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African Business

La Côte d’Ivoire soigne sa résilience aux changements climatiques

La Côte d’Ivoire soigne sa résilience aux changements climatiques
  • Publiémars 18, 2024

Le FMI accorde une facilité de 1,3 milliard de dollars à la Côte d’Ivoire, qui engage des réformes en matière de transition climatique, notamment dans l’agriculture.

 

Le conseil d’administration du FMI (Fonds monétaire international) vient d’approuver un accord de 30 mois en faveur de la Côte d’Ivoire pour un montant de 975,6 millions de DTS (environ 1,3 milliard de dollars). Cet accord intervient dans le cadre de la Facilité pour la résilience et la durabilité.

En effet, résume l’institution de Washington, la Côte d’Ivoire est « vulnérable face au changement climatique ». La hausse des températures, la perturbation des régimes de précipitations, les inondations, l’élévation du niveau de la mer et l’érosion du littoral constituent autant de problèmes majeurs qui mettent fréquemment en péril la réalisation d’une croissance économique résiliente, durable et inclusive.

« Les autorités se sont engagées à élaborer une stratégie de taxation carbone qui, avec d’autres engagements, devrait également créer des synergies avec des politiques clés, telle que l’amélioration de la mobilisation des recettes intérieures. »

Dès lors, cette facilité accompagnera les réformes mises en œuvre par les autorités ivoiriennes pour améliorer l’adaptation au changement climatique et l’atténuation de ses effets, en particulier dans les domaines de l’agriculture, du transport, des infrastructures et de la gestion des finances publiques.

Cet accord n’est pas exclusif des autres programmes en cours avec le FMI, au titre des autres mécanismes de financement (Facilité élargie de crédit, Mécanisme élargi de crédit). Ces programmes appuient le programme économique des pouvoirs publics pour la période 2023–2026, « qui vise à faire entrer la Côte d’Ivoire dans la tranche supérieure des pays à revenu intermédiaire en préservant la stabilité macroéconomique et en menant une transformation structurelle de l’économie », résume le FMI.

Dont les analystes considèrent que les facteurs de vulnérabilité de l’économie ivoirienne face au changement climatique s’expliquent en grande partie par la forte dépendance à l’agriculture, ainsi que par la concentration des activités industrielles et de services dans les zones côtières. L’agriculture, qui emploie environ la moitié de la population active, contribue à environ 17 % du PIB et 10 % des recettes fiscales. Parallèlement, la Côte d’Ivoire enregistre une augmentation des émissions de gaz à effet de serre et de la pollution dans les zones urbaines, qui présentaient toutefois un faible niveau initial.

 

Des diagnostics solides

Bien sûr, les autorités « ont pris des engagements forts » s’agissant de la réduction des effets néfastes du changement climatique et elles ont mis au point plusieurs initiatives avec la participation de partenaires au développement.

D’ailleurs, l’accord dévoilé ce 15 mars au titre de la FRD soutiendra l’« ambitieux train de réformes », qui prévoit un dosage équilibré entre les efforts d’adaptation et d’atténuation, et repose sur six piliers. À savoir l’intégration de considérations climatiques dans la gestion des finances publiques ; l’amélioration de la gouvernance des politiques climatiques ; la consolidation des mesures de sauvegarde pour le secteur agricole ; la création d’un cadre régissant le financement vert et durable ; le renforcement de la résistance aux aléas climatiques ; et la maîtrise et la réduction des émissions de gaz à effet de serre.

« Cette stratégie repose sur des diagnostics solides », souligne le FMI. Les « synergies importantes » avec les programmes déjà en œuvre, notamment sur le plan de l’accroissement des recettes intérieures, de la gestion des finances publiques et de l’expansion des circuits financiers, « devraient élargir la portée des résultats attendus ». L’assistance technique dispensée par le FMI et les partenaires au développement, comme la Banque africaine de développement, devrait conserver un rôle important pour aider le pays à relever les défis liés au changement climatique.

Kenji Okamura est président par intérim au Conseil d’administration du FMI et directeur général adjoint de l’institution. Il reconnaît que « la lutte contre l’impact du changement climatique est une priorité essentielle pour le pays ».

Par exemple, la Côte d’Ivoire va contrôler et réduire les émissions de gaz à effet de serre. « Les autorités se sont engagées à élaborer une stratégie de taxation carbone qui, avec d’autres engagements, devrait également créer des synergies avec des politiques clés, telle que l’amélioration de la mobilisation des recettes intérieures » commente Kenji Okamura.

Qui considère que la mise en œuvre des réformes « devrait améliorer la résilience de la Côte d’Ivoire au changement climatique à moyen terme, remplacer des financements plus coûteux, constituer des marges contre les chocs climatiques et les besoins prospectifs de la balance des paiements qui en découlent. »

@AB

Écrit par
Laurent Soucaille

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