 12 à 14 millions d’habitants et il y a donc un marché intérieur important. » Le ministre indique également vouloir développer la production de gaz « pour permettre à 25 à 30 millions de personnes d’utiliser notre énergie ». Le gouvernement considère cela comme un moyen de préserver l’environnement, non pas grâce au charbon mais grâce au gaz pour la cuisine et d’autres activités.

La RD Congo dépense des sommes considérables pour importer du pétrole raffiné. Dès lors, on peut se demander si le pays prévoit d’augmenter sa capacité de raffinage, interroge la Chambre africaine de l’énergie.

« Notre plan est de voir comment nous pouvons construire des raffineries dans le pays », répond le ministre sur ce point. Le ministre fait référence à la raffinerie de Cabinda, située en territoire angolais. En RD Congo, « nous voulons que ce projet se réalise car nous voulons réduire les coûts d’importation, car il est crucial pour nous d’avoir un meilleur prix ». Cabinda devrait ouvrir ses portes dès juillet 2022.

De plus, le projet d’interconnexion des pipelines permettra d’obtenir des produits de toute la région. « Notre raffinerie dans le pays n’est plus opérationnelle et nous essayons donc de faire avancer les autres projets dont nous disposons », conclut Didier Budimbu Ntubuanga.

@AB

 

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