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La Centrafrique en voie de stabilisation

La Centrafrique en voie de stabilisation
  • Publiéseptembre 22, 2023

Selon le FMI, la croissance sera modeste, cette année, en Centrafrique, mais l’activité sera plus soutenue les deux années suivantes. À condition que les plans du gouvernement soient respectés, notamment en matière d’approvisionnement en carburants.

 

Une équipe du FMI vient d’achever une mission d’information à Bangui (Centrafrique) dans le cadre de la Facilité élargie de crédit (FEC) approuvée en avril 2023. La mission était conduite par l’économiste Albert Touna Mama.

« La situation économie en République centrafricaine est en voie de stabilisation », juge ce dernier. En effet, les risques d’une crise majeure se sont atténués « grâce aux efforts du gouvernement, appuyés par le programme FEC ». Le marché des carburants, dont les perturbations récurrentes sont l’un des facteurs aggravants des difficultés que traverse le pays, connaît un début de stabilisation. Les perspectives de financement budgétaire se sont aussi nettement améliorées, comme en témoigne le succès de la récente opération de syndication domestique.

« Ces perspectives de croissance dépendent de la réussite de la campagne d’importation de carburants par le fleuve Oubangui, qui malheureusement a accusé un retard important au démarrage. »

« Malgré ces évolutions positives, la situation reste tout de même difficile », prévient l’économiste du FMI, qui s’attend à « un rebond modeste » de la croissance économique. Laquelle pourrait se limiter à 1% en 2023, contre 2,2% envisagé jusqu’à peu.

L’industrie manufacturière, la sylviculture, et les transports ont particulièrement été affectés. L’inflation est restée élevée, poussée par les prix des produits alimentaires et pétroliers. Cette situation continue d’accentuer l’urgence humanitaire, notamment dans les préfectures de la Vakaga et de Bamingui-Bangoran où la crise soudanaise engendre des difficultés sévères d’approvisionnement. Dans ce contexte, le FMI salue la récente baisse des prix des carburants ; « elle contribue à soulager les populations et entreprises centrafricaines et à encourager les ventes formelles en station ».

En matière de gouvernance, le FMI considère que le gouvernement « a fait des progrès » dans la mise en œuvre de son programme. Toutes les réformes prévues à fin octobre 2023 sont en passe d’être mises en œuvre. L’objectif de revenus domestiques à fin juin 2023 au titre du programme a également été surpassé.

 

Vers une amélioration des recettes

Cela étant, les limites de déficit primaire et de financement net domestique ont, elles aussi, été dépassées, « reflétant pour le premier l’acuité des pressions sociales, et pour le second, les incertitudes qui continuent de peser sur la composition du financement budgétaire », commente la mission du FMI. Des mesures correctives ont été prises afin de pallier tout risque de dépassement budgétaire futur.

Les autorités ambitionnent d’améliorer de façon significative la mobilisation des recettes au cours de l’exercice budgétaire 2024, en augmentant de près de 20 milliards de F.CFA (30,5 millions d’euros) les recettes propres de l’État. D’importantes réformes sont en cours. Elles concernent notamment la digitalisation des administrations fiscalo-douanières, la réforme des « menues-recettes », etc. Elles sont de nature à « stabiliser les finances publiques, sécuriser des sources de financement budgétaire, et collecter les recettes fiscales permettant au gouvernement de répondre aux nombreuses attentes de la population ».

Les pénuries en carburant affectent régulièrement l'activité, à Bangui et dans le reste de la Centrafrique.
Les pénuries en carburant affectent régulièrement l’activité, à Bangui et dans le reste de la Centrafrique.

 

De plus, l’adoption de la nouvelle loi organique portant prévention et répression de la corruption constitue « une avancée importante dans le processus d’assainissement du cadre de gestion des finances publiques », se félicite le FMI. Les autorités se sont engagées dans la mise en application des nouvelles dispositions de la loi, dans le cadre du programme FEC, de même que le renforcement des institutions œuvrant pour le respect de la bonne gouvernance, telles que la Cour des comptes et l’Agence nationale d’investigation financière.

En matière de perspectives économiques, le FMI anticipe une accélération graduelle de la croissance, à 1,5% en 2024 et 2,5% en 2025. « Ces perspectives de croissance tout comme ces ambitions de mobilisation des recettes dépendent de façon cruciale de la réussite de la campagne d’importation de carburants par le fleuve Oubangui, qui malheureusement a accusé un retard important au démarrage », prévient Albert Touna Mama. Qui conseille : « Toutes les mesures nécessaires doivent être prises afin de remédier à cette situation et éviter de nouvelles pénuries de carburants durant le premier semestre de 2024 ».

@AB

Écrit par
Aude Darc

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