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La Fondation africaine de technologie pharmaceutique est opérationnelle

La Fondation africaine de technologie pharmaceutique est opérationnelle
  • Publiédécembre 18, 2023

Basée à Kigali, une nouvelle agence panafricaine aura pour tâche de promouvoir l’utilisation technologique dans l’écosystème médical du continent et de renforcer l’accès de l’Afrique à la technologie dans la fabrication de toute la gamme de produits pharmaceutiques.

 

Le Rwanda accueille officiellement, depuis ce 18 décembre 2023, la Fondation africaine de technologie pharmaceutique. Laquelle signe un protocole d’accord avec la Banque européenne d’investissement pour renforcer la coopération.

Cette agence panafricaine pourra ainsi remplir sa mission : promouvoir l’utilisation technologique dans l’écosystème médical du continent et renforcer l’accès de l’Afrique à la technologie pour la fabrication de toute la gamme de produits pharmaceutiques.

La Fondation et la BEI utiliseront leur pouvoir de mobilisation pour attirer davantage de financements multilatéraux publics et privés dans la production pharmaceutique en Afrique.

La Fondation facilitera l’accès et le transfert de technologie, la modernisation technologique pour le secteur pharmaceutique africain, et engagera plusieurs programmes dédiés qui se concentreront sur l’amélioration de l’absorption technologique dans les secteurs privé et public africains.

L’Afrique importe plus de 70 % des médicaments dont elle a besoin, pour un coût proche de 14 milliards de dollars par an, et ne fabrique que 1% des vaccins nécessaires.

Le gouvernement rwandais a joué un rôle essentiel dans l’ancrage de la Fondation et dans l’octroi de son statut d’agence internationale. Lors de la cérémonie de signature de l’accord avec le pays hôte à Kigali, le ministre rwandais des affaires étrangères et de la coopération internationale, le Dr Vincent Biruta, a rappelé combien il était important de combler le fossé entre les pays africains et les nations développées en matière de vaccins.

« Pour cela, nous devons continuer à investir dans la production pharmaceutique en Afrique et dans d’autres pays en développement », a déclaré le ministre Biruta. « La technologie et le transfert de connaissances sont essentiels. La nouvelle Fondation africaine pour les technologies pharmaceutiques aidera l’Afrique à accéder rapidement aux dernières avancées pharmaceutiques. »

À ses yeux, cette Fondation symbolise l’engagement collectif à tirer parti de la science et de la technologie pour le bien commun, en créant un écosystème qui favorise la recherche, le développement et le partage équitable des connaissances.

 

Réduire la dépendance aux importations

De son côté, le président de la BAD (Banque africaine de développement) a déclaré que la création de la Fondation était un engagement à ce que l’Afrique dispose de ce dont elle a besoin pour construire son propre système de défense sanitaire, qui doit inclure une industrie pharmaceutique africaine florissante et une infrastructure de soins de santé de qualité. « La technologie est le principal outil de transformation qui permettra le développement d’une industrie pharmaceutique compétitive dont l’Afrique aura besoin pour garantir la santé et le bien-être de tous ses habitants », a souligné Akinwumi Adesina. Qui a précisé que la BAD s’est engagée à investir jusqu’à 3 milliards de dollars au cours de la prochaine décennie dans le cadre de ses efforts « visant à industrialiser l’Afrique et à réduire la dépendance du continent à l’égard des importations ».

Soulignant : « Le succès dépendra de la construction de capacités locales de fabrication pharmaceutique, de l’assurance du transfert de technologie et de l’accès aux droits de propriété intellectuelle, aux processus et systèmes de fabrication. Il est tout aussi important de construire les écosystèmes de recherche et de développement pharmaceutiques et biomédicaux qui peuvent soutenir des industries pharmaceutiques locales de classe mondiale. »

La fondation négociera également l’accès aux processus de fabrication protégés par la propriété intellectuelle et construira un soutien écosystémique pour la revitalisation du secteur pharmaceutique industriel local en Afrique.

Gehl Sampath est directeur général par intérim de la Fondation : « Construire le secteur pharmaceutique africain pour servir le continent est une idée qui a fait son chemin. La Fondation africaine pour les technologies pharmaceutiques a un programme et une vision clairs et est prête à démarrer en janvier 2024. Il est important d’accroître la maturité de l’industrie pharmaceutique africaine en soutenant le développement de la production locale et des capacités d’innovation. Cela nécessitera des partenariats solides entre les entreprises pharmaceutiques locales et internationales et les institutions de recherche. »

 

Mobiliser les investissements

Le travail de la Fondation reçoit donc un coup de pouce de la BEI (Banque européenne d’investissement). Un accord entre les deux organisations permettra de mobiliser de nouveaux instruments de financement pour pallier les défaillances du marché et mobiliser les investissements pharmaceutiques dans toute l’Afrique. Les deux organisations utiliseront leur pouvoir de mobilisation pour attirer davantage de financements multilatéraux publics et privés dans la production pharmaceutique en Afrique.

La BEI sera partenaire du programme régional de biosimilaires de la Fondation pour la production et l’innovation de biosimilaires pertinents en Afrique et pour faciliter la création de parcs d’ingrédients pharmaceutiques actifs communs dans toute sous-région spécifique de l’Afrique.

@AB

Écrit par
Aude Darc

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