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La COP27 doit être celle de l’Afrique

La COP27 doit être celle de l’Afrique
  • Publiéaoût 2, 2022

Le continent mérite que la plus grande attention lui soit accordée lors de la prochaine Conférence des Nations unies sur le climat. Tel est le plaidoyer d’un panel d’économistes réunis par le Conseil de l’Atlantique, partagés entre alarmisme et optimisme.

 

Par Kimberley Adams

Un panel d’économistes et de responsables américains a été amené à débattre des Perspectives économiques de l’Afrique 2022. Ce document de prévisions de la BAD (Banque africaine de développement), publié à la fin du printemps, était présenté par l’économiste en chef Kevin Urama. Intitulé « Soutenir la résilience climatique et une transition énergétique juste en Afrique », le rapport met en lumière, cette année, la menace croissante que fait peser le changement climatique sur les vies et les moyens de subsistance en Afrique. 

« Des investissements soutenus dans l’adaptation et l’atténuation, par le biais d’énergies renouvelables et de pratiques d’utilisation des terres respectueuses du climat, aideront les pays africains à trouver des moyens innovants de bâtir un avenir plus juste et équitable pour les populations du continent. » (Tyler Beckelman, USAid).

Au cours d’une des cessions, le PDG du Bezos Earth Fund, Andrew Steer, a exhorté les dirigeants africains et du reste du monde à faire preuve d’audace et à collaborer de manière plus créative dans le cadre de la préparation de la COP27. Selon celui qui fut envoyé spécial de la Banque mondiale pour le changement climatique, la COP27 offre au monde une opportunité exceptionnelle de voir grand pour l’Afrique : « Nous devons en faire la COP de l’Afrique. »

D’ailleurs, le document de la BAD « décrit on ne peut mieux cette période qui donne matière à réflexion pour l’Afrique en particulier, mais pour le monde entier en vérité — un ralentissement de l’économie mondiale et une conjonction de circonstances défavorables », a poursuivi Andrew Steer. Qui fait allusion à hausse des prix des denrées alimentaires, de l’énergie et des taux d’intérêt, et une augmentation « impressionnante » de l’impact du changement climatique et de la vulnérabilité écologique, « à un moment où les ressources internationales ne sont pas ce qu’elles devraient être ».

De son côté, Kevin Urama a appelé à la coordination des politiques et à une approche plus holistique de la lutte contre le changement climatique. « Nous perdons 5% à 15 % de croissance du PIB par habitant en Afrique à cause du changement climatique, à quoi s’ajoutent les autres problèmes que le changement climatique entraîne sur le continent. » Pour autant, « dans toutes ces difficultés, se trouvent des opportunités d’innovation. Pensons grand, agissons grand et sauvons la planète. »

 

Des raisons d’optimisme

Et l’économiste de lâcher, à l’endroit des pays occidentaux : « Alors que nous nous préparons pour la COP27, le fait d’honorer l’engagement de financement climatique annuel de 100 milliards de dollars que les pays à haut revenu avaient pris en 2009 envers les pays en développement contribuera à rétablir la confiance dans le fait que nous prenons le changement climatique au sérieux, même si cela ne suffit pas ».

Pour sa part, Tyler Beckelman, administrateur adjoint pour l’Afrique à l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAid), a averti : « Ne vous méprenez pas, la crise est déjà là. Quatre saisons des pluies avec de faibles précipitations dans la Corne de l’Afrique – avec une cinquième qui risque de se produire cet été – sont le résultat direct du réchauffement climatique et, malheureusement, cela pourrait devenir la norme. »

Il a indiqué que les États-Unis veilleraient à ce que leurs partenaires africains aient la capacité et les ressources nécessaires pour asseoir les bases d’une économie durable et à faible émission de carbone, qui fournisse suffisamment d’énergie pour la croissance.

La présentation de Kevin Urama

 

« Bien que les défis soient énormes, nous avons de nombreuses raisons d’être optimistes, a-t-il poursuivi. Des investissements soutenus dans l’adaptation et l’atténuation, par le biais d’énergies renouvelables et de pratiques d’utilisation des terres respectueuses du climat, aideront les pays africains à trouver des moyens innovants de bâtir un avenir plus juste et équitable pour les populations du continent. »

Enfin, s’intéresser à l’Afrique et au changement climatique est devenu primordial, a renchéri la directrice Afrique de l’Atlantic Council, Rama Yade.

 

En bref

Akinwumi Adesina honoré

Le président de la BAD, Akinwumi Adesina, a reçu, jeudi 28 juillet à Memphis, aux États-Unis, le prestigieux prix Ronald Harmon Brown, une distinction internationale décernée par l’Association américaine du barreau (National Bar Association).

Cette distinction a été créée en l’honneur de Ron Brown, premier Afro-américain à présider un grand parti politique américain et à avoir été nommé secrétaire au Commerce des États-Unis.

Lors de la cérémonie de remise des prix, Carlos Moore et président de l’Association a souligné le rôle transformateur d’Akinwumi Adesina aux commandes de la BAD et en tant que ministre de l’Agriculture du Nigeria.

Recevant son prix, Akinwumi Adesina a tenu à rendre hommage à Ron Brown, une figure inspirante, pour qui « toute idée est une impossibilité, jusqu’à ce qu’elle naisse ».

@AB

 

Écrit par
laurent

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