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African Business

Jean-Paul Adam (CEA) : « Investir dans les câbles et écosystèmes numériques »

L’usage de la technologie pour combattre la Covid-19 en Afrique était mercredi au centre d’un Webinar animé par Jean-Paul Adam, directeur de la division de la technologie du changement climatique et de la gestion des ressources naturelles à la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA).

Par Paule Fax

L’ancien ministre seychellois des Affaires étrangères, et de la Santé Jean-Paul Adam, a pendant un peu plus d’une heure déroulé la vision de la CEA sur cette question, mais il en a aussi profité pour aborder d’autres sujets.

D’emblée, il a posé le cadre, car pour lui en matière de connexion, « la situation en Afrique est difficile. 21% de la population a accès à Internet, et seuls 17,18% a également une connexion ».

Selon le conférencier dans cette pandémie de la Covid-19, le continent a su faire preuve de résilience et notamment d’expériences et d’initiatives heureuses pour lutter contre le virus du coronavirus.

Pourtant, « Internet est devenu un service essentiel pour tout y compris notamment le domaine de la santé et de l’éducation », a-t-il fait observer. De plus en plus précis, le conférencier a noté que sur le continent : « 84% de la population n’a pas accès à l’électricité soit un peu plus 600 millions de personnes ».

Or pour lutter contre la Covid-19, il faut utiliser les outils numériques qui eux-mêmes ont besoin d’investissements dans les infrastructures de base. Pour l’heure, selon la CEA, le coût de l’Internet est très élevé en Afrique, dû au fait qu’il dépend surtout des investissements extérieurs. Conséquence, seuls 50% des hommes y ont accès. L’institution onusienne en appelle donc à un accès universel, mais avec un coût estimé à 100 milliards de dollars en Afrique.

Pour autant, et en dépit de ces contraintes, Jean-Paul Adam reste optimiste et persuadé que l’Afrique est une somme de possibles.            

En effet, selon le conférencier dans cette pandémie de la Covid-19, le continent a su faire preuve de résilience et notamment d’expériences et d’initiatives heureuses pour lutter contre le virus du coronavirus.

Au Ghana, une application a été créée pour le suivi des patients, en Afrique du Sud, une autre a vu le jour pour diagnostiquer la population, au Nigeria, au Kenya avec sa collaboration avec Google pour améliorer la 4G.

L’illustration la plus emblématique est celle de l’Ouganda. Alors que les voies traditionnelles pour la vente des produits étaient quasiment risquées du fait de la Covid-19, le pays a mis en place une application qui a favorisé grandement le contact permanent et régulier entre fermiers, vendeurs et consommateurs.

Ces initiatives, note Jean-Paul Adam, doivent être vulgarisées à l’échelle du continent ce qui le rendrait beaucoup efficace contre non seulement le virus, mais aussi pour son développement, la création d’opportunités non négligeables et vitales pour son économie.

La CEA se fixe comme objectif (avec le secteur privé, la société civile et les Etats africains) d’assurer un accès de qualité, à prix abordable et universel à Internet pour toute l’Afrique.   

La Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA) estime aussi qu’il faut ajouter l’usage de l’Intelligence artificielle dans la numérisation de l’Afrique qui enclencherait des conjonctures positives et qui seraient un rempart contre la colonisation extérieure de l’espace numérique africain.

Dans une récente déclaration, le Fonds monétaire international, a indiqué que 2020 sera une année de récession économique pour toute la planète. Pour la CEA, l’Afrique doit trouver au sein d’elle-même les ressources pour accélérer le développement en investissant dans la transformation économique cette année afin de « mobiliser la reprise économique ».

Pour cela, Jean-Paul Adam préconise aux gouvernements, aux acteurs  du secteur privé, à la société civile d’investir massivement dans les câbles pour traduire en réalité les « autoroutes de l’Internet ».

Sur le plan de la santé, par exemple, a dit le directeur de la division de la technologie, « il faut que les systèmes de santé soient numériques, ce qui n’est pas le cas » actuellement en Afrique. Mais aussitôt, a-t-il reconnu « chaque secteur doit graduellement être numérisé, grâce à l’OMS, à travers un appui technique », le secteur africain de la santé commence à entrer dans les clous.

Pour rendre le niveau de l’éducation compétitif, la CEA est impliquée dans la formation des jeunes autour des Nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC). Comme par exemple, le forum tenu au Zimbabwe sur la création des robots. Un autre programme est en train de se déployer de sorte que l’Intelligence artificielle soit dans les programmes universitaires en vue de permettre à l’Afrique de maîtriser la technologie robotique.  

Tout ceci n’a de sens que si cela est mis dans un esprit de « package total, dans un cadre assuré par les gouvernements pour la régulation », a insisté l’ex-ministre seychellois.

Abordant la question de la Zlecaf, Jean-Paul Adam a été plus prolixe. De son point de vue de directeur de la CEA, il estime ou a la conviction profonde que la Zone de libre-échange sera beaucoup plus incisive, performante et compétitive avec les investissements opérés en amont et les engagements des Etats et vis-versa. « Ce sera des vraies opportunités (économiques) pour l’Afrique », a-t-il assuré.

Combattre la Covid-19

Sur ce chapitre, la lutte contre la Covid-19, le conférencier a recommandé de bien identifier « là où l’infrastructure numérique aura plus d’impact ». Evidemment, il a mis le curseur à nouveau sur la transformation numérique (sans attendre) des systèmes de santé à travers les applications portant sur le suivi des patients.

Mais selon lui, tout est étanche, tout est lié, à savoir commencer par le commencement : Investir dans les câbles et autres écosystèmes numériques. Une fois que ce pan sera franchi, alors des secteurs comme la santé, l’éducation ou l’agriculture pourront atteindre une efficacité concurrentielle.

Selon la CEA, le coût de l’Internet est très élevé en Afrique, dû au fait qu’il dépend surtout des investissements extérieurs. Conséquence, seuls 50% des hommes y ont accès. L’institution onusienne en appelle donc à un accès universel, mais avec un coût estimé à 100 milliards de dollars en Afrique.

Pour l’heure, a fait savoir le conférencier, l’Afrique a été résiliente face à la Covid-19 « c’est indéniable », mais il faut faire encore un peu plus.

Enfin pour ne pas perdre le contrôle de son espace numérique actuellement dominé par « de grandes compagnies mondiales », selon le ministre Adam, le continent noir doit encourager les initiatives endogènes : Les compagnies africaines. « Il doit aussi mettre l’accent sur la régulation transparente au niveau national et continental », a-t-il plaidé.

Seul un cadre transparent favoriserait, selon le directeur Jean-Paul Adam, un accès équitable à Internet, avec un coût abordable, et une qualité adaptée aux besoins des pays africains.

« La Covid-19 démontre que les problèmes qui se manifestent sont le fait d’une mauvaise gestion de l’environnement. Pour arriver à atteindre les objectifs du développement durable, il faut des investissements dans les plateformes et les infrastructures numériques, c’est à ce niveau aussi qu’on pourra parler de la vraie résilience des Africains », a terminé le directeur Jean-Paul Adam. 

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