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African Business

La centrale de Djermaya, au Tchad, sur les rails

Le Tchad disposera, dès 2023, d’une importante centrale solaire, qui produira et stockera de l’énergie verte à destination d’une large population. Le projet bénéficie d’un prêt d’investisseurs conduits par la Banque africaine de développement.

Par Kimberly Adams

La centrale solaire de Djermaya constitue un projet phare Desert to Power. Cette initiative constitue l’une des priorités de la BAD (Banque africaine de développement) avait rappelé le président de l’institution, Akinwumi Adesina, lors de la récente COP26 de Glasgow.

Le projet permettra la diversification du mix énergétique en introduisant des énergies renouvelables dans un système de production thermique fonctionnant avec des combustibles fossiles, réduisant ainsi les émissions carbones de 38 000 tonnes de CO2 par an.

Déclaration rapidement suivie d’effets : La BAD accorde un prêt de 18 millions d’euros pour la construction de la centrale. En outre, la banque déploie une garantie partielle de risque afin d’attirer les investissements privés et mobiliser des acteurs tels que Power Africa, afin de soutenir la phase de développement du projet

 « La BAD a déployé divers instruments de financement pour ce projet », confie Walé Shonibare, directeur du département des Solutions financières énergétiques (BAD).

Elle a mobilisé des financements de Proparco (Agence française de développement) et du Fonds des infrastructures pour l’Afrique émergente (Emerging Africa Infrastructure Fund) ainsi que des fonds concessionnels du Fonds africain pour les énergies renouvelables (SEFA).

« Autant de partenaires pour soutenir la phase de développement et procurer une assistance technique à la compagnie d’électricité du Tchad pour le stockage de l’énergie. » La BaAD a également déployé une garantie partielle de risque afin d’attirer les investissements privés et mobiliser des acteurs privés afin de soutenir la phase de développement du projet.

La centrale solaire photovoltaïque de Djermaya, dotée d’une capacité de production de 34 mégawatts et de stockage de quatre mégawattheures, sera construite à 30 kilomètres au nord de N’Djamena. L’infrastructure d’interconnexion comprend une ligne d’évacuation de 33 kilovolts (kV), de 18 kilomètres et deux transformateurs 33/90kV à la sous-station de Lamadji.

« Ce projet mené dans le cadre de l’initiative Desert to Power est un projet phare et pionnier à plusieurs égards », commente Kevin Kariuki, vice-président de la BAD.

En effet, elle est la première centrale solaire au Tchad, la première infrastructure de stockage d’électricité et aussi le premier partenariat public-privé sous forme de producteur indépendant d’électricité dans le pays. « Ce modèle d’intervention pourra être reproduit dans d’autres pays du Sahel afin d’y attirer les investissements indispensables dans le secteur de l’électricité et accélérer la transition vers l’énergie propre », se félicite Kevin Kariuki.

Un financement lui-même garanti

Le projet, qui est soutenu par le gouvernement tchadien, contribuera à la soutenabilité du secteur électrique au Tchad en réduisant les coûts de production et représentera 10% de l’énergie fournie au système interconnecté. Au moins 25 000 personnes seront raccordées au réseau.

La société Djermaya CDEN Energy a signé un accord d’achat d’électricité, pour une durée de vingt ans, avec la Société nationale d’électricité du Tchad. Actuellement, 12% de la population tchadienne a accès à l’électricité. Alors que le pays dispose de niveaux d’ensoleillement exceptionnels. La centrale, construite en deux phases, serait mise en chantier dès 2022 pour une entrée en service l’année suivante, précise Proparco.

Le projet permettra la diversification du mix énergétique en introduisant des énergies renouvelables dans un système de production thermique fonctionnant avec des combustibles fossiles, réduisant ainsi les émissions carbones de 38 000 tonnes de CO2 par an.

La BAD avait elle-même reçu, début novembre 2021, 150 millions de dollars du Fonds vert pour le climat en faveur de l’initiative Desert to Power. Ce financement bénéficiera principalement aux pays du G5 Sahel (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger et Tchad).

Selon les prévisions, Desert to Power devrait mobiliser près d’un milliard $ durant ses sept années d’exécution. Selon le Fonds vert pour le climat, l’initiative Desert to Power devrait attirer progressivement divers capitaux privés. L’objectif est de réduire les émissions de 14,4 millions de tonnes.

Entre autres avantages, les mini-réseaux électriques fourniront de l’électricité aux populations isolées, lesquelles n’auront pas besoin de chercher d’autres sources d’énergie comme le bois. Un moyen de préserver un autre grand projet de la sous-région, la Grande Muraille verte.

@KA

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